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Publié par Gaia - Dreuz le 17 octobre 2018

Environ 200 députés de la majorité ont bloqué plusieurs heures mardi l’entrée de l’Assemblée populaire nationale (APN), cadenassant la porte pour en interdire l’accès à son président, dont ils réclament en vain la démission depuis trois semaines.

Cinq partis de la majorité présidentielle accusent depuis fin septembre Saïd Bouhadja, président de l’APN, Chambre basse du Parlement, de « mauvaise gestion, de dépenses exagérées et illicites et d’un recrutement douteux », notamment.

En tête, figurent le Front de libération nationale (FLN) du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika et le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, détenteurs à eux deux de la majorité absolue. M. Ouyahia et Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN, dont est membre M. Bouhadja, lui ont également intimé publiquement de démissionner.

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Selon Cheikh Berbara, député du Mouvement populaire algérien (MPA), parti proche du pouvoir, au moins 351 députés sur les 462 que compte l’APN ont soutenu mardi « cette action de protestation pacifique visant à réclamer la démission du président de l’Assemblée ».

Les députés ont quitté l’APN mardi à la mi-journée, sans signe de son président, selon un journaliste de l’AFP sur place. « Cette action ne me fait pas peur. Je vais venir », avait pourtant promis M. Bouhadja au site d’information TSA.

En fin d’après-midi, les opposants de M. Bouhadja ont indiqué convoquer une « réunion urgente » mercredi en vue de le remplacer à la tête de l’APN.

« Les huit vice-présidents (de l’APN) et les onze présidents de Commission se réuniront » mercredi pour « faire un constat de vacance » à la tête de l’Assemblée, a expliqué à l’AFP Mourad Bouchareb, président du groupe parlementaire FLN.

Ce constat « ouvrira la voie à l’élection d’un nouveau président », a ajouté Fouad Benmerabet, député du RND.

Lundi, le bureau politique du FLN avait décidé de traduire M. Bouhadja en conseil de discipline, en vue de son exclusion pour « non respect des instructions émanant de la direction politique du parti » présidentiel.

« Image du pays »

Ni la Constitution ni la loi algériennes ne prévoient de procédure pour destituer le président de l’APN. Depuis trois semaines, les Algériens assistent dans les médias aux passes d’armes quasi-quotidiennes entre M. Bouhadja et ses détracteurs.

Plusieurs partis d’opposition se sont insurgés mardi contre le blocage de l’accès de l’APN, y voyant une atteinte aux institutions.

Député du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), Ouamar Saoudi a dénoncé devant la presse « une agression contre le Parlement » qui « vient (…) du bureau politique du FLN ».

Ahmed Sadok, président du groupe d’opposition du Mouvement de la société pour la Paix (MSP, islamiste), a lui fustigé une « action qui ne fait honneur ni aux députés ni au Parlement ni à l’image du pays ».

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Il a appelé les parlementaires opposés à M. Bouhadja à agir de façon « légale », soulignant que « pour le moment, rien ne l’empêche d’assumer ses fonctions ».

Les motifs réels de cette crise restent flous. M. Bouhadja attribue ses déboires à sa décision de limoger fin septembre le secrétaire général de l’Assemblée, réputé proche de certains caciques du FLN.

Les députés opposés à M. Bouhadja entravent depuis plusieurs jours les activités parlementaires. Le député FLN Toufik Torche a ainsi indiqué mardi à l’AFP que la Commission des Finances qu’il préside refusait d’examiner en l’état le projet de loi de Finances 2019 que lui a soumis M. Bouhadja.

Source : Tv5monde

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