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Publié par Gaia - Dreuz le 11 septembre 2018

Avec 58 cas étudiés, la France est le pays le plus représenté dans l’enquête menée au niveau européen.

Le projet est ambitieux : dresser le portrait-robot des djihadistes européens. Alors que plusieurs enquêtes nationales ont déjà été menées sur le sujet (par le centre d’analyse du terrorisme ou l’Institut français des relations internationales, par exemple), plusieurs organismes de recherches mènent depuis un an une étude à l’échelle du Vieux Continent, sous l’égide du think tank slovaque Globsec. Onze pays parmi les plus concernés sont étudiés. La dimension continentale du phénomène ne fait guère de doute. En France, les données sont collectées et analysées par l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). Le rapport intermédiaire de ce travail qui doit durer deux ans sera publié ce mardi.

Les chercheurs ont travaillé à partir de 197 cas : des personnes qui, en 2015, avaient été soit condamnées pour des faits de nature terroriste djihadiste, soit extradées pour ces mêmes motifs, soit tuées en perpétrant un attentat. Ce corpus a donc vocation à s’enrichir d’ici la publication du rapport final. La France est le pays le plus concerné avec 58 personnes recensées, devant l’Espagne et le Royaume-Uni. Les conclusions confirment les tendances déjà relevées par d’autres recherches du même type.

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Des hommes plutôt jeunes. On note une surreprésentation masculine dans le corpus : à 87 %, les djihadistes européens sont des hommes. Et même si l’on est face à une population plutôt jeune, la moyenne d’âge de ces 197 terroristes est de 30,5 ans. A noter toutefois que les femmes concernées sont légèrement plus âgées (32,8 ans contre 29,9 ans pour les hommes). La moitié des personnes impliquées sont nées au sein de l’Union européenne.

Faible éducation et passé délinquant. L’étude européenne souligne la faiblesse du niveau d’éducation des djihadistes. Seuls 20 % d’entre eux ont suivi des études au lycée et le nombre de lauréats d’un diplôme de premier cycle universitaire se compte sur les doigts d’une main (3). De là en découlent des difficultés à s’insérer sur le marché du travail : 40 % des 197 djihadistes dont le profil a été scruté étaient au chômage au moment de leur arrestation ou de leur mort. Seuls 28 % d’entre eux avaient un emploi, notamment dans le domaine des services, dans l’administration ou dans les BTP. Les membres du corpus se distinguent en revanche davantage par leur carrière dans la délinquance. 28 % d’entre eux avaient déjà été mis en cause avant d’être impliqués dans le projet terroriste qui a conduit à leur arrestation. Les auteurs insistent également sur la relative gravité des antécédents judiciaires (meurtre, vol violence, manipulation d’armes ou d’explosifs, voire poursuites terroristes antérieures…) des individus concernés.

Une radicalisation au long cours. On ne devient pas djihadiste en un jour. Le rapport insiste en effet sur le long processus qui a conduit les personnes impliquées à s’engager dans cette voie mortifère. Seuls 7 des 197 djihadistes dont le portrait-robot a été dressé (soit 4 %) présentaient des indices de radicalisation de moins de 6 mois. Dans 19 % des cas en revanche, les premiers signes remontent à plus de cinq ans. La famille et les amis sont les principaux vecteurs de radicalisation. Le rapport confirme également le rôle d’incubateur privilégié de la prison : plus de 50 % des personnes impliquées ayant déjà effectué un séjour derrière les barreaux se sont radicalisées lors de cette période de leur vie. Dans un tout autre registre, un quart des 197 djihadistes objets de la présente étude avaient effectué un séjour en zone syro-irakienne au moment de leur arrestation, de leur expulsion ou de leur décès. Le rapport bat enfin en brèche le mythe – déjà largement écorné — du loup solitaire : « le djihadisme européen est un effort d’équipe puisque la majorité des individus de la base de données ont été arrêtés lors de vastes coups de filets antiterroristes ciblant des réseaux », détaille le document. Si 58 des 197 djihadistes ont été arrêtés seuls, seulement 3 d’entre eux étaient impliqués dans un projet solitaire.

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La crainte des sortants. Lorsque la justice est déjà passée, les peines prononcées par les instances judiciaires des différents pays sont en moyenne à 8 ans et 7 mois d’emprisonnement. Les auteurs ajoutent que la majorité des condamnés seront libérés d’ici 2023 et soulignent l’enjeu que représente la sortie future de ces vétérans du djihad.

Source : Leparisien

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