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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 19 septembre 2018

100 ans déjà que David Ben Gourion a prononcé un discours à la Commission pour la fondation de l’Ahdut Haavoda le 22 février 1919 :

« Notre réunion revêt une importance particulière. À l’ordre du jour, une question brûlante pour tous les travailleurs du Pays, celle de l’unité. Pendant que d’autres peuples fêtaient leur liberté dans des bains de sang juif, le nôtre gardait la tête haute, revendiquant le droit d’être maître de son Pays. En ce moment même, quand les persécutions de l’Exil connaissent leur apogée, nous sommes devant la réalisation de nos espoirs. Le Pays connaît un renouveau économique. Dans dix ans, il sera méconnaissable, dans vingt ans ce sera un pays moderne. Il s’agit de savoir qui le fera. 

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Un pays construit par d’autres ne sera pas notre Terre bien-aimée. Les vingt ou trente ans à venir seront décisifs pour Eretz-Israël et pour l’ensemble du peuple juif. Nous avons de grands espoirs mais nous aurons à affronter de graves dangers. Il s’agit de savoir s’il nous sera possible d’édifier un Pays dans les années qui viennent. À première vue, il s’agit là d’un problème national. Mais, en y regardant de plus près, nous voyons que, même pour la réalisation du sionisme, se pose un problème social : qui fera le travail ? 

Admettons que les circonstances politiques nous soient favorables. Les Juifs auront la possibilité d’acquérir la terre, de créer une économie, de faire revivre le Pays et sa population. Dans ce cas, les travailleurs juifs ne construiront pas le Pays. Ils n’y seront pas en majorité de manière à garantir que ce Pays soit le nôtre. En effet, il existe une autre possibilité : la propriété privée prendra racine, tout Juif ayant de l’argent viendra ici et embauchera des ouvriers. Il est facile de trouver de la main-d’œuvre bon marché. 

Il n’existe pas en Eretz-Israël de masses juives au sein desquelles l’entreprise privée puiserait la main-d’œuvre nécessaire. Ces masses juives doivent venir de très loin. 

L’entreprise privée, qui ne cherche que son profit, n’a pas besoin d’attendre le retour des travailleurs juifs revenant d’Exil si elle peut trouver sur place de la main-d’œuvre bon marché. L’entreprise privée préfère la main-d’œuvre locale non juive, d’un faible niveau culturel et peu coûteuse. 

Nous en avons un exemple frappant : les villages hébreux n’emploient presque pas de Juifs. Pour le moment, ceci se passe sur une échelle restreinte, mais qu’adviendra-t-il sur une échelle plus vaste ?

Est-il possible que les masses ouvrières juives viennent construire leur patrie sur la base de leur idéal national et social ? Telle est la question qui se pose à nous en ce moment et à laquelle nous devons répondre. Nous sommes venus en tant qu’ouvriers, nous sommes venus travailler. Bien entendu, nous ne sommes pas allés chercher du travail dans les villages arabes. Nous savions qu’on n’y avait pas besoin de nous et qu’on ne nous accepterait pas. Nous nous sommes présentés dans les villages hébreux, il y en avait une vingtaine, mais là non plus, on n’avait pas besoin de nous, car il existait des ouvriers agricoles plus expérimentés. Presque aucun d’entre nous n’avait travaillé de sa vie et surtout pas dans l’agriculture. 

Nous obtenions avec peine une journée de travail, tandis que des centaines d’Arabes venaient quotidiennement dans les villages hébreux, l’outil sur l’épaule, se rendant directement aux plantations. 

J’ai travaillé dans les caves de Rishon-le-Zion. On n’y rencontrait pas un seul Arabe, car les propriétaires savaient que sans main-d’œuvre juive, garantissant la pureté rituelle du vin, celui-ci ne se vendrait pas à l’étranger. Les planteurs, quant à eux, n’avaient pas besoin de pureté rituelle mais de main-d’œuvre expérimentée et bon marché, ce qui n’était pas le cas pour les ouvriers juifs. 

