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Publié par Gaia - Dreuz le 18 novembre 2018

C’est le premier ministre François Legault qui va être content : l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique, une promesse caquiste pendant la dernière campagne électorale, rallie une forte majorité de Québécois, quel que soit le symbole en question. Mais elle est également polarisante, selon un sondage Mainstreet qui montre une opposition particulièrement forte au port du niqab par des fonctionnaires.

À l’énoncé «les employées de la fonction publique ne devraient pas être autorisées à porter le niqab, un article vestimentaire traditionnel islamique porté par certaines femmes qui couvre le visage», pas moins de 56 % des répondants se sont dit «fortement» d’accord et 15 % «assez», pour un total de 71 %, contre seulement 23 % qui se sont dits assez ou fortement en désaccord.

L’appui à l’interdiction pour les fonctionnaires est un peu moindre pour le turban (61 %) et la kippa juive (57 %), mais demeure fort. En fait, même le kara, un simple bracelet porté par les sikhs, rallie une majorité contre lui : 51 % des sondés se sont dit contre son port dans la fonction publique, contre 42 % qui croient qu’on devrait le permettre. Les journaux de Groupe Capitales Médias ont obtenu ces résultats en exclusivité chez les médias francophones.

«Personnellement, je gagerais que beaucoup des gens qu’on a interviewés ne savaient pas ce qu’est qu’un kara avant qu’on leur pose la question. Alors je pense que ce n’est pas une opposition envers un signe religieux en particulier, c’est plutôt une opposition envers l’idée même des signes religieux», analyse Steven Pinkus, sondeur chez Mainstreet.

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Quoi qu’il en soit, la question polarise. À l’exception du niqab, pour lequel la deuxième réponse la plus populaire fut «plutôt d’accord» avec l’interdiction, ce sont les positions extrêmes qui ont obtenu le plus d’appuis — même si, répétons-le, la préférence pour la prohibition est très claire. Pour le kara, par exemple, 37 % se sont dits «fortement d’accord» avec son interdiction pour les fonctionnaires; la deuxième réponse la plus fréquente ne fut toutefois pas «plutôt» d’accord, mais bien «fortement en désaccord», avec 23 %, les deux réponses mitoyennes recueillant 14 et 19 % d’appui.

De la même manière, on note un clivage très marqué sur la base de la langue — à l’exception encore une fois du niqab, dont 53 % des non-francophones pensent qu’il n’a pas sa place dans la fonction publique. Ainsi, 47 % des francophones sont fortement en faveur d’une interdiction de la kippa, alors que 45 % des anglophones et des allophones sont fortement en désaccord. La même opposition prévaut au sujet du turban (51 % très en faveur de l’interdiction chez les francos contre 41 % très opposés chez les non-francos) et du kara (40 contre 43 %).

De manière générale, l’opposition aux signes religieux est plus forte à Québec et en région que dans l’île de Montréal et dans les banlieues montréalaises. «Dans l’île et dans certaines banlieues comme Laval, il y a de grandes communautés culturelles. Alors les gens sont plus exposés à ces différences-là, ils y sont plus habitués, donc la résistance est moins forte», estime M. Pinkus.

Le crucifix

La question du crucifix à l’Assemblée nationale polarise elle aussi, mais pas sur une base linguistique — les différences entre la majorité francophone et les autres étant minces. Dans l’ensemble, 29 % se disent très en faveur de son retrait et 32 % y sont très opposés, les positions modérées ne recueillant que 13 à 18 % d’appuis.

Il est toutefois un symbole religieux sur lequel tout le monde s’entend : la croix du mont Royal. Tout le monde est très en faveur de son maintien, tant chez les francos (67 %) que chez les autres (60 %).

«J’ai entendu des gens dire que c’est la Charte de la laïcité qui a coulé le Parti québécois [PQ] en 2014, d’autres qui disent que c’était la souveraineté ou autre chose. Je pense que la CAQ a fait le calcul qu’il y avait réellement une majorité qui était contre les signes religieux, et on voit maintenant qu’ils ont eu raison», dit M. Pinkus.

Satisfaction des partis

D’ailleurs, la Coalition avenir Québec (CAQ) jouit d’une certaine lune de miel présentement. Mainstreet a mesuré un taux de satisfaction de 53 % (40 % d’insatisfaits) à l’égard du résultat des élections. En outre, le parti fait légèrement mieux dans les intentions de vote mesurées dans le sondage (39 %) qu’au scrutin (37,4 %).

Les nouvelles sont moins bonnes pour le PQ, cependant. Il ne recueille que 14 % d’appui dans ce sondage, soit trois points de moins qu’à l’élection. Québec solidaire fait le chemin inverse — de 16 % le 1er octobre à 19 % maintenant.

L’absence de chef au PQ pourrait bien expliquer la baisse du parti de René Lévesque, estime M. Pinkus. D’ailleurs, on remarque également une petite baisse du côté des libéraux, qui sont eux aussi sans chef depuis le scrutin.

Mainstreet a mené son sondage auprès de 896 répondants du Québec les 6 et 7 novembre derniers, grâce à des appels automatisés. La marge d’erreur pour un tel échantillon est d’environ ± 3,5 % 19 fois sur 20.

71 %
«fortement» ou «assez» d’accord avec l’énoncé «les employées de la fonction publique ne devraient pas être autorisées à porter le niqab, un article vestimentaire traditionnel islamique porté par certaines femmes qui couvre le visage»

42 %
des Québécois en faveur du retrait du crucifix à l’Assemblée nationale

51 %
en faveur du maintien du crucifix

67 %
des Québécois francophones en faveur du maintien de la croix du mont Royal, alors que les autres Québécois sont en faveur à 60 %

53 %
Le taux de satisfaction du nouveau gouvernement caquiste

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Source : Lesoleil

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