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Publié par Dreuz Info le 29 septembre 2018

Le philosophe a appris que ses cours donnés dans cette association d’éducation populaire qu’il avait fondée en 2002 n’allaient plus être retransmis sur la chaîne publique. Figure de la gauche devenue au fil des années volontiers politiquement incorrect, Michel Onfray dénonce une atteinte à la liberté d’expression.

«J’arrête, cela fait seize ans que je me bats, je passe le flambeau», lâche Michel Onfray, amer, au Figaro. Le philosophe, célèbre pour ses ouvrages à succès et ses sorties souvent hostiles contre le monde politique et médiatique, a annoncé vendredi sur son site «qu’il ne donnerait pas cours cette année, ni les années qui suivront» à l’Université populaire de Caen. Ce penseur athée et libertaire a fondé cette association d’éducation populaire, ouverte à tous et gratuite, en 2002 et y assure chaque année ses enseignements, qu’il prononce devant 1500 personnes. Un petit exploit dans le monde de la philosophie.

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Michel Onfray n’a pas supporté d’apprendre que France Culture mettait un terme à leur collaboration, ce que révélait Marianne dès jeudi. Chaque été, la chaîne radiophonique retransmettait ses cours. Avec succès, puisque, selon lui, «près d’un million de podcasts étaient téléchargés l’été». «Je n’ai même pas été prévenu directement. C’est mon éditeur, Patrick Frémeaux, qui m’a transféré un mail qu’il avait reçu de la directrice de France Culture», explique le philosophe au Figaro. «Sandrine Treiner met fin unilatéralement à [cette] collaboration sur la chaîne qu’elle dirige – avec pour tutelle un ministre nommé par Emmanuel Macron», écrit-il dans son communiqué, laissant entendre que la décision est de nature plus politique qu’autre chose.

Contactée par Le Figaro, la directrice de France Culture a réagi vertement aux propos du philosophe. «Il n’y a aucune pression politique, c’est ridicule. Nous l’avons énormément soutenu, mais il n’y a pas de passe-droit à France Culture et, en termes de pluralisme, la question se posait de diffuser chaque été un seul et même essayiste. Notre antenne est libre de tout pouvoir, du pouvoir politique, mais aussi du pouvoir de Michel Onfray», déclare, agacée, Sandrine Treiner.

«Évidemment, personne n’admettra de pression politique», soupire Michel Onfray, qui estime que la liberté d’expression est en péril. «Certains en ont marre de Zemmour ou de Finkielkraut. Quand il y a une pensée critique, on préfère déconsidérer le penseur plutôt que d’affronter sa pensée. Il faut qu’Éric Zemmour soit raciste. Je ne sais pas ce qu’on va me trouver», lâche le philosophe, moqueur. Alors que Michel Onfray a lancé son Université populaire en 2002 en réaction à l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle l’année précédente, le philosophe n’hésite plus à élargir le spectre de la menace qui pèserait selon lui sur la vie publique. «La lutte contre les idées du FN qui avait motivé la création de l’Université Populaire en 2002, doit désormais être élargie à tous ceux qui mettent en péril la liberté de conscience, de pensée et d’expression. Ils sont bien plus nombreux qu’à l’époque. Plus nombreux et d’autant plus dangereux qu’ils sont désormais au pouvoir», écrit-il ainsi sur son site, visant Emmanuel Macron, qu’il n’épargne pas de ses commentaires politico-philosophiques depuis l’élection présidentielle de 2017.

La directrice de France Culture explique très différemment sa décision. «Les cours de l’Université populaire ont répondu à différents formats. Pendant de longues années, sa «contre-histoire de la philosophie» suscitait énormément de débats et était tout à fait stimulante. Michel Onfray était alors sur la grille de France Culture tout l’été du lundi au vendredi. Mais depuis l’année dernière, il a choisi un format beaucoup plus court et ne fait que reprendre ses livres. La moitié des quatorze heures d’enseignements est consacrée à un débat avec le public. L’été passé, on ne les a plus diffusés que le week-end. Pardon de dire que cela ne correspond plus à nos standards», lâche Sandrine Treiner.

Au-delà de son éviction de France Culture, le philosophe affronte d’autres difficultés avec son Université populaire. L’association entretient en effet des relations difficiles avec la mairie de Caen, où sont organisés la plupart des enseignements. «Pour la deuxième année, la ville de Caen n’a pas été capable de trouver un lieu susceptible de m’accueillir pour que je puisse y donner gratuitement les quatorze séances de mon cours», écrit Michel Onfray. «Le conseil d’administration de l’Université de Caen n’a pas accepté non plus de nous louer l’amphithéâtre de la faculté de médecine. C’est une décision idéologique», ajoute le philosophe au Figaro.

Depuis janvier, tandis que le reste des enseignements trouvaient encore place à Caen, c’est dans une autre ville de Normandie, Deauville, que Michel Onfray prononçait son cours, à l’invitation du maire LaREM Philippe Augier. De «La morphologie de la civilisation judéo-chrétienne» à «Vers la fin de la civilisation», une nouvelle série de quatorze conférences était prévue d’octobre 2018 à mars 2019 dans la station balnéaire. «La directrice de France Culture évoque aujourd’hui un programme d’organisation et me reproche de ne pas l’avoir prévenue assez tôt de mon programme, mais elle l’avait depuis six mois», se justifie le philosophe.

«Dorothée Schwartz, qui porte l’aventure à bout de bras avec moi depuis 2002, assurera l’intendance de l’Université Populaire pour l’année qui vient, conclut Michel Onfray sur son site. L’inauguration de la saison prochaine se fera sans moi le 12 octobre au conservatoire de musique de Caen. L’aventure est désormais entre les mains de tel ou tel de l’équipe qui souhaiterait reprendre le flambeau», conclut Michel Onfray. L’agora normande, qui a ouvert la voie de la philosophie à tant d’initiés depuis seize ans, est en crise. Une page se tourne, celle que Michel Onfray lui-même avait commencé d’écrire il y a seize ans. À l’Université populaire de trouver un nouveau philosophe à contre-courant pour allier pédagogie et liberté d’esprit.

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Source : Le Figaro

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