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Publié par Gaia - Dreuz le 27 septembre 2018

Dans « En marche vers l’immobilisme », Agnès Verdier-Molinié livre une critique parfois sévère du manque d’audace et de réformes du président Macron. Propos recueillis par Jérôme Béglé.

Le titre du livre qui sort ce mercredi annonce clairement la couleur. En marche vers l’immobilisme (éditions Albin Michel) est le cri du cœur d’une amoureuse (déjà) déçue par le macronisme. Comme beaucoup d’électeurs d’Emmanuel Macron, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP, un cercle de réflexion indépendant qui évalue les politiques publiques, a été séduite par la volonté réformatrice du candidat devenu président. Quinze mois plus tard, elle déchante et ne se cache pas derrière son stylo pour tirer un premier bilan du quinquennat. La grande réforme fiscale se fait attendre, les économies promises sont restées lettres mortes, l’administration responsable de biens des blocages n’a pas été remise au pas, mais la communication bat son plein. Certes, des réformes ont été lancées. Mais elles se révèlent trop timides et très imparfaites dans leurs mises en œuvre. Bref, l’auteure craint que le mandat d’Emmanuel Macron ne s’enlise dans les mêmes sables mouvants que ceux de ses prédécesseurs. Pour réveiller les Français et leurs gouvernants, Agnès Verdier-Molinié livre un essai concret et pragmatique très conforme à la doxa libérale. Un petit manuel de la réforme agrémenté de quelques idées simples et, selon elle, efficaces pour libérer les énergies et redonner du pouvoir d’achat aux particuliers ainsi que des marges d’investissements aux entreprises. Entretien.

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Le Point : Votre livre s’intitule En marche vers l’immobilisme. Ça y est, pour vous, le quinquennat est terminé ?

Agnès Verdier Molinié : Non le quinquennat n’est pas terminé ! C’est justement pour cela que j’ai écrit ce livre. Pour alerter le gouvernement, la majorité mais aussi tous les citoyens de France sur le fait que c’est maintenant qu’il faut se réveiller et mener la transformation de notre modèle qui en a tant besoin. Les premiers mois du quinquennat ont apporté leur lot de bonnes réformes avec la baisse de la fiscalité sur le capital notamment. Cependant, le levier de la baisse des dépenses publiques qui aurait dû être actionné dès les premiers jours du mandat ne l’a pas été. Cela était possible avec une loi de finances rectificative en juillet 2017 comprenant des mesures de frein à l’endettement, d’augmentation du temps de travail dans nos administrations, de report de l’âge de départ en retraite, de possibilité pour les managers publics d’embaucher uniquement sous contrat s’ils le souhaitent, de décentralisation de gestion de l’Éducation, d’autonomie des établissements hospitaliers mais aussi des écoles, collèges et lycées… Tout cela a été, pour l’instant, reporté à plus tard. À ce stade, seul le levier fiscal est utilisé par le pouvoir. C’est un énorme risque qui est pris. Car comment baisser durablement la fiscalité si les dépenses en face ne baissent pas ? Un cruel jeu de bonneteau fiscal s’est ainsi installé depuis 18 mois… On baisse d’un côté la fiscalité et on la monte de l’autre. Et la loi de finances pour 2019 montre que ce tour de passe-passe va continuer. Quand on refait l’addition, on comprend que les impôts ne vont guère baisser pour les ménages. Jusqu’à quand ? Jusqu’au retour du ras-le-bol fiscal ? Nous avons tous à y perdre. Pour éviter cela, nous devons revenir aux fondamentaux de la bonne gestion publique. En la matière, les six prochains mois seront décisifs.

En quoi Emmanuel Macron vous a-t-il déçue ?

La question n’est pas la déception de tel ou telle, mais celle de la nécessité de l’audace réformatrice au service des Français. En 2017, nous avons élu un homme jeune et plein de dynamisme pour sortir de l’empilement des strates que nous subissions depuis 1945 entre l’État, les collectivités et la Sécurité sociale. Ce nouvel élan devait permettre à la France d’exprimer toute la force de ses talents. La France attendait d’Emmanuel Macron qu’il tourne le dos à cet immobilisme, qu’il releve le défi de la transformation de notre modèle administratif, social et fiscal. Or, il est frustrant de voir que ce gouvernement, comme les autres, tombe si vite dans les pièges tendus par notre technostructure et nos syndicats. Il est décevant de constater qu’il perd un temps infini à mener de fausses réformes comme celle du prélèvement à la source qui a tout d’une usine à gaz. Une fausse simplification qui risque bel et bien de nous ponctionner plus d’impôt sur le revenu… Tout cela sur un fond d’une complexité aggravée et de coût pour les entreprises qui se rajoute à la charge administrative gigantesque qui pèse déjà sur leurs épaules. Pourtant, les objectifs à atteindre sont simples et partagés par une grande majorité des Français : réduire le chômage à 6 %, réduire les dépenses publiques à 50 % du PIB, réduire la fiscalité à 40 %, rétablir notre balance commerciale et faire baisser la dette. Des objectifs largement atteints par nos voisins européens.

Quelles sont les bonnes mesures, les bonnes réformes entreprises par le gouvernement ?

