Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 septembre 2018

Macron était supposé redorer le blason de la France à l’étranger. Le résultat n’est pas tout à fait la hauteur des espérances, et ses tentatives pour réformer l’Europe ont échoué.

La triste réalité est que les belles paroles ne font pas le talent, et ceux qui ont propulsé Macron sur le devant de la scène politique ont de sérieuses questions à se poser sur leur capacité de discernement.

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Macron a été présenté comme le messie. Jupiter disaient-ils ! Par leurs courbettes, les médias dégoulinaient de suffisance et de flagornerie. Son discours fondateur pour l’Europe, prononcé en septembre 2017, était présenté comme sublime. 12 mois, la gueule de bois et les réveils sont difficiles.

L’AFP a comparé ce que l’élu a promis avec ce qu’il a obtenu. L’analyse n’a pas fait la Une des médias. Le constat est triste à lire comparé aux énormes succès de Trump.

Echec de ses réformes institutionnelles

  • Macron voulait opérer une réforme institutionnelle européenne majeure. Il s’est heurté à un mur. La résistance a été à la fois totale et immédiate. Même ses minuscules changements cosmétiques ont été rejetés.
  • Il voulait un budget pour la zone euro. la demande a été acceptée par l’Allemagne en juin, et rejetée par les Pays-Bas, à la tête d’un groupe de petits pays partisans de la liberté des marchés, et qui n’aiment pas trop qu’un super-Etat prenne les rênes et force les riches États membres à donner encore plus aux plus pauvres.
  • L’Allemagne a bloqué son idée de système européen de garantie des dépôts pour les banques, qui a pour but de créer un système bancaire européen unique et intégré.
  • Berlin a refusé son idée d’un ministre des Finances de la zone euro, et celle d’un parlement pour la zone monétaire unique de 19 membres.

Défense

Macron a été plus convaincant dans son appel pour la création d’une force d’intervention rapide européenne. Neuf États membres l’ont approuvée. Mais pas tous…

Sa minuscule proposition pour la création d’une structure permanente afin de simplifier les achats militaires a été approuvée, mais il ne faut pas sortir de l’ENA pour accoucher d’une mesure aussi basique. En revanche, la création d’un nouveau fonds européen d’innovation pour la Défense doté d’un budget de 13 milliards d’euros, a été approuvée.

Macron a également bien compris et bien relayé la demande du président Trump que les Etats signataires de l’OTAN se mettent à jour de leurs cotisations, qu’ils payent ce à quoi ils se sont engagés, et ne laissent pas le fardeau financier sur le dos des Etats-Unis. Lui et la chancelière allemande ont reformulé la demande du président américain en déclarant que « l’Europe ne peut plus compter sur Washington pour assurer sa sécurité et qu’elle doit faire davantage par elle-même. »

Taxes

Macron a suggéré que les grandes entreprises de haute technologie américaines, des entreprises comme Apple, Google et Facebook, payent des impôts dans les pays où elles gagnent de l’argent. Une proposition concrète est attendue d’ici la fin de l’année, mais la résistance de l’Irlande, de Malte et de la Suède pourrait faire capoter l’ambition de la France.

La France avait tenté de pousser l’adoption de la taxe Tobin sur les transactions financières, les discussions se sont enlisées depuis 2011.

Identité européenne

Macron veut promouvoir une identité « européenne », ce qui implique la disparition des identités des États-nations. Problème, il veut en même temps continuer d’encourager une immense migration africaine.

La proposition de création d' »universités européennes », destinée à rassembler différentes institutions nationales qui partageraient leurs étudiants et leur expertise a été adoptée. Cette usine à gaz pour énarques a peu de chance de bouleverser tout un continent, tout comme l’idée de « conventions démocratiques » pour discuter de l’avenir de l’Union européenne dans chacun des Etats membres, alors qu’il n’est nullement prévu l’essentiel, à savoir consulter les peuples sur leur volonté, les dirigeants ne sachant que trop bien – tous les sondages le montrent – qu’ils rejettent massivement l’immigration et l’étouffement de leur culture qui leur est imposée.

Macron voulait aussi faire élire certains membres du Parlement européen issus de circonscriptions européennes, encore un truc de bureaucrates en manque de dossiers inutiles à inventer et d’argent à dépenser. La pompeuse idée a été mise en veilleuse jusqu’en 2024.

Migration

Les nouveaux arrivants, par centaines de milliers en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient, porteurs de la religion islamique qui interdit la démocratie, d’une culture qui rejette les valeurs occidentales (l’OCI, ou Organisation de la Coopération islamique, qui regroupe les Etats à majorité musulmane d’où viennent ces étrangers, a toujours refusé de ratifier la Déclaration universelle des droits de l’homme) restent la principale source de tension en Europe, opposant les États membres de l’Est ainsi que le nouveau gouvernement italien aux autres membres d’Europe occidentale.

La proposition de Macron de création d’une force frontalière de l’UE renforcée a été rejetée par plusieurs États membres, dont l’Italie, parce qu’elle dilue leur souveraineté.

De même, son idée de création d’une autre usine à gaz, un nouveau bureau européen de l’asile, accompagné de l’harmonisation des règles d’asile dans l’ensemble de l’Union, et la mise en place d’un mécanisme de répartition des réfugiés entre les États membres que les Etats plus lucides refusent, sont autant de points qui ne seront pas adoptés. D’ailleurs le sujet est tabou absolu, et les médias ne sont pas autorisés à poser de questions.

Conclusion

Il est d’usage de dire que les élites savent mieux que le bon peuple ce qui est bon pour lui. La dérive de l’Europe, les échecs de Macron, tant en politique intérieure qu’étrangère, apportent la preuve que cette idée sur les élites n’existe que parce qu’elle n’est jamais remise en question.

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