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Publié par Abbé Alain Arbez le 5 novembre 2018

Marc (5, 21-43)

Résurrection d’une petite fille et guérison d’une femme

Jésus regagna en barque l’autre rive et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord du lac. Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment: «Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.» Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Car elle se disait : «Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.» À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait: «Qui a touché mes vêtements ?» Ses disciples lui répondaient : «Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes: “Qui m’a touché ?”» Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit: «Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci: «Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ?» Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : «Ne crains pas, crois seulement.» Il ne laissa personne l’accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : «Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort.» Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la petite fille. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit: «Talitha koum», ce qui signifie: «Jeune fille, je te le dis, lève-toi!» Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés.

Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache puis il leur dit de la faire manger.

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Habituellement, c’est l’évangile de Luc qui met en valeur la place des femmes autour de Jésus. Ici, l’évangile de Marc nous présente la situation de détresse de deux femmes, mais il nous fait aussi méditer sur notre fragilité en tant qu’êtres humains, créés à l’image de Dieu. Certes, nous sommes tous appelés à un avenir heureux en union avec Dieu, mais dans la vie quotidienne, nous sommes aux prises avec des situations éprouvantes.

En nous mettant face au sort de deux femmes, Marc nous montre l’intérêt que Jésus leur porte. Mais, de même que la Samaritaine représente toute la communauté de Samarie, ces deux femmes symbolisent chacune les problématiques des communautés du 1er siècle. Les plus anciennes comme les plus récentes, et nous allons découvrir pourquoi. A travers leur histoire personnelle, l’évangile nous aide à reconsidérer des problèmes ressentis sur le moment comme insolubles, et l’on pourrait faire le parallèle avec la grave crise que traverse l’Eglise de nos jours.

Il est principalement question de deux femmes, une toute jeune et une plus adulte. Paradoxe : la fille du chef de la synagogue, Yaïr, n’est pas encore femme, et l’autre, adulte, au contraire ne l’est déjà plus.

La plus jeune est à l’âge où la jeune femme s’éveille, et voici que prématurément elle se trouve à toute extrémité. Son évolution et son avenir sont brutalement compromis.

Quant à son aînée, l’autre femme, déjà mature, c’est l’inverse : sa féminité est également remise en cause, mais en raison de pertes de sang qui depuis douze ans la rendent impure et donc selon la loi intouchable par un mari.

Deux destinées, deux avenirs de femmes remis en question, et voici que Jésus va rendre à toutes deux leur vie et leur dignité, à partir d’une demande, d’une attente qui lui est manifestée. La situation d’échec va être, grâce à Jésus, parole du Père, retournée en situation de vie.

Nous voyons surtout ici combien la pratique de Jésus est centrée non pas sur des rites, mais sur les personnes et sur le bien qu’il peut leur apporter. Et la mise en œuvre du salut se fait tout autant en direction des femmes que des hommes : Dieu veut l’accomplissement de chaque être humain et il agit à travers Jésus pour que tout obstacle à la vie soit levé.

Habituellement, dans la pensée traditionnelle sur le pur et l’impur, le courant passe en négatif, à partir du malade ou du mourant vers le bien-portant, et c’est pourquoi les observances veillent à mettre des interdits qui servent de barrières protectrices. Avec Jésus, la problématique s’inverse totalement : la vie circule au contraire en positif, à partir de sa personne qui rayonne de la Présence divine vers ceux et celles qui souffrent. Et c’est ainsi que Jésus les remet debout au nom d’une Parole qui est toujours bénédiction. C’est dans cette logique de vie que ces deux femmes sont prises en considération et réintégrées dans le circuit des vivants.

Lorsque Jésus dit à la jeune fille « talita koum, lève-toi ! » une femme peut naître en elle, alors qu’elle vient de traverser une mort à la fois biologique, sociale et spirituelle.

Lorsque, sentant qu’une force est sortie de lui, Jésus dit à l’autre femme qui a timidement frôlé la frange de son manteau (tsitsit): « ta foi t’a sauvée », celle-ci retrouve son intégrité féminine et sa santé. Nous constatons que la rencontre avec Jésus, avec son enseignement de vie, la force d’amour qui émane de lui, a changé le cours des choses pour ces deux femmes situées à des étapes différentes de leur vie.

Mais tentons maintenant une deuxième approche de cet évangile, car il semble que ces deux figures féminines n’ont pas qu’une signification simplement individuelle. Ce texte porteur d’espérance en la puissance de résurrection a une portée encore plus grande que des guérisons individuelles. Son message n’a rien perdu de son actualité : dans la Bible, le sang, c’est la vie.

A travers le cas de cette femme adulte qui perd son sang depuis tant d’années et dont les forces s’épuisent, on peut penser tout d’abord à ces effusions de sang interminables qui affectent et appauvrissent notre humanité un peu partout dans le monde. Mais on peut également – à un autre niveau – y entrevoir une communauté ecclésiale de la période apostolique, qui, malgré des efforts soutenus au plan humain, ne parvient pas à résoudre la crise et à franchir les étapes de son développement.

Seule la rencontre profonde avec le Christ insufflera la vitalité nécessaire et apportera des solutions de renouveau spectaculaires.

A travers le cas de la jeune fille tétanisée qui ne parvient pas à accéder à la maturité, on peut aussi imaginer toutes ces régions du monde saignées à blanc par des détresses de toutes sortes, stoppées dans leur développement, et qui par conséquent n’arriveront pas à offrir un avenir digne de ce nom à leurs enfants.

Mais on peut également évoquer ces jeunes communautés chrétiennes qui ont de la difficulté à passer à un niveau de maturité et de croissance supérieure, par manque de forces vives locales, sans dépendre d’un assistanat extérieur. Seule une relation au Christ plus vivante leur communiquera la synergie qui leur fait défaut et leur communiquera l’élan d’autonomie spirituelle dont elles ont besoin.

Admirons au passage la confiance de la femme aux pertes de sang qui avec son immense espoir touche timidement les franges du manteau de Jésus. Lui qui n’est pourtant pas un magicien, va rendre justice à cette femme, elle sera aussitôt libérée du mal qui l’assiège depuis si longtemps.

L’attitude de cette femme peut également nous faire penser à tous ces gens éloignés de la foi et de l’Eglise qui, à l’occasion d’un événement, effleurent un peu « dans la marge » le mystère de l’Eglise, dont ils attendent peut-être inconsciemment quelque chose pour leur existence. Ainsi, de cette frange de non pratiquants peuvent naître des prises de conscience et des retours à la foi.

Jeune fille lève-toi ! Koum C’est le même mot que pour dire ressusciter…Par conséquent, ce qui parfois nous paraît à vue humaine sans issue, peut en fin de compte receler un espoir caché, que nous ne voyons pas, mais que Dieu connaît dans le secret de son cœur de père.

On pourrait méditer cette ancienne et belle hymne baptismale gravée sur les sarcophages des catacombes de Rome, et qui est de circonstance : Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera!

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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