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Publié par Gilles William Goldnadel le 4 décembre 2018

Quand on est convaincu que le monde en général et la France en particulier sont devenus une foule névrotique déchaînée, en permanence médiatisée, sans meneurs aptes à la canaliser, on n’est pas autrement effaré des derniers déchaînements.

Quand on est effrayé par la barbarie à visage urbain, qu’on est attaché à l’État-nation démocratique, qu’on se réclame en conséquence de l’ordre légal et légitime de l’État de droit issu du suffrage universel, les présentes circonstances commandent de modérer l’antipathie et la sympathie respectives que vous inspirent l’actuel pouvoir et son mouvement de contestation inédit.

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Commençons par le maître Macron et ses disciples. On ne sait jusqu’à quels limbes il descendra depuis l’Olympe. Ceux qui le lynchent aujourd’hui dans les médias ont oublié combien ils lui léchaient les pieds et cette main qui écrasait de sa poigne celle du méchant américain.

Ceux qui avaient, dès le début, décelé la puérile arrogance et l’inconsistance de son entre-deux n’ont même pas la consolation d’avoir eu raison, tant le mal aujourd’hui est profond et transcende sa personne de chef insuffisant parce que trop suffisant, pour atteindre l’État.

Peut-être cet homme intelligent est-il en train, pour autant qu’il soit capable de se mettre en question, de se demander s’il n’eut pas été plus adroit plutôt que d’être à droite économiquement et à gauche sociétalement, de tenter la martingale inverse.

Mais j’ai déjà écrit ici qu’une chauve-souris, économiquement rongeur et oiseau migratoire à la fois ne pouvait contenter tout le monde et son père.

Dans la présente affaire, il fallait être bien téméraire, en pleine descente aux enfers, de tenter cette filouterie au carburant sous prétexte d’écologie pour aller faire les poches à demi trouées de la périphérie.

Comme si cela ne suffisait pas, le jeune maître du château et ses barons fanfarons n’auront pas cessé d’injurier Jacques Bonhomme et sa foule encolérée. La première semaine, ils étaient des fumeurs de clopes qui roulaient au diésel, la seconde la peste brune.

Un psychologue de l’inconscient de l’idéologie au pouvoir serait fondé à se demander si les mots varieraient de l’insulte à la flagornerie, suivant que la colère semble blanche ou noire.

Après les bombes islamistes et les violences banlieusardes, il fallait paraît-il décrire l’apartheid et proscrire tout rapport émanant d’un mâle blanc, voilà ; à présent que la périphérie s’en mêle, il faut absolument voir un nazi derrière chaque manant.

En troisième semaine, M. Castaner a bien voulu se souvenir qu’il n’était plus mauvais propagandiste mais ministre de l’Intérieur apprenti. Il était tard.

Mais il est temps à présent de modérer la critique de ce gouvernement.

Ni M. Castaner, ni M. Macron ne sont responsables de l’état économique et financier de ce pays.

Ils ne sont pas responsables du déclin de ses institutions politiques pour cause de médiocrité intellectuelle et morale et de la perte de crédibilité des organisations syndicales pour raisons idéologiques. Pas plus qu’ils ne sont responsables du conformisme et du négativisme médiatiques.

Ils ne sont pas responsables de la fascination sur une partie de la jeunesse exercée par la haine gratuite et la violence sans frein.

Enfin, et peut-être surtout, ils ne sont pas responsables de ce que l’État, dans ses prérogatives régaliennes en matière de police comme de justice, est considéré à juste raison comme un matamore au sabre de bois, qui a perdu tout pouvoir dissuasif d’intimidation depuis qu’une idéologie névrotique l’aura émasculé.

Les scènes de pillage dans un Paris livré à la horde, commises par des individus qui n’estimaient pas nécessaire de dissimuler leur visage en sont le témoignage désolant.

Venons-en à présent à refréner notre sympathie naturelle pour un mouvement populaire qui puise sa révolte à la fois dans son angoisse économique, et plus profondément enfouie ou dissimulée dans son angoisse culturelle.

Une France que l’on pourrait essayer de décrire, à la fois comme celle des classes moyennes déclassées, que celle en deuil de Johnny Hallyday.

Et m’étant essayé de dessiner ainsi, je mesure combien mon dessein est ridicule.

Car ce mouvement n’existe pas. Il est à la folle mesure de nos temps de folie. Il est démesuré.

Il est d’abord et avant tout médiatique et électronique. Il est informe et difforme. Ce n’est pas un mouvement, c’est un cri dissonant qui se pousse en marchant, ou plutôt une polyphonie, c’est une couleur, avec différents tons, c’est un précipité chimique, c’est un gaz moutarde. Explosif.

Il est incontrôlable et désincarné. Qui pourrait se targuer de le représenter? De porter une parole? Certes, les médias sont bien contents de désigner eux-mêmes qui est censé être apte d’être son porte-parole. Mais on ne peut être le porte-parole d’un cri.

N’est pas de Gaulle, ni Jupiter qui veut

La tragi-comédie de vendredi dernier fournit le témoignage le plus éloquent de ce que personne ne peut parler pour lui. La lecture du Figaro du 1er décembre nous informe en effet «qu’alors que le Premier ministre avait lancé une invitation à huit représentants autoproclamés du mouvement ce vendredi à 14h, ils n’ont été que deux à s’y rendre. Et quasiment jusqu’au dernier moment les services de Matignon étaient dans le flou, ignorant qui allait grimper les marches du perron pour engager le dialogue avec Édouard Philippe. Mais avec le premier porte-parole qui a quitté le bureau du Premier ministre des 14h30, il n’y a même pas eu de discussion, Jason Herbert, 26 ans, chargé de communication dans une médiathèque à Angoulême, a vite coupé court au face-à-face.

Motif invoqué: «je souhaitais et j’ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé.» Quelques heures plus tard on apprenait que Jason Herbert avait fait l’objet d’une excommunication par d’autres membres du mouvement: «le prix à payer pour être allé à la rencontre d’Édouard Philippe contre l’avis du groupe, dont on apprend au passage que celui-ci est passé de 8 à 32. «Ce cher Jason», va devoir «assumer tout seul» son choix. Sur les réseaux sociaux, Jason Herbert fait désormais l’objet d’un véritable lynchage verbal.».

Ce mouvement qui n’en est pas un est à la fois violent et pacifique. Sans doute la plupart des casseurs et des pilleurs de cette fin de semaine n’en font pas partie. Les pilleurs sont de la racaille et les casseurs sont de la canaille principalement de l’extrême gauche Black Block, et accessoirement de l’ultra- droite couleur quenelle.

Quant aux gilets vraiment jaunes, il en est qui auront protégé l’Arc de Triomphe en chantant l’hymne français, quand d’autres mettaient le feu à une préfecture.

Mesure-t-on suffisamment l’effet produit sur l’esprit public, que de voir la force publique reculer sous l’outrage et la foule voyoucratique triompher sous l’Arc de Triomphe?

Rien n’est pire que l’ochlocratie, cette folle dictature de la foule débridée.

Désormais, que faire? Au-delà de la réponse politique à trouver nécessairement, force doit rester à la loi démocratique. J’ai bien écrit force avant démocratie. Il faut donc surmonter l’antipathie que peut inspirer un pouvoir irresponsable puisqu’il est, à notre regret, responsable légal de par la volonté populaire.

Mais que M. Macron ne s’imagine pas qu’il puisse, à la fin de ces folies en foule, tirer les marrons du feu des incendies provoqués pour une partie par lui, au terme d’une manifestation qui viserait la Concorde.

N’est pas de Gaulle, ni Jupiter qui veut.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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