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Publié par Gaia - Dreuz le 26 septembre 2018

Privé de son pavillon, l’«Aquarius» va être contraint de rentrer au port. Plus aucun navire humanitaire ne sera en activité. Les raisons sont diverses : manque de moyens, problèmes administratifs ou judiciaires, pressions politiques ou choix des ONG.

Bonjour,

Il y a quelques semaines, l’Aquarius était contraint de faire route vers l’Espagne, essuyant les refus des autorités maltaises et italiennes pour débarquer des rescapés dans leurs ports. Vous nous demandiez alors : «Combien y a-t-il de bateaux d’ONG humanitaires qui aident les migrants en Méditerranée ?»

Aujourd’hui, votre question prend une nouvelle dimension. Le Panama a annoncé qu’il retirerait à l’Aquarius son pavillon dès son retour au port, où le bateau se trouvera, de fait, bloqué. À ce moment-là, plus aucun navire humanitaire ne sauvera de vies entre l’Europe et l’Afrique.
Ils sont pourtant une vingtaine de bâtiments à se relayer depuis 2014, notamment au large de Libye ou en mer Egée. Au printemps 2017, le maximum est atteint : dix bateaux d’ONG croisent simultanément en Méditerranée. Aujourd’hui, donc, plus aucun.

Les associations qui opèrent ces navires avancent de multiples raisons : manque de moyens pour Lifeboat, politiques d’accueil inappropriées des deux côtés de la Méditerranée selon Médecins sans frontières ou Save the Children, pression des autorités italiennes d’après Jugend Rettet, ou maltaises pour Sea Watch et Sea Eye. En creux, toutes déplorent la «criminalisation» de leurs activités par les gouvernements européens, qui les accusent de faire le jeu des passeurs. L’UE préfère financer les gardes-côtes de Libye, en dépit des exactions commises dans ce pays contre les migrants venus du reste de l’Afrique.

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«Phoenix» et «Responder» (Migrant Offshore Aid Station)

Le Phoenix est le premier à se lancer en Méditerranée, en août 2014, à l’initiative de l’ONG maltaise Migrant Offshore Aid Station (MOAS), sous pavillon norvégien. Le navire de 40 mètres embarque un drone, pour l’aider à repérer les navires en difficulté. Il est secondé à partir de décembre 2015 par le Responder, long de 50 mètres.

Au bout de trois ans d’interventions au large de la Libye et en mer Egée, fort du sauvetage de 40 000 personnes, MOAS cesse d’opérer en Méditerranée, «ne voulant pas participer à un mécanisme qui ne garantit pas de port sûr ou d’accueil à ceux qui sont sauvés en mer». L’annonce se fait par voie de communiqué en septembre 2017 : «A la suite des récentes évolutions en Méditerranée centrale, MOAS a pris la décision de se redéployer stratégiquement ses opérations dans le sud-est de l’Asie», auprès des musulmans Rohingyas qui quittent la Birmanie.

«Iuventa» (Jugend Rettet)

La mission du 33 mètres commence en juillet 2016, date de son arrivée à Malte, résume le site de l’ONG allemande. Mais moins d’un après ses premières interventions, Iuventa est saisie par les autorités italiennes, qui la retiennent depuis dans le port de Trapani, en Sicile. Il est reproché aux équipages d’avoir à plusieurs reprises «aidé et attiré l’immigration illégale», explique un communiqué sur le site Blaming the Rescuers («Accuser les sauveteurs»). Philipp Külker, porte-parole de l’association, explique à CheckNews :

Notre bateau «Iuventa» a été arrêté par les autorités italiennes le 2 août 2017. En ce moment, nous attendons encore une décision de la justice, qui a rejeté en avril 2018 notre premier appel contre la saisie de notre bateau. Malgré le manque de preuves contre notre organisation et le nombre élevé de morts en Méditerranée centrale, «Iuventa» ne fait plus de mission de sauvetage.

Cas emblématique, selon de nombreux activistes, de la criminalisation des ONG qui viennent en aide aux migrants en Méditerranée, l’histoire du Iuventa a donné lieu à un documentaire (voir ci-dessous).

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«Astral» (Proactiva)

Selon son site internet, l’histoire des sauveteurs de l’ONG catalane Proactiva commence à la nage, sur les côtes de l’île de Lesbos (Grèce) en septembre 2015. Le mois suivant, les activistes se dotent de deux jet-skis pour sauver des migrants. Puis à l’été 2016 vient l’Astral. Un voilier de 30 mètres donné par un entrepreneur italien, écrit El Mundo, qui revendique 15 000 vies sauvées lors des quatre premiers mois d’opération.

Malgré des réparations, il continue d’opérer durant toute l’année 2017, pour des sauvetages, embarquant jusqu’à 200 rescapés d’un coup. Début 2018, l’Astral rentre au port. En commençant par Ibiza, il entreprend un tour de la Méditerranée pour faire connaître le travail de l’ONG. Au début de l’été 2018, le voilier fait escale à Barcelone (Espagne).

L’Astral devrait dans les semaines qui viennent retourner en Méditerranée centrale pour des missions d’«observation» et de «sensibilisation», a expliqué un responsable de Proactiva à la presse espagnole.

«Golfo Azzurro» et «Open Arms» (Proactiva)

En six mois d’activité, début 2017, le navire Golfo Azzurro revendique 6 000 sauvetages. Mais en août 2017, il s’accroche avec les gardes-côtes libyens, qui menacent de faire feu et lui ordonnent de s’éloigner des côtes libyennes. Le navire est aussi la cible des activistes d’extrême droite de Defend Europe, un projet mené par les identitaires européens. Il cesse ensuite d’opérer.

Le lancement du troisième bateau de l’organisation, Open Arms, a lieu en juillet 2017. Si de nouvelles tensions avec les Libyens émaillent ses missions, ce sont les autorités italiennes qui vont finalement arrêter le bateau. Entre mars et avril 2018, l’Open Arms est retenu en Sicile, accusé par Rome de promouvoir l’«immigration illégale». Rencontrant, à l’instar de l’Aquarius, des difficultés à débarquer les naufragés en Italie ou à Malte pendant l’été, l’Open Arms met finalement le cap vers Barcelone, début août 2018.

Auprès de CheckNews, la porte-parole de l’ONG revendique «60 000 personnes» sauvées depuis qu’elle a commencé à opérer. Proactiva a annoncé, il y a quelques jours, qu’elle devrait à l’avenir intervenir avec l’Open Arms dans l’ouest de la Méditerranée, en collaboration avec les autorités espagnoles.

Proactiva Open Arms se unirá en breve a los dispositivos de salvamento de la zona SAR en el #Estrecho y #MardeAlboran bajo la coordinación de @salvamentogob Sumamos esfuerzos y equipos allá donde seamos necesarios. Cada vida cuenta.
Vía @medinafoto @reuterspictures pic.twitter.com/vbDAzfuLsw
— Proactiva Open Arms (@openarms_fund) 30 août 2018

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«Minden» (Lifeboat)

En 2016 et 2017, cette ONG allemande est intervenue, notamment en Méditerranée centrale autour de Malte, avec le Minden, qui pouvait accueillir jusqu’à 150 personnes à bord. C’est faute de financement que les opérations prennent fin, selon une ONG hambourgeoise partie prenante du projet.

«Dignity I», «Argos» et «Prudence» (Médecins sans Frontières)

Le site de l’ONG fait l’inventaire des bateaux où elle est intervenue (le Phoenix en 2015 avec MOAS et l’Aquarius depuis 2016 avec SOS Méditerranée), et qu’elle a gérés en Méditerranée. En l’occurrence, le Dignity I, entre 2015 et 2016 sous pavillon panaméen, et l’Argos, qui «a été actif de mai 2015 à novembre 2016 sous pavillon luxembourgeois», lit-on sur le site de MSF.

A cela s’ajoute le Prudence, mis à la mer en mars 2017. Après une suspension «temporaire» des activités au mois d’août, notamment du fait de la pression des gardes-côtes libyens, MSF en vient à carrément stopper toute opération du navire en octobre. A partir de cette date, l’association n’opère plus de bateaux en son nom propre. L’ONG continue toutefois d’intervenir en Méditerranée grâce à sa présence sur l’Aquarius.

Hassiba Hadj-Sahraoui, qui suit le dossier des sauvetages en mer chez Médecins sans frontières, répond aux questions de CheckNews :

Le «Dignity I» appartenait à MSF Espagne [et a depuis été vendu], mais le «Prudence» et l’«Argos» étaient loués par notre organisation. Aucun navire n’a été choisi en fonction de son pavillon, mais bien en fonction d’un cahier des charges techniques.

Si nous n’avons plus de bateau à notre nom depuis l’été 2017, c’est que la situation a changé en Méditerranée centrale, où nous intervenions. Outre la diminution des arrivées en mer, l’instauration d’un code de conduite pour les ONG par Rome, et la mise en place d’une zone réservée aux gardes-côtes libyens ont freiné nos interventions.

«Vos Hestia» (Save the Children)

Ce navire chinois affrété par une ONG américaine commence à intervenir en Méditerranée en septembre 2016. A l’été 2017, et à l’instar de MSF, Save the Children interrompt ses opérations en Méditerranée centrale du fait de la nouvelle politique des gardes-côtes libyens. Si le bateau compte 10 000 personnes secourues en 2017, il est stoppé net dans sa lancée à la fin de l’année : au mois d’octobre, la police italienne le perquisitionne, reprochant à l’ONG de collaborer avec les réseaux de passeurs, rapporte Reuters. L’organisation a depuis arrêté ses opérations maritimes en Méditerranée.

«Sea-Watch» I, II, III (Sea Watch)

Arrivé au large de Lampedusa en mai 2015, le Sea-Watch I est un petit bateau choisi pour des motifs économiques, explique sur son site l’ONG allemande Sea Watch. Il revendique 4 000 sauvetages lors des cinq premiers mois de mission en 2015. En juillet 2017, il fait route vers la mer Egée, en tant que «base pour [les] équipes et comme plateforme de documentation et d’observation», écrit Sea Watch. Notamment pour constater les résultats de l’accord sur les migrants entre Turquie et Europe. Il a ensuite été donné à une autre ONG, Mare Liberum, qui lui a donné son nom et poursuit la même mission.

Moins d’un an après son prédécesseur, en mars 2016, le Sea-Watch II, «plus moderne, plus efficace», entre en service. Il est finalement revendu à une autre organisation opérant en Méditerranée, qui le nomme Lifeline (voir plus bas) en 2017.

Aujourd’hui le Sea-Watch III a pris la suite. Entre son entrée en service, en novembre 2017, et janvier 2018, le bateau de 50 mètres affiche 1 500 personnes sauvées, d’après le site de l’ONG allemande.

Mais depuis le début du mois de juillet 2018, le bâtiment est bloqué dans le port de La Valette par les autorités maltaises, qui pointent un problème d’enregistrement du Sea-Watch III au registre néerlandais. Un bras de fer juridique est en cours depuis la fin juillet entre les avocats maltais de l’ONG et les autorités de l’île (dont Sea Watch a rencontré le Premier ministre et le ministre des Transports).

BREAKING Sea-Watch hindered from leaving port – Cpt. Pia Klemp: « While we are hindered from leaving port, people are drowning. Any further death at sea is on the account of those preventing rescue from taking place. Saving lives at sea is non-negotiable » https://t.co/NyzabSTtBD pic.twitter.com/WbLOb6XkjV
— Sea-Watch (@seawatchcrew) 2 juillet 2018

A noter que le Sea-Watch III était parfois accompagné d’un avion de reconnaissance à hélice, servant à orienter sa navigation. Selon un média maltais, il lui est interdit depuis juillet 2018 d’effectuer ces missions de reconnaissance, malgré ses demandes aux autorités.

L’ONG Sea Watch estime avoir sauvé depuis le début de ses opérations «avec trois bateaux, plus de 37 000 personnes, en Méditerranée centrale et en mer Egée».

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«Seefuchs» et «Sea Eye» (Sea Eye)

Le premier navire éponyme de l’ONG allemand, est un vieux bâtiment de 26 mètres. C’est au Sea Eye qu’on doit, à l’été 2017, l’opération d’aide aux identitaires de Defend Europe bloqués en mer tunisienne. A cette époque, Sea Eye est la troisième ONG, avec Save the Children et MSF, à annoncer un arrêt des missions de sauvetage à cause des gardes-côtes libyens.

Quant au Seefuchs, il n’est acheté par l’ONG qu’au printemps 2017. Il est identique au Sea Eye.

Les deux bateaux sont aujourd’hui bloqués à quai. Le Sea Eye à Tunis, et le Seefuchs à La Valette, pour des questions administratives. «Nous sommes opérationnels, mais nous n’avons pas d’autorisation du gouvernement maltais», explique à CheckNews Gorden Isler, membre de l’association : «L’Italie n’aide pas, les Pays-Bas dont nous battons le pavillon ne se sentent pas concernés, l’Allemagne est silencieuse», résume-t-il.

En septembre 2016, le petit bateau de Sea Eye, nommé Speedy, est quant à lui arrêté et mis sous scellé par les gardes-côtes libyens, qui laissent partir l’équipage.

L’ONG allemande revendique près de «14 000 sauvetages» depuis qu’elle a commencé à agir en Méditerranée, en avril 2016. Isler annonce que Sea Eye «collecte actuellement l’argent pour acheter un nouveau bateau, qui sera placé sous pavillon allemand, afin de responsabiliser notre gouvernement».
«Lifeline» (Mission Lifeline)

L’ONG, créée à Dresde (Allemagne) en 2015 a d’abord œuvré en Grèce. Mais depuis septembre 2017, elle opère aussi en mer, avec un navire éponyme, le Lifeline (ex-Sea-Watch II, racheté 200 000 euros à l’ONG du même nom). Sous pavillon néerlandais, il peut embarquer une petite vingtaine de membres d’équipage et a sauvé plus d’un millier de personnes depuis un an en Méditerranée centrale.

Comme le Sea-Watch III, depuis le début de l’été 2018, le Lifeline est bloqué au port de La Valette après y avoir débarqué plus de 200 migrants. Les autorités de l’île évoquent une violation des lois internationales et un non-respect des consignes italiennes ; les activistes eux disent seulement avoir refusé de remettre des migrants aux gardes-côtes libyens.

«Les Maltais ont saisi notre bateau pour des motifs fallacieux, ils assurent que nous ne sommes pas en règle mais nous avons tous les documents nécessaires», s’emporte Axel Steier, porte-parole de Mission Lifeline. Il promet que si rien ne bouge l’ONG achètera un autre bateau.
Qui d’autre ?

Après avoir travaillé à Lesbos, les ONG Proem-Aid et SMH ont promis de mettre à l’eau, à la fin du mois de septembre 2018, le navire Aita Mari. Le projet Maydayterraneo existe notamment grâce aux subventions du pays basque espagnol, où l’Aita Mari est actuellement amarré.

Source : Liberation

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