Publié par Magali Marc le 5 novembre 2018

Durant cette campagne électorale de mi-mandat, les Démocrates ont surtout attaqué Trump et promis de le destituer s’ils obtiennent le contrôle de la Chambre des Représentants comme ils l’espèrent. Mais Mark Penn, un stratège démocrate de premier plan, pense que les Démocrates ont préféré générer des insultes plutôt que des idées novatrices.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cette analyse de Mark Penn*, publiée sur le site de Fox News.

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Les Démocrates ne comprennent pas le secret de la réussite de Trump.

Il ne fait aucun doute que le président Trump est la force la plus perturbatrice en politique aujourd’hui.

Ce président a mis en pièces les manuels de stratégie politique. Sa survie politique après deux ans au pouvoir est un miracle des temps modernes, et ses résultats sont meilleurs que ceux des présidents Obama et Clinton.

L’arme la plus redoutable du président Trump jusqu’à présent n’a pas été l’insulte – dont il s’est abondamment servie – mais les idées qu’il a mises de l’avant.

Prenez son idée de mettre fin à la nationalité par la naissance (droit du sol). Je ne peux pas dire que je l’appuie. Ce n’est pas le cas. Mais ce n’est ni une insulte, ni du racisme, ni une mauvaise blague. C’est une idée qui met l’accent sur les répercussions d’une politique d’ouverture des frontières. Et c’est même une idée que l’ancien leader démocrate du Sénat, Harry Reid, du Nevada, avait défendue énergiquement.

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Une autre idée de Trump sur l’immigration est son soutien à la création d’une voie vers la citoyenneté pour les jeunes amenés illégalement aux États-Unis lorsqu’ils étaient des enfants dans le cadre du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals), en échange de trois choses : un mur à notre frontière avec le Mexique ; une fin à la loterie de l’immigration ; et une réduction du regroupement familial (également connu comme la réunification des familles) qui permet aux immigrants de venir aux États-Unis pour y retrouver des parents.

Demandez à pratiquement n’importe quel électeur et il vous répondra que le président Trump veut réduire l’immigration et sécuriser nos frontières. C’est à peu près la position la plus claire qu’on puisse imaginer.

Trump a fait du dilemme les idées versus les insultes un faux choix tout en pratiquent les deux.

Alors que les Américains s’opposent fermement à la division des familles à la frontière, ils ont toujours appuyé, dans les sondages, la position globale du président visant à rétablir la sécurité à la frontière.

L’ancien président Obama et l’ancien sénateur Bernie Sanders, ex-candidat à l’élection présidentielle, font maintenant campagne, dans cette élection de mi-mandat de mardi, contre Trump et les Républicains qui se présentent.

La critique de Sanders est simple et directe – il a qualifié Trump de président le plus raciste, sexiste (et quatre autres adjectifs) de l’histoire.

Obama, rompant avec une longue tradition post-présidentielle de discrétion, a attaqué Trump comme étant « un menteur sans vergogne ».

 

À part les enquêtes et la destitution, que proposent les Démocrates ?

Les insultes virevoltent dans les médias de masse, avec le qualificatif de « raciste« , difficile à manquer, pour décrire tout ce qui concerne Trump.

Trump n’est certes pas un saint homme. Il a balancé plus que sa part d’insultes, surtout en réponse aux attaques dont il a été victime. Et il a payé un lourd tribut dans les sondages d’opinion, en raison de sa volonté d’utiliser des insultes, lorsqu’on demande aux électeurs d’évaluer sa personnalité.

Pourtant, depuis un bon moment, Trump a également déployé plus d’idées sur des questions spécifiques qu’aucun autre politicien.

  1. Les gens savent que le président a annoncé qu’il transférerait l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem – et il l’a fait.
  2. Le président Trump a déclaré qu’il remplacerait l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) par un nouvel accord commercial avec le Canada et le Mexique – et il l’a fait.
  3. Trump est en faveur de la réduction des impôts, du renforcement de l’application de la loi, de la réduction de la réglementation gouvernementale et de l’élimination de la paperasserie.
  4. Le président pense que la Réserve fédérale ne devrait pas augmenter les taux d’intérêt aussi rapidement qu’elle l’a fait, sinon elle provoquera une récession.

Si vous y réfléchissez bien, vous connaissez probablement les positions du président Trump sur presque toutes les grandes questions. De toute évidence, il a doublé son budget en matière d’immigration, ce qui est un facteur déterminant pour lui et pour son parti.

Que défend Barack Obama exactement ? Bernie Sanders a au moins une idée d’université gratuite dont vous vous souvenez, bien qu’elle soit vague.

Qu’en est-il de la leader de la minorité à la Chambre, Nancy Pelosi, Démocrate de la Californie, ou du leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, Démocrate de l’État de New-York ?

Que préparent les Démocrates à part des enquêtes sur l’Administration de Trump et une procédure de destitution ?

Ils ont soulevé la question de la couverture d’assurance-maladie pour les affections préexistantes. Trump a dit qu’il les couvrirait aussi. L’idée Démocrate n’est pas un projet d’amélioration des soins de santé, mais une attaque.

Les Démocrates n’ont pas non plus de projet digne de mention en matière économique. Ni un projet d’immigration. Pas plus que des solutions pour empêcher que les emplois migrent vers la Chine et le Mexique.

Le président Trump se moque des Démocrates, les appelant le parti des « frontières ouvertes ». Pendant ce temps, les Démocrates n’ont absolument aucune idée pour lutter contre l’immigration clandestine. En réponse, ils s’attaquent personnellement au président – exactement comme Hillary Clinton a traité Trump lors de la dernière campagne présidentielle.

Il semble que les Démocrates obtiendront probablement le contrôle majoritaire de la Chambre des Représentants lors des élections de mi-mandat.

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Ainsi, la bataille des insultes contre les idées ne vaut pas grand chose en politique ces jours-ci.

Mais si les Républicains remportent plus de sièges au Sénat, ce sera une victoire par rapport à ce qui s’est passé en 1994 ou 2010.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, en 2016, il n’y avait qu’un seul candidat qui se présentait vraiment sur des positions détaillées – et il n’est même pas sur les bulletins de vote cette année.

Compte tenu du déroulement de l’élection présidentielle, il est surprenant que les Démocrates soient de nouveau pris de court sur le front des idées.

Les électeurs veulent du progrès, pas seulement de la partisanerie.

* Mark Penn est directeur général du groupe Stagwell. Il a été stratège en chef de la campagne présidentielle de Bill Clinton en 1996, de la campagne sénatoriale de Hillary Clinton en 2000 et de la campagne présidentielle de Mme Clinton en 2008.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Fox News

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