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Publié par Abbé Alain Arbez le 17 septembre 2018
2e concile œcuménique du Vatican

Les voix officielles du monde catholique s’expriment fréquemment à diverses occasions sur la situation qui prévaut en particulier au Proche-Orient.

Ce n’est pas parce que l’on croit profondément que l’Eglise est avant tout Corps mystique du Christ que l’on est dispensé de prendre en compte la sociologie de cette institution qui évolue au milieu des contextes sociaux et politiques de son temps.

Or on peut constater deux failles de plus en plus visibles dans les discours habituels provenant des voix autorisées de la hiérarchie. Pour résumer, ce n’est pas rien, puisqu’il s’agit de la relation avec Israël d’une part, et de la relation avec l’islam, d’autre part. Un petit rappel : en 1965, Nostra Aetate invitait les catholiques à entrer en relation avec le judaïsme et à avoir des contacts avec les musulmans, et non pas avec l’islam en tant que doctrine.

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La première incohérence repérable dans les discours officiels catholiques consiste à considérer le peuple juif, le judaïsme et Israël au même niveau que les autres religions et cultures. On établit de ce fait une symétrie artificielle entre judaïsme, christianisme et islam, au nom d’un « dialogue interreligieux » idéalisé qui serait devenu le critère et l’objectif suprêmes. Posture qui est donc en pleine contradiction avec toutes les déclarations du magistère catholique postérieures au Concile, en particulier celles de Jean Paul II et de ses successeurs.

La refondation initiée par le Concile est irréversible : elle nous enseigne que le judaïsme, le peuple juif, et Israël, sont des réalités qui touchent le christianisme au cœur, de manière intrinsèque (voir divers articles connexes sur Dreuz). Nous partageons les Ecritures saintes et la permanence de l’Alliance. Il ne s’agit pas pour autant d’entrer dans un syncrétisme confus ou de cautionner d’avance tout ce qui se dit ou se fait dans le monde juif, mais il est essentiel de mettre en lumière ce qui relie fondamentalement les deux traditions-soeurs issues d’un même tronc hébraïque ; et cela implique, par-delà les spécificités, des solidarités effectives et audibles sur le terrain.

Deuxième faiblesse majeure, la sous-estimation de l’islam et de sa visée expansionniste mondiale. Traiter banalement de l’islam comme d’une religion parmi d’autres, c’est s’aveugler sur les périls et les nuisances criantes de sa progression et ignorer ses prétentions. L’ignorance de ce qu’est réellement l’islam est flagrante dans les milieux catholiques. On ne peut cependant pas faire abstraction du projet conquérant du mouvement mahométan, fondé sur des injonctions coraniques sacralisées et irréformables. Comment ignorer que 17 fois par jour le musulman prie avec la fatiha qui disqualifie haineusement juifs et chrétiens…

Certes, il est toujours souhaitable d’entretenir de bonnes relations avec des personnes d’appartenance musulmane quand c’est possible, mais laisser penser que communauté catholique et communauté islamique croient au même Dieu est contraire à un minimum d’honnêteté intellectuelle. Oublier démagogiquement que les exactions islamiques perpétrées au nom d’Allah font partie d’une même logique de domination mondiale depuis la prise de pouvoir de Mahomet serait irresponsable.

Ces incompétences de compréhension ont pour conséquence immédiate d’affaiblir la pensée et l’action de l’Eglise dans le monde. En occultant sa consanguinité spirituelle avec la tradition juive (perceptible dans ses structures liturgiques et culturelles), l’Eglise s’isole du socle hébraïque qui l’a vue naître et dont l’héritage métaphysique et culturel l’irrigue encore aujourd’hui en profondeur.

Parallèlement, en minimisant de manière politiquement correcte les effets du mouvement islamique mondial qui est en opposition frontale avec les vérités de foi du christianisme, l’Eglise glisse vers une soumission qui hypothèque sa survie et qui compromet la transmission de son message spirituel et éthique au service de tous.

L’Eglise catholique n’a pas pour vocation de se transformer en une sorte d’ONG humaniste à géométrie variable, elle n’a pas à se laisser instrumentaliser par des stratégies mondialistes destructrices d’identités, et cela pour une simple raison : elle est porteuse à temps et à contre-temps d’un trésor spirituel vivant, (aux racines et à l’anthropologie bien précises) qui lui a été confié par un juif dénommé Jésus le Nazaréen. Elle a par ailleurs le devoir formel de prendre la défense de ses membres persécutés sans mollir devant les ennemis déclarés du christianisme.

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Ce qui veut dire concrètement que l’Eglise ne peut perdre de vue sa vocation à une posture positive et fraternelle envers le monde juif, et qu’elle doit d’autre part mûrir une lucidité critique envers l’activisme hégémonique du monde musulman. Ce qui implique de lever les ambiguïtés en formulant des critères cohérents pour introduire du discernement dans les généreuses déclarations officielles sur l’accueil des migrants.

Sur ces deux plans fondamentaux, les erreurs d’appréciation de la part de l’Eglise seraient fatales si elles perdurent. Elles constitueront très vite des fautes majeures au regard de l’histoire, surtout si elles continuent d’être manipulées par les adversaires acharnés des acquis civilisationnels judéo-chrétiens.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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