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Publié par Gilles William Goldnadel le 26 novembre 2018

Dans mon dernier livre Névroses médiatiques ou comment le monde est devenu une foule déchainée (Plon), je raconte d’où vient le beauf. Ce français blanc franchouillard que la gauche française xénophile aura méprisé et peint en vert-de-gris. Je prouve – preuves historiques et sémantiques à l’appui – qu’il est le fils maudit du B.O.F, ce marchand de beurre, d’œufs et de fromage que Jean Dutourd a décrit de façon si savoureuse et qui collaborait avec l’occupant nazi par mercantilisme sordide.

Sauf que pour Dutourd, ou encore pour Marcel Aymé, le bof était l’exception que l’on moquait profondément alors que pour la gauche française, le beauf incarne la France profonde que l’on dénigre à l’infini. Ce racisme anti blanc franchouillard aura laissé penser aux enfants d’immigrés que tous les Français, tous les Dupont-la-joie, étaient les enfants du maréchal Pétain. Avec les résultats que l’on connaît.

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Mais c’est fini, la vieille ficelle de l’intrigue qui a tourné au drame est usée jusqu’à la trame. Et désormais, le beauf s’est rebiffé. On peut toujours vouloir le peindre en vert-de-gris, lui se colore en jaune. Et il descend dans la rue. La majorité n’est plus silencieuse, voilà qu’elle devient sonore. La périphérie est devenue le centre. Elle n’est pas extrémiste, mais désormais extrêmement indifférente à l’insulte. Les lépreux sont devenus sourds aux injures des crétins mondains.

Et le blanc n’est plus transparent, et il peut être jaune. Mais le noir et le marron peuvent aussi être jaunes. Et tous sont bleus blancs et rouges. Tant pis pour ces derniers. Ils lisent la presse du haut, comme ils lisent la presse souterraine, et même la fâcheuse sphère.

On peut bien le traiter de populiste, de fâcheux ou de fasciste ou de poêle à frire, tout cela n’a plus d’importance. Il est devenu cambronniste. Le beauf se rebiffe. On lui taxe son diesel mais pas ce kérosène qui permet à tous les écolos bobos de partir aux Seychelles. C’est Louis de Funès et Bourvil qui traversent Paris contre Georges Clooney qui leur fait la leçon du haut de la colline de Beverley.

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Mais le beauf n’a désormais plus cure des leçons des curés de l’église cathodique. Le beauf est dans la rue et Jupiter le petit comme les petits clercs qui l’ont trahi n’y peuvent plus faire rien.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

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