Publié par Sidney Touati le 29 octobre 2018

Le dernier film de Gilles Lellouche, « Le Grand bain », fait le portrait au vitriol d’une France à la dérive.

Tous les personnages qui participent à cette dérisoire et ubuesque entreprise -compétition mondiale de natation synchronisée masculine- sont des grands invalides sociaux. Des êtres brisés, sans énergie, des losers qui ont tout raté.

Les relations sociales atteignent ici le degré zéro de l’existence. La misère a envahi toutes les sphères, celles de la vie intime, familiale, professionnelle y compris celle de la structure psychique.

Le tableau que dresse Lellouche du peuple français est d’une noirceur inégalée à ce jour.

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Le peuple, ce grand oublié de la construction européenne, est à l’image de son industrie et du mépris que ses dirigeants lui portent. C’est un peuple en friche, abandonné, dont un tiers de ses habitants a été envoyé à la Casse de l’Histoire. Une sorte de décharge sociale à ciel ouvert où se retrouvent, hagards, ceux que l’histoire récente a rejetés et broyés.

Chacun survit comme il peut dans une fuite désespérée. Tous ont recourt au paradis artificiel, alcool, drogues, rêves fous.

Un peuple qui n’a plus que ses rêves pour affronter la compétition internationale et la croyance en un improbable miracle pour sortir du gouffre dans lequel on le précipite chaque jour davantage.

La France de Macron que nous dépeint Gilles Lellouche, fait penser à l’Amérique de « Macadam-Cowboy », celle d’avant Reagan, livrée au désespoir.

Quelques petites lumières dans cet univers glauque : une « beurette » invalide hyper-autoritaire, médium d’un miracle inespéré ; une petite ado lucide et aimante qui fait la leçon à un père perdu dans son rêve ; une femme qui persiste à aimer son mari dépressif.

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Cerise sur le gâteau, Gilles Lellouche ne cède pas aux sirènes du temps : c’est le triomphe de la virilité gauloise, par essence hétérosexuelle, que récompense le jury de cette improbable compétition.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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