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Publié par Magali Marc le 23 septembre 2018

Après le débat des chefs du 13 septembre dernier, les médias québécois se sont empressés d’encenser la porte-parole du parti Québec solidaire (QS), Manon Massé, pour sa participation sincère et honnête et pour le temps de parole moindre qu’elle a eu en comparaison des autres chefs de parti (voir Radio Canada et le Huffington Post). Mais lors du dernier débat du jeudi 20 septembre, Jean-François Lisée a eu l’idée de la confronter sur la question de savoir qui est le vrai chef de ce parti, puisqu’elle n’en est que la porte-parole.

Les journalistes gauchistes ont annoncé que Lisée avait commis une gaffe, tandis que les autres se sont enfin réveillés et ont réalisé que la véritable direction de Québec Solidaire comporte des zones d’ombre.

Il était temps que J.F. Lisée s’en prenne à son véritable adversaire! Le jour du vote est prévu pour le 1er octobre mais le vote par anticipation est déjà commencé et les sondages indiquent une remontée de QS dans des circonscriptions normalement acquises au Parti Québécois (PQ).

Si le PQ était relégué au rang de quatrième parti, ce serait au profit de QS qui s’allierait avec les Libéraux, reportés au pouvoir mais minoritaires grâce à la division du vote francophone entre la CAQ, le PQ et QS. Les votes anglophone et allophone sont pratiquement assurés pour les Libéraux multiculturalistes, immigrationnistes et anti-identitaires.

Qui est Manon Massé ?

  1. Militante féministe, ancienne organisatrice communautaire, diplômée en théologie et ouvertement lesbienne, Manon Massé a tenté à quatre reprises (aux élections provinciales de 2003, 2007, 2008 et 2012) de se faire élire dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques, et a finalement été élue en 2014.
  2. En bonne gauchiste, Mme Massé est pro-palestinienne. En 2011, elle a pris part à la mission «humanitaire», Un bateau pour Gaza, qui visait à briser le blocus par Israël et l’Égypte de la Bande de Gaza.
  3. Lors d’une conférence discussion au Centre des femmes, le 25 octobre 2011, elle a donné sa version de l’histoire d’Israël et elle a raconté son expérience à bord du bateau en ces termes :

    « Depuis le retrait du protectorat de la Grande-Bretagne, les guerres ont commencé dans ce territoire. C’est n’est pas d’aujourd’hui que les Palestiniens réclament le droit à leur terre, comme ce n’est pas d’aujourd’hui que les autochtones réclament leur territoire».(sic)

    (Elle a prétendu décrire les conditions de vie horribles des pauvres Gazaouis, sans avoir jamais mis les pieds à Gaza).

    « On veut faire connaître l’injustice qui se passe en Palestine. Imaginez un territoire grand comme l’île de Montréal, entouré d’un mur, dans lequel ne passe ni les médicaments ni les matériaux de construction. Écoles, hôpitaux, système d’égout, aéroport, tout à été détruit ».

    Elle a avoué qu’en fait le gouvernement grec avait fait voter un décret, interdisant tout bateau qui partait de son port d’appareiller à Gaza. En fait, le bateau où elle se trouvait a réussi à naviguer durant 8 nœuds marins avant d’être arraisonné par les autorités grecques qui en ont pris le contrôle et n’a jamais atteint Gaza.

  4. Le 16 juillet 2014, Mme Massé, alors députée, participe à une manif «pro Palestine» à Montréal. Elle parle de « Pouvoir israélien voyou » et se dit solidaire du « peuple palestinien ».

Le vrai programme de Québec Solidaire

Jean-François Lisée avait beaucoup misé sur une alliance électorale avec QS après avoir été élu chef du PQ. Alors que plusieurs préconisaient un recentrage, il avait plutôt choisi un déplacement vers la gauche en espérant faciliter une entente avec QS.

Mais il a été trahi et ça lui est resté en travers de la gorge.

Au printemps 2017, ce qu’il appelait le « Politburo » de QS, dont l’appellation officielle est le Conseil national de coordination, avait effectivement joué un rôle dans le rejet de la « convergence » vers l’indépendance qui avait été négociée entre le PQ, QS, Option nationale et le Bloc Québécois (un parti indépendantiste qui se présente au niveau fédéral).

S’il est vrai que certains membres du « Politburo » de QS étaient hostiles à une alliance électorale, la majorité des militants solidaires n’en voulaient pas non plus et au Congrès de mai 2017, ils avaient clairement indiqué à quel point les positions identitaires du PQ les horripilaient.

Dans sa chronique du 22 septembre (Journal de Montréal), Denise Bombardier décrit QS en ces termes :

«(…) Québec solidaire (est) un parti qui vomit sur le libéralisme économique sur lequel reposent les économies occidentales (…).

Manon Massé réussit au cours de cette campagne électorale à présenter Québec solidaire comme un parti certes à gauche, mais inoffensif et sans danger pour la démocratie.

QS est au contraire un parti d’extrême-gauche qui rejette notre système « capitaliste » et qui exècre la social-démocratie à la québécoise.

QS est plutôt un parti qui dissimule ses intentions. Un parti qui a fait disparaître il y a près d’un an son programme trop explicite par un autre d’une centaine de pages, que l’on peut consulter sur son site.

Il faut être un spécialiste de la pensée communiste pour pouvoir débusquer, dans ce texte où les mots masquent systématiquement le contenu, la véritable intention de Québec solidaire, c’est-à-dire la socialisation systématique des activités économiques.

On y retrouve l’influence intellectuelle de ses membres fondateurs, communistes militants au sein du parti communiste québécois, qui ont intégré le parti en 2006.

QS favorise une économie sociale forte tout en « maintenant une certaine place au secteur privé » ! En clair, il s’agit de s’approprier le contrôle collectif des principaux leviers économiques du Québec.

Marx, Lénine et même Trotsky sont les inspirations de la pensée solidaire, revue et corrigée par l’aimable, bienveillante et sympathique Manon Massé et ses camarades.

À l’évidence, rares sont les journalistes, économistes et politiciens qui ont lu le texte presque indéchiffrable où il est question de la mainmise de l’État sur les richesses naturelles et les terres agricoles.»

Pour sa part, Mario Dumont (un ancien député de centre-droit) défend la remarque de Lisée concernant le leadership de QS dans sa chronique du 22 septembre (Journal de Montréal) :

«(…) les règles très particulières de Québec solidaire ne peuvent pas les soustraire à l’application de la Loi électorale. Celle-ci confère des pouvoirs énormes à la personne qui occupe le poste de chef.

Présentement, c’est à un personnage hors de la sphère publique que sont remis ces pouvoirs, un dénommé Gaétan Chateauneuf, un ancien de la CSN (la Confédération des syndicats nationaux), le chef de Québec solidaire, désigné par le parti à Élection Québec

Conclusion

Faisant référence à ce fameux débat, au cours duquel le chef du PQ s’est attaqué à Québec Solidaire plutôt qu’à la CAQ de François Legault qu’il avait malmené lors du premier débat, Mathieu Bock-Côté écrit sans sa chronique du 22 septembre (Journal de Montréal):

«(…) François Legault a repris son élan, alors qu’il était en difficulté.(…) Il est même redevenu offensif en confrontant directement Philippe Couillard et en le traitant à peu près de sermonneur compulsif n’en finissant plus de regarder de haut les Québécois, comme si, laissés à eux-mêmes, ils étaient dangereux. Les Québécois veulent baisser les seuils d’immigration, contenir les accommodements raisonnables, proclamer une Charte de la laïcité et, surtout, ils veulent sortir du multiculturalisme.

François Legault n’a pas une maîtrise fine de ces dossiers (…). Sa campagne a failli virer à la déroute non pas parce qu’il parlait de manière critique de l’immigration, comme ont voulu le faire croire certains commentateurs allergiques à la question identitaire (…).

Mais jeudi soir, il semblait sincère et capable d’incarner le simple bon sens devant l’idéologie officielle qui ne cesse d’expliquer aux Québécois francophones qu’ils sont de trop chez eux. Si jamais, comme la tendance le suggère, la CAQ remplace le PQ comme principal parti nationaliste, c’est en bonne partie parce qu’elle aura su incarner de manière plus vigoureuse la question identitaire.

Et si la question identitaire est payante, ce n’est pas parce qu’elle permet de flatter les bas instincts de l’électorat, mais parce qu’à travers elle, les Québécois rappellent qu’ils sont un peuple et veulent être traités comme tel

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources :

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