Dernièrement, s’est réunie aux États-Unis une conférence sioniste qui a adopté des résolutions sociales : la terre et les ressources naturelles d’Eretz-Israël doivent être à la disposition du peuple juif. La coopération dans l’agriculture, l’industrie, le commerce et les institutions financières doit être renforcée. Des établissements scolaires doivent être créés à tous les niveaux, avec l’hébreu comme langue nationale et langue d’enseignement. Ces résolutions ont été adoptées avec un enthousiasme des plus sincères. 

Malheureusement, les sionistes américains venus dans le Pays semblent les avoir oubliées… 

Au cours des dernières années, les travailleurs juifs ont montré qu’après avoir vécu en citadins pendant des siècles, coupés du travail de la terre, ils étaient capables de « créer une agriculture juive. 

Mais, sans l’unité qui leur permettrait de constituer l’élément moteur du mouvement sioniste, on ne sait s’ils réussiront à surmonter l’obstacle de la main-d’œuvre non juive à bon marché. Sans l’unification du mouvement ouvrier hébreu dans le Pays, il n’est pas sûr que le travail hébreu construise le Pays. Cette nécessité historique nous oblige à nous unir sur place et à accroître notre influence dans le monde juif…

La Conférence des ouvriers agricoles se prononça alors sur le projet. On convoqua ensuite un Congrès général de tous les ouvriers d’Eretz-lsraël, des villes et des campagnes, pour décider d’une « Union du travail » (En hébreu : Ahdut Haavoda). Ce Congrès fût saisi d’un projet rédigé en commission. 

Ce texte avait été rédigé par Berl Katznelson avec l’approbation de tous les autres membres de la commission. Il disait notamment : 

  • a) Le mouvement ouvrier en Eretz-Israël fait partie du mouvement ouvrier socialiste international. Le mouvement ouvrier en Eretz-Israël participe au Mouvement sioniste au sein du peuple hébreu. 
  • b) Au sein du sionisme, le Mouvement ouvrier d’Eretz-Israël demande : 
    • 1) Le transfert de la terre, des eaux et des ressources en eau du Pays à tout le peuple d’Israël, à perpétuité. 
    • 2) La création d’un capital national. 
    • 3) L’immigration pionnière dans le Pays. 
    • 4) L’enseignement de la langue hébraïque et de ses trésors culturels. 
  • c) L’Ahdut Haavoda rassemble tous les ouvriers et tous les travailleurs du Pays, ainsi que les artisans vivant de leur travail, sans exploiter l’effort d’autrui. L’Ahdut Haavoda se compose de sections professionnelles autonomes, rassemblant leurs membres selon leur activité. L’Ahdut Haavoda regroupe la classe ouvrière en vue d’une activité économique, culturelle et politique.
  • d) L’Ahdut Haavoda participe à l’Organisation sioniste mondiale et à l’Internationale socialiste.

David ben Gourion prononça le discours d’ouverture, déclarant :

Pour la première fois, tous les travailleurs hébreux du Pays sont rassemblés en compagnie des volontaires de l’étranger que nous avons attendus si longtemps.

La période de la nouvelle Alyah dure depuis quinze ans déjà mais nous n’avons pas assisté à de grandes réussites. Notre nombre n’a pas augmenté comme nous l’avions espéré à l’époque. 

Il y en a certainement parmi vous qui se souviennent de ce que nous avons tenté de faire à Petah-Tikva voici treize ans. Entre-temps, nous avons diminué en nombre. 

Ces dernières années furent des années de crise. Nous avons réussi à nous maintenir. 

Les mauvais jours sont passés et nous voici réunis à nouveau. 

Des immigrants se sont joints à nous d’une manière que nous n’aurions pas espérée. Ils sont venus de très loin, d’Amérique du Nord et d’Argentine, se battre pour la libération de notre Pays. 

Ils ne venaient pas seulement se servir de leur épée. Ils savaient que l’épée remise au fourreau, ils seraient devant une tâche encore plus difficile, la conquête du Pays à la sueur de leur front. À présent, la guerre est terminée et une grande partie de ces volontaires s’apprête à rester ici pour travailler à nos côtés. 

Ils participent à ce premier rassemblement des travailleurs d’Eretz-Israël. Peu nombreux, nous nous sentions isolés et voici que nous avons trouvé des milliers de camarades venus de pays lointains.

Nous nous occupons à présent de l’organisation de toutes les forces ouvrières du Pays, à la ville comme à la campagne. Notre rencontre prend la suite de la Conférence des ouvriers agricoles qui vient de se terminer. Nous sommes au seuil d’une époque nouvelle. 

De l’Exil, nous avons apporté des opinions divergentes mais la réalité d’Eretz-Israël a fait naître en nous une conscience nouvelle dont nous voulons marquer l’avenir du Pays.

Nous devons passer au travail concret, à l’examen des problèmes posés aux ouvriers du Pays et à toute la nation israélite, car les ouvriers restent intimement liés à l’ensemble du peuple.

La situation actuelle n’est que l’aboutissement de souffrances séculaires. » 

Après la réunion sioniste de Londres, la délégation sioniste fut invitée à la Conférence de Paris pour la paix. Vint le tour d’Ussishkine. Son intervention en hébreu fit une impression profonde. 

Ben Gourion poursuit :

« Vint le tour d’André Spire, au nom des sionistes de France. Il demanda à la France, qui la première avait hissé le drapeau de la liberté, d’aider aujourd’hui à la libération des Juifs.

Sylvain Lévi parla ensuite. Il commença par nous couvrir de fleurs pour mieux nous attaquer. Il décrivit l’épanouissement des villages, les progrès de l’hébreu, l’activité des Amants de Sion (les premiers groupes sionistes) et de l’Alliance israélite universelle, avant de passer aux sionistes et à leur grand prestige moral. Il poursuivit : ‘Néanmoins, leurs aspirations sont dangereuses pour trois raisons : 

  1. Eretz-Israël est un pays petit et pauvre, qu’il sera difficile de développer. Six à sept cent mille Arabes y habitent déjà, qui vivent dans la misère. Et les Juifs auront de plus grands besoins.
  2. Les Juifs qui viendront en Eretz-Israël seront en majorité originaires de Russie, comportant parmi eux des « forces explosives ».
  3. Enfin, Sylvain Lévi protesta énergiquement contre l’activité des organismes juifs exigeant des droits nationaux doubles pour les Juifs, ce qui n’est pas juste.

Sylvain Lévi conclut son intervention par des propos à la gloire de la France. Il avait parlé vingt minutes, nous laissant stupéfaits. La Conférence n’avait prêté aucune attention à ce qu’il disait, mais ses paroles constituaient une profanation. Que faire ? II se produisit alors un miracle ! 

Le secrétaire d’État américain me demanda d’expliquer le concept de « foyer national hébreu ». 

On nous offrait une issue de secours. Par cette question, les États-Unis nous sauvaient ! Nous ne pourrons jamais leur rendre tout ce que nous leur devons. Je répondis alors à cette question :

En fondant un « foyer national hébreu », nous espérons créer des conditions permettant le transfert en Eretz-Israël de 50 000 Juifs par an, le développement de notre langue, la création d’écoles, d’universités et d’institutions nationales afin qu’Eretz-Israël devienne hébraïque, comme l’Amérique est américaine et l’Angleterre anglaise… J’ai mentionné le « développement extraordinaire de la Tunisie » au cours des trente dernières années. Quant à nous, nous réussirons grâce à la volonté, à l’argent, à la force et à l’intelligence des Juifs. Quant à la double nationalité, elle ne figure pas dans nos propositions. Des hommes comme Sylvain Lévi ne constituent que 5 % du peuple hébreu. Ils se sentent bien là où ils sont !

Les gens qui ont peur n’ont pas besoin d’arguments, car aucune logique ne saurait parler à leur cœur !

(adapté de David Ben Gourion, Mémoires, Israël avant Israël*, © Grasset, 1974, pp 103-110)

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