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Publié par Gaia - Dreuz le 12 octobre 2018

Repas, sorties scolaires, mixité garçon-fille… Dans certains établissements scolaires en France, des élèves reproduisent un comportement jugé communautaire, adopté par leurs parents. Et cela inquiète l’Education nationale.

L’école est-elle de plus en plus victime de dérives communautaires ? Europe 1 a pu consulter en exclusivité une note ultra-confidentielle des services de renseignement, reçue par le cabinet du président de la République, du Premier ministre et de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, sur les signalements de cas de communautarisme musulman dans les établissements scolaires.

Des cas parfois extrêmes. Si le nombre des faits rapportés est stable, les motifs sont de plus en plus inquiétants. Certaines choses ne sont tout simplement plus faisables dans toutes les écoles, pour des motifs religieux. L’exemple le plus frappant, le plus nouveau, signalé dans cette note, est celui d’élèves qui refusent d’avoir cours dans des classes comportant du mobilier rouge, jugé « haram », c’est-à-dire interdit par le Coran. Cet exemple remonte d’un établissement du Nord de la France.

La note mélange différents types de cas, plus ou moins préoccupants. Selon elle, certains enfants refusent de dessiner des représentations humaines (un interdit religieux formel pour de nombreux musulmans). D’autres se bouchent les oreilles quand on passe de la musique en classe, et de jeunes garçons refusent de donner la main à une petite fille. Par ailleurs, les enfants pratiquent le ramadan de plus en plus jeunes, et cela peut poser des problèmes dans l’organisation des cours. À Troyes, des élèves de 6ème ont refusé d’aller à la piscine avec leur classe de peur de « boire la tasse et de casser leur jeûne ».

Les repas, moment de crispation. De nombreux incidents sont d’ailleurs liés à la question des repas. Dans les Bouches-du-Rhône, certains élèves refusent de déjeuner à côté de ceux qui mangent du porc. Dans un collège de Saint-Denis, lors d’un voyage scolaire où on s’apprêtait à servir du poulet et des frites au repas, un incident est survenu. « Sur une cinquantaine d’élèves, 35 d’entre eux ont refusé de manger la cuisse de poulet qui leur était proposée au dîner, parce que ce n’était pas halal. Nous n’avions pas été prévenus, donc nous avons jeté ces 35 cuisses de poulet et ils n’ont mangé que des frites », raconte Yannis Roeder, leur professeur d’histoire.

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Plus préoccupant, en Seine-et-Marne, des élèves musulmans sont aussi stigmatisés par d’autres élèves parce qu’ils mangent de la nourriture ordinaire (non halal) à la cantine. De même, dans le Nord des élèves musulmans sont insultés par d’autres élèves musulmans quand ils mangent des produits qui ne sont pas halal.

De nombreux signalements. Pour certaines familles, il est inconcevable que leur enfant ne mange pas halal, même l’espace d’une semaine. De fait, en Haute-Savoie par exemple, certaines écoles n’organisent plus de séjours en classes de neige, parce que c’est devenu « ingérable », selon elles.

Il y a quelques mois, l’Education nationale a mis en place une plateforme permettant à un enseignant qui se trouve face à une question touchant à la religion de recevoir une réponse, un soutien dans les 24 heures. Elle enregistre environ 30 signalements par jour.

Ces exemples édifiants cités dans la note des renseignements

La note consultée en exclusivité par Europe 1 regorge d’exemples aussi éloquents qu’inquiétants. S’il convient de ne pas en tirer des conclusions générales au plan national, elles éclairent sur des situations préoccupantes au plan local.

Le ramadan pratiqué de plus en plus tôt…

A Mulhouse, une élève de primaire (CM1/CM2) est rentrée d’un cours de sport en état de déshydratation. L’élève était au bord du malaise et refusait de boire de l’eau. Malgré le caractère d’urgence, le père a refusé d’autoriser la directrice à faire boire sa fille sans en référer à l’imam.

…Et parfois pénalisant

A Wittelsheim, dans la banlieue de Mulhouse, l’équipe du lycée s’était qualifiée pour les championnats de France de Futsal UNSS, mais elle a dû déclarer forfait parce que la moitié de l’équipe suivait le ramadan. Ils ont dû renoncer à la qualification, faute d’accord parental. Un « véritable gâchis » pour la direction de l’établissement.

Des pratiques culinaires qui entraînent une fracture

Dans l’Orne, lors des pique-niques en sorties scolaires, certains élèves musulmans déjeunent séparés des autres élèves.

A l’inverse, en Seine-et-Marne, des élèves musulmans sont stigmatisés par d’autres élèves parce qu’ils mangent de la nourriture ordinaire (non halal) à la cantine. De même, dans le Nord, des élèves musulmans sont insultés par d’autres élèves musulmans quand ils mangent des produits qui ne sont pas halal.

Dans les Bouches-du-Rhône, certains élèves refusent de déjeuner à côté de ceux qui mangent du porc.

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Tensions communautaires

Les revendications des élèves non-musulmans se multiplient, par exemple dans l’Ain. Des parents de nombreux établissements s’élèvent contre les cours sur l’islam dans le cadre du cours sur les religions monothéistes. Certains parents estiment que ces cours peuvent « influencer leur enfant à se convertir à l’islam » et s’en plaignent auprès du principal du collège ou même du directeur académique. Certains demandent à leurs enfants de boycotter ces cours ou de rendre « page blanche » aux contrôles sur les religions.

Dans le quartier de Lille Sud, des mamans d’élèves ont été surprises en train de distribuer des tracts devant l’école élémentaire pour réclamer la séparation des garçons et des filles dans l’école « au nom du Coran ».

Source : Europe1

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