Publié par Jean-Patrick Grumberg le 5 novembre 2018

Les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran annoncées par le président Trump la semaine dernière entrent en action ce lundi 5 novembre.

Ces sanctions, qui représentent celles que le président Obama avait levées avec la signature de l’Accord sur le nucléaire, vont mettre l’Iran, principal sponsor du terrorisme dans le monde, à genoux, d’autant qu’il a perdu 2 milliards de dollars de recettes pétrolières depuis mai dernier.

La période de 180 jours donnée par l’administration Trump aux importateurs de pétrole de Téhéran pour arrêter complètement leur approvisionnement en brut iranien tombait le 4 novembre. Quelques pays ont obtenu un passe-droite, « parce qu’ils ont besoin de plus de temps pour trouver des sources d’approvisionnement alternatives » a déclaré ce matin le secrétaire d’État Mike Pompeo.

Les exportations pétrolières iraniennes ont chuté de 36 % à 1,6 million de barils par jour à la fin septembre, contre 2,5 millions de barils par jour à la fin avril, soit près de 900 000 barils par jour, selon les données Bloomberg (1).

Pourtant, la perte des marchés pétroliers n’est pas leur seule douleur à venir.

Les nouvelles sanctions vont atteindre une infrastructure bancaire déjà faible, qui avait contraint de nombreux prêteurs iraniens à offrir des taux d’intérêt insoutenables de 30%.

L’Iran a besoin de devises fortes pour payer ses importations et moins il vend de pétrole, moins il peut payer en dollars ses biens et services.

Le rial ayant perdu jusqu’à 75 % de sa valeur depuis le début de l’année, ce qui alimente l’inflation, Fitch estime que l’inflation en Iran s’établira en moyenne à 33,2 % au cours de l’exercice 2018-2019, soit près du double de la prévision précédente de 17 %.

L’an dernier, il s’établissait à 9,6%.

« Nous estimons qu’il est peu probable que les autorités iraniennes soient en mesure de répondre pleinement à la demande d’importations sur une période de temps prolongée sous des sanctions américaines plus sévères », a déclaré Mme Skjelland, analyste au Fitch Groupe. « Nous croyons donc qu’il est probable que les autorités finiront par dévaluer le taux de change ou par restreindre la définition des produits de base qui peuvent être importés à ce taux.

L’inflation atteindra 35 % cette année et 40 % en 2019, selon l’Institute of International Finance. Les importations devraient chuter de 10 % en volume en 2018 par rapport à l’année précédente.

L’UE prévoit de mettre en place un mécanisme de paiement spécial pour permettre à ses entreprises d’acheter du pétrole à l’Iran et aux autres de contourner les sanctions américaines. Mais les entreprises européennes, placées devant le choix de commercer avec les Etats-Unis ou d’affronter les sanctions américaines en s’engageant sur le marché minuscule, incertain et moribond de Téhéran, ont vite fait leurs comptes et choisi.

L’Iran a mordu la poussière, il va devoir la manger tant qu’il ne renoncera pas à l’arme nucléaire. Israël craignait devoir intervenir militairement. La doctrine Trump pourrait réserver de bonnes surprises.

« L’économie iranienne va s’effondrer sous la pression des sanctions américaines si le régime n’accepte pas un accord nucléaire modifié qui réponde aux exigences de sécurité du président Trump », a averti ce matin Mike Pompeo.

Par ailleurs, une vidéo circule sur Twitter, publiée par Heshmat Alavi, montrant que le slogan « mort à l’Amérique » est surtout le fait d’activistes au service du régime.

Des militants ont placé au sol un drapeau américain dans l’espoir qu’il serait piétiné. Au lieu de cela, les Iraniens l’évitent. « Les Iraniens n’ont pas de haine contre les Américains » dit le blogger.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

(1° https://www.thenational.ae/business/economy/iran-s-losing-game-to-sell-oil-may-not-be-the-only-pain-ahead-1.786866

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