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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 10 décembre 2018

Trotski : « La tentative de résoudre la question juive grâce à l’émigration des juifs en Palestine révèle sa vraie nature : c’est une tragique mystification pour les juifs. […]

Les développements futurs de la guerre pourraient bien transformer la Palestine en un piège meurtrier pour des centaines de milliers de juifs. Jamais aussi clairement qu’aujourd’hui le salut des juifs n’est apparu si indissociablement lié au renversement du capitalisme » (juillet 1940). En 1937, Trotski soutenait l’assimilation et la disparition des Juifs et de leur culture (dont leur langue traditionnelle, le yiddish) au sein des pays respectifs où ils vivaient (opprimés). La question juive devait être résolue par l’assimilation générale. Le communisme voulait venir à bout de la question juive !

L’État d’Israël est un État religieux au sens où sa constitution met en avant le judaïsme. L’État d’Israël est fondé sur la loi et le projet sioniste du retour. Trotski reconnaissait le mythe d’une nation juive dans le cœur de Juifs de Russie capable de se maintenir malgré l’adaptation au progrès et à la modernité socialiste.

Propos du gauchiste Daniel Bensaïd « Israël dans Israël » en septembre 2004 : Les trotskistes ont été hostiles à la création de l’État d’Israël en terre de Palestine. « La position de Trotski sur la « mystification » ou le « piège meurtrier » que constituerait un État juif n’est pas une position de principe, mais un exemple de lucidité. »

L’histoire de la catastrophe tragique du XX ème siècle a donné au mythe de l’État-refuge une force qu’il n’avait pas avant le génocide, y compris dans les communautés d’Europe centrale sous la domination des communistes. Et Daniel Bensaïd de rappeler l’épopée de l’Exodus. Selon lui : « L’hypothèse du « piège » (la menace d’un nouveau Massada afin de ne pas créer un État qui porterait de nouvelles catastrophes en germe) se confirme sous nos yeux ! » Mais Bensaïd se trompe, car il n’est pas de lieu au monde où les Juifs soient plus en sécurité qu’en Israël aujourd’hui. « Il existe un État israélien et un