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Publié par Sidney Touati le 25 novembre 2018

Depuis quelques jours, la France est le théâtre d’un vaste mouvement social, inédit dans sa forme. Des centaines de milliers de « Gilets Jaunes » bloquent le pays. Combien étaient-ils dans la rue ? 300 000 ? 500 000 ? Pour apprécier l’importance de ce nombre il convient de préciser que 75% des Français approuvent et sont solidaires des « Gilets Jaunes ».

Les observateurs sont perplexes. Chacun s’interroge sur la véritable portée du mouvement, sur ses éventuelles conséquences. Révolte ? Jacquerie ? Prémisse d’une révolution ?

Le pouvoir est crispé. Le Président, muet. Aucun dialogue entre pouvoirs publics et « révoltés ». Le blocage semble total.

Les « Gilets Jaunes » sont déterminés à poursuivre le combat. Ils appellent à un vaste rassemblement à Paris, le samedi 24 novembre.

L’inscription de cet évènement dans l’histoire récente montre qu’il est le résultat d’un lent processus.

Depuis les années 1970, après notamment le premier choc pétrolier, la politique mise en œuvre par les différents gouvernements a conduit le pays dans l’impasse pour ne pas dire au bord du gouffre.

Concrètement, la construction européenne s’est traduite par la destruction d’une grande partie du potentiel industriel de la France, principalement au profit de l’Allemagne et de la Chine.

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Pour rendre indolore ce processus, on a utilisé massivement l’arme du social. Et pour financer le coût de la « charité sociale » et de « l’assistanat » généralisés, on a augmenté les impôts, les taxes et les charges sociales dans des proportions considérables. Le total de ces prélèvements obligatoires atteint le chiffre faramineux de 46% du PIB. Un record absolu. L’Etat ou plutôt les bureaucraties, pour mettre en œuvre cette politique de destruction massive, consomment 57% de la richesse produite.

L’Europe a engendré un monstre : le social-libéralisme-bureaucratique.

Depuis 1970, les prélèvements obligatoires ont plus que doublé. Le chômage de masse est devenu structurel. La dette publique explose. La balance commerciale est déficitaire. L’immigration de masse est un échec absolu.

La France est coupée en deux. D’un côté, 20% (en gros les électeurs de Macron) qui tirent profit de la construction européenne et de la mondialisation ; de l’autre, 80%, soit l’immense majorité du peuple, qui assistent impuissants à cette chute méthodiquement programmée. Neuf millions sombrent dans la pauvreté voire dans la misère. Des milliards sont gaspillés dans l’accueil des « migrants » dont on ne sait que faire.

Avec les fermetures des usines, les délocalisations… et l’exode fiscal massif des plus grandes fortunes, (Bercy refuse de communiquer sur cette question), le poids des prélèvements obligatoires repose essentiellement sur les classes moyennes. Celles-ci, paupérisées, matraquées, traquées, ont atteint la limite du supportable. Comment fuir cet enfer est la question que tout un chacun se pose aujourd’hui.

Le gouvernement Macron poursuivant l’aveugle politique de ses prédécesseurs, commet l’irréparable. Il élargit l’assiette des prélèvements et se met à ponctionner les plus pauvres, les plus démunis, ceux dont les revenus sont les plus faibles, ceux qui vivent pour partie ou en totalité des aides publiques.

Symboles de cette dérive : la diminution de l’aide au logement, l’augmentation des taxes sur les carburants et les péages autoroutiers, l’augmentation des PV de stationnement, de circulation, le tout sur fond de stages merdiques, de diplômes dépréciés, de petits boulots, de « zones de non-droit » où prolifèrent la drogue, les trafics en tous genres, la peur… Vivre dans la crainte d’être agressé, d’être licencié, de tomber sous le couperet de la mécanique du retrait de permis… Peur de la dégringolade, de la chute sans fin.

La crise des « Gilets Jaunes » n’est pas une jacquerie, une révolte concernant une catégorie de la population en particulier. Le combat des « Gilets Jaunes » est l’expression d’un ras-le-bol généralisé de toute la population française. Les enquêtes d’opinion l’attestent : le mouvement reçoit le soutien de 75% des Français.

Les « élites » syndicales, politiques, associatives, culturelles… regardent sans comprendre cette France qui souffre, qui gronde, qui se réveille.

Macron ne gouverne pas. Il impose à un peuple épuisé une politique qui le détruit.

La coupure entre le peuple et ceux qui sont censés le représenter est totale. La démocratie est moribonde.

Ceux qui sont dans la rue, ceux qui bloquent les routes, ne sont que l’avant-garde d’un peuple qui refuse d’être sacrifié sur l’autel d’une construction européenne qui elle-même prend l’eau de toute part, qui a été incapable d’apporter la sécurité aux peuples qu’elle prétend unir.

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L’histoire de l’Union européenne est très exactement l’histoire du sacrifice de la nation française.

La politique suivie par le président Macron n’est que l’ultime avatar de l’exécution programmée d’un peuple, d’une culture, d’une civilisation.

Si le gouvernement, si les partis politiques classiques, si les syndicats restent sourds ou en dehors du mouvement, alors celui-ci livré à lui-même ira où vont les peuples mus par le désespoir : dans le vide.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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