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Publié par Bernard Martoia le 30 octobre 2018

L’excellent article de Jean-Patrick Grumberg « A quand un Trump en France » ressemble à la pièce de Samuel Beckett « En attendant Godot. »

En décembre 2009, Claude Reichman me demanda de servir d’interprète lors de la venue en France de José Pinera, ancien ministre du travail du général Pinochet. Surpris par son offre, je l’acceptai immédiatement en comprenant son grand intérêt pour les camarades socialistes. Je n’utilise pas la formule bourgeoise «chers compatriotes» car la France est un pays socialiste.

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Aucun parti français ne revendique l’abolition du monopole de la Sécurité sociale pourtant reconnu par la Cour de Justice de l’Union européenne dans son arrêt du 3 octobre 2013 concernant les pratiques déloyales de concurrence en matière d’assurance sociale en Allemagne.

Intitulé BKK Mobil Oil Körperschaft des öffentlichen Rechts, cet arrêt se conclut par la formule limpide :

« La directive 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil, du 11 mai 2005, relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs dans le marché intérieur et modifiant la directive 84/450/CEE du Conseil et les directives 97/7/CE, 98/27/CE et 2002/65/CE du Parlement européen et du Conseil et le règlement (CE) nº 2006/2004 du Parlement européen et du Conseil («directive sur les pratiques commerciales déloyales»), doit être interprétée en ce sens que relève de son champ d’application personnel un organisme de droit public en charge d’une mission d’intérêt général, telle que la gestion d’un régime légal d’assurance maladie. » (1)

Malgré la limpidité de l’arrêt de la CJUE, la Cour de Cassation osa dire que cet arrêt ne concerne pas la Sécurité Sociale dans sa décision du 18 juin 2015. Ironie de l’histoire, les juges français ont voulu jouer l’appel du général de Gaulle.

Pour ceux qui ignorent qui est José Pinera, il a fait la plus grande réforme économique mondiale de la deuxième moitié du vingtième siècle en introduisant la retraite par capitalisation au Chili. Pour bien marquer qu’elle était dans l’intérêt des travailleurs dans la logorrhée marxiste, la retraite par capitalisation fut introduite le 1er mai 1981, le jour de la fête du travail.

La retraite par capitalisation était la pièce maîtresse des réformes économiques libérales introduites au Chili après le coup d’État du 11 septembre 1973. Ce pays était ravagé par l’hyperinflation engendrée par le gouvernement socialiste du président Salvador Allende.

Comprenne qui pourra mais ce dernier est vénéré en France où il fait figure de martyre alors qu’il a ruiné son pays. Formés à l’université de Chicago dominée par la pensée de Milton Friedman, de jeunes économistes chiliens furent les artisans du miracle. L’hyperinflation fut terrassée, la croissance reprit et s’accéléra. Preuve de leur bonne gestion du pays, le ratio de la dette du Chili par rapport à son PNB tomba à 8%.

Depuis le retour au pouvoir des socialistes avec les deux mandats de la présidente Michelle Bachelet, la dette est remontée à 16%. Toutefois, les socialistes chiliens n’ont pas osé toucher à la retraite par capitalisation instaurée par Pinera alors que le gouvernement de Vichy le fit en catimini par décret en 1941.

Camarades socialistes, vous qui fleurissez les tombes de vos héros et leur donnez des noms de rues, vous qui vénérez Pierre Laroque, fondateur de la Sécurité sociale, vous devriez aller aussi fleurir la tombe du maréchal Philippe Pétain et lui donner un nom de rue dans chaque commune pour vous avoir octroyé la retraite par répartition en spoliant les rentiers. Soyez cohérent !

Si Jose Pinera fut reçu seulement par Claude Reichman en France, c’est parce que la politiciens et les journalistes français ne voulaient pas entendre parler de la retraite par capitalisation.

Aujourd’hui, les retraités voient leur retraite gelée pour rester dans les clous du traité de Maastricht, approuvé par référendum en France en 1992. Camarades socialistes, soyez cohérent ! Vous ne pouvez pas critiquer l’Allemagne pour nous imposer l’austérité alors que c’est Mitterrand qui a voulu l’union monétaire. Le chancelier Kohl ne l’accepta qu’à condition que la nouvelle monnaie soit aussi forte que le mark.

Étant retraité à mon tour, j’en subis les conséquences comme tous mes camarades. Mais contrairement à eux, je comprends pourquoi ma retraite est gelée. La retraite par répartition est une pyramide de Ponzi. Le miracle ne fonctionne que lorsqu’il y a plus d’entrants que de sortants. Qu’est-ce qu’on vous a appris à l’école, chers camarades socialistes ? Que la retraite par répartition serait plus juste que la retraite par capitalisation ? Ah bon ? Mais alors comment se fait-il que les camarades socialistes chiliens ne l’aient pas aboli dès qu’ils sont retournés aux affaires ?

Face à la gronde des retraités, le président quadragénaire demeure impitoyable et inflexible car il ne se sent nullement concerné pour son avenir personnel. Pour lui, les retraités ne comptent pas. Ils peuvent râler tant qu’ils veulent. Il ne les craint pas car ils ne peuvent plus faire une révolution. C’est un calcul cynique mais logique de sa part. Comme toute la classe politique, Macron ne craint que la jeunesse des banlieues à qui tout est donné pour acheter la paix. Menée depuis deux décennies, cette politique munichoise touche à sa fin car les caisses de l’État sont vides.

Les énarques ont beau raboter les niches fiscales ou inventer de nouvelles taxes en se levant le matin, la dette devient incontrôlable lorsqu’elle dépasse le seuil fatidique de 90%. C’est ce qu’ont analysé les deux économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff dans leur passionnant essai au titre ironique : « This time is different : eight centuries of financial folly. »

Les électeurs de Mélenchon et de Marine Le Pen partagent la même analyse. La dette n’est pas un problème. On ne la rembourse pas et on fait un bras d’honneur aux créanciers. Chiche ! Comme l’État pourrait-il payer les retraites et les fonctionnaires sans l’aide internationale ? Pas de réponse de ces deux bateleurs d’estrade qui rassemblent néanmoins 40% de l’électorat français. La crasse ignorance des camarades socialistes en matière économique trouve sa cause dans l’enseignement public, les services publics, les médias, la justice sociale, les syndicats marxistes, l’ENA et bien d’autres bastions tenus par la gauche.

Ni Trump ni Pinera ne sont bienvenus chez les camarades socialistes. Alors que faire ? Attendre que la France fasse faillite et que le chaos s’installe avec une guerre civile lorsque les banlieues s’enflammeront ? Les cartésiens français croient à la quadrature du cercle, les pieux à une nouvelle Jeanne d’Arc. N’en déplaise aux camarades, la réponse est dans l’exemple chilien par un coup d’État militaire en remplaçant l’énarque Macron par un général éclairé comme le fut en son temps Augusto Pinochet. En attendant Godot ou en attendant Pinochet ? A vous de choisir.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

(1) http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=142606&doclang=FR

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