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Publié par Gaia - Dreuz le 26 septembre 2018

En invitant le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier pour présenter « Un ennemi du peuple » d’Ibsen, les autorités chinoises ne s’attendaient certainement pas à voir des spectateurs scander des slogans pour la liberté d’expression.

C’est pourtant ce qui s’est passé un soir de début septembre lorsque la pièce — dont le héros est un médecin qui se bat contre la corruption des autorités locales — a été présentée à l’Opéra de Pékin, près de la place Tiananmen, assure le directeur de la Schaubühne de Berlin, une des scènes les plus créatives d’Europe.

La version d’Ostermeier, le plus célèbre des metteurs en scène allemands, connu pour ses relectures radicales de Shakespeare et d’Ibsen, comprend une interaction entre les acteurs et le public.

« Lorsque les autorités s’en sont rendu compte (à l’issue de la première des trois représentations prévues à Pekin, ndlr), elles ont tout fait pour que le scandale n’éclate pas (…) mais ça s’était déjà répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux », affirme M. Ostermeier dans un entretien avec l’AFP à Paris à l’occasion de sa présence à la Comédie-Française où il monte une pièce.

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L’acteur a « perdu sa voix »

Par la suite, précise-t-il, « ils ont éliminé tout ce qui s’est dit sur la pièce sur les réseaux ».

Les autorités chinoises encadrent étroitement le web local pour en expurger tout contenu jugé sensible, comme les critiques politiques, un contrôle qui s’est drastiquement renforcé sous la présidence de Xi Jinping.

Ostermeier et sa troupe sont allés des dizaines de fois en Chine, mais sa version d' »Un ennemi du peuple », une pièce de l’écrivain norvégien Henrik Ibsen, a touché une corde sensible. « Nos amis directeurs de festivals et de théâtre nous disaient que monter la pièce en Chine +ce n’était pas possible+ », selon lui.

En recevant l’invitation de l’Opéra, M. Ostermeier a cru au départ que les autorités voulaient montrer une image d’ouverture. « Puis on s’est rendu compte qu’ils n’avaient pas vu à l’avance la pièce! De leur point de vue, ils avaient commis une erreur », indique-t-il.

Les autorités ont alors demandé à enlever la scène de l’interaction. « Nous avons pris la décision de rester car si nous étions partis tout de suite, personne n’aurait vu la pièce en Chine », explique le metteur en scène.

Comment montrer qu’il y a eu censure? Un message a été adressé au public lors de la représentation suivante: « Nous voudrions avoir une discussion avec vous, mais l’acteur en charge de cela a perdu sa voix. Avez-vous connu une situation similaire? ».

« Puis toute la troupe est montée sur scène et nous avons respecté deux minutes de silence. Le public a compris immédiatement », souligne M. Ostermeier.

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« Voir qui a pris la parole »

Soudain, ce que les autorités craignaient le plus arriva. « Dans le silence, des membres du public se sont mis à crier en faveur de la liberté d’expression et des libertés individuelles », se rappelle-t-il.

La pièce a été par la suite annulée alors qu’elle était programmée deux soirs dans la ville de Nankin, où le théâtre a invoqué des « problèmes techniques ».

Le régime chinois, qui réprime sévèrement toute velléité d’opposition, se méfie des mouvements contestataires.

Dans « Un ennemi du peuple », l’une des pièces plus célèbres d’Ibsen, un médecin découvre que les eaux de la station thermale de son village sont contaminées. Il tente de révéler le scandale mais il est finalement chassé de chez lui, accusé de vouloir provoquer la ruine du village.

Montrée dans une quarantaine de pays depuis qu’elle a fait sensation à Avignon en 2012, la pièce, notamment la scène de la prise de parole, est filmée dans chaque ville, en vue d’un documentaire qui s’intitulera « Mapping Democracy » (la démocratie cartographiée).

Pékin n’a pas été une exception. « C’est délicat car ils ont confisqué notre matériel », indique Ostermeier, tout en précisant disposer d’une copie du film. « Ils ont regardé pour voir qui a pris la parole ».

Source : Lexpress

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