De bonnes choses ont aussi été réalisées comme le rétablissement du jour de carence, l’ISF supprimé aux deux tiers (même s’il aurait mieux valu une suppression totale), la réduction du nombre d’emplois aidés. Mais les réformes annoncées comme les plus « ambitieuses » déçoivent : la flexibilisation du Code du travail avec les ordonnances de septembre 2017 ont changé bien peu de choses, le Code du travail est toujours aussi lourd, le recours au référendum d’entreprises est freiné au maximum, les syndicats et le poids des branches est alourdi. La grande réforme des retraites systémique que nous attendons depuis longtemps avec l’alignement des modes de calcul du public sur le privé et des économies à la clé a du plomb dans l’aile. Elle a déjà été reportée et, vu les échos qu’on peut en avoir, elle risque aussi d’être une mégafusion technocratique avec des bugs en vue.

Quant à la baisse des effectifs, mieux vaut ne pas en parler pour l’instant. 1 660 postes supprimés en 2018, 4 164 postes en 2019, pour l’État il faudra 10 ans pour arriver aux objectifs affichés par le gouvernement soit 120 000 suppressions de postes… Et la masse salariale de l’État augmentera encore en 2019 pour atteindre 88 milliards d’euros ! En parallèle, même si on parle beaucoup de contractualisation, on ne fait rien d’ambitieux sur le statut public, rien sur le temps de travail des agents, rien sur la suppression d’échelons, rien sur les externalisations qui sont pourtant essentielles pour faire baisser la dépense publique. Tout cela est pourtant tout à fait possible en France. Dans ce livre, je cite l’exemple de la commune de Plan-de-Cuques, dont le maire sans étiquette a externalisé la gestion des espaces verts et de nombreux autres services publics tout en gardant un haut niveau de qualité, fait baisser la dépense et les impôts alors que la commune était parmi les plus endettées de France. Pas la peine d’aller chercher bien loin des exemples de bonne gestion publique.

Pourquoi, contrairement à ses voisins, la France ne parvient-elle pas à renouer avec la croissance ?

Parce que ce sont toujours les mêmes qui conçoivent, mettent en musique et appliquent les réformes. Et que nos gestionnaires publics professionnels conçoivent les plans de réforme non pour transformer en profondeur le modèle, mais pour le faire évoluer à la marge par petites touches impressionnistes. Résultat : personne ne peut être satisfait, ce que l’on annonce comme de grandes réformes ne peut pas donner de résultats, car ces « réformes » ne sont en réalité que de petits pas sans effet. Et tout le monde est déçu : ceux qui croyaient dans le changement de modèle comme ceux qui rugissaient qu’il ne faut pas toucher au modèle.

À force de tergiverser et de faire des réformes très raffinées pour plaire à tout le monde mais incompréhensibles, complexes et inefficaces, la France est toujours le pays le plus dépensier et le plus taxé. Championne de la pression fiscale avec plus de 45 % de taux de prélèvements obligatoires, même chose pour de la dépense publique avec 56 %. Notre déficit commercial dépasse toujours les 60 milliards d’euros et notre dette est parmi les plus élevées, 2 219 milliards d’euros en 2017, soit 98 % du PIB et la dette va encore augmenter en 2019 pour atteindre presque 99 %. Il ne faut pas chercher plus loin ce qui freine notre croissance, car pour financer tous ces écarts de gestion, il faut taxer lourdement nos entreprises, notamment pour plus de 70 milliards chaque année sur la production ce qui fait que nos entreprises ne sont pas compétitives et que notre croissance patine.

Les pays qui ont réformé comme la Suède ou la Suisse ou même l’Allemagne ont remis leur système à l’endroit en le mettant au service des citoyens et des entreprises de leur pays, en se posant à chaque fois la question avant de dépenser un euro d’argent public de la nécessité de cette dépense, en évaluant en permanence la charge administrative des entreprises et en évaluant en temps réel l’impact des nouvelles lois sur l’emploi. La plupart de ces pays ont des Parlements forts qui évaluent vraiment les politiques publiques sans être sous la tutelle d’un ministère des Finances qui leur dicterait en permanence les réponses et les chiffres… Pour l’instant, nous ne nous dirigeons pas vers un vrai renforcement du rôle de notre Parlement. Certains pays consultent aussi l’opinion publique comme en Suisse avec les votations, cela permet de prendre des décisions de gestion publique avec l’appui et l’adhésion des citoyens. Notre référendum d’initiative populaire n’existe dans la Constitution que pour faire de la figuration. Il est plus que temps de faire plus confiance aux Français, à la société civile.

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Pourquoi la France est-elle si difficilement réformable ?

La France n’est pas plus difficile à réformer qu’un autre pays européen. À condition de ne pas tomber dans le piège de l’immobilisme de ceux qui parlent le plus fort et qui font semblant de représenter la majorité d’entre nous. Les pro-réformes sont plus nombreux, mais ils sont trop silencieux. Avec ce livre, je veux leur redonner la parole.

En marche vers l’immobilisme d’Agnès Verdier-Molinié (éditions Albin Michel), 275 pages, 20 euros.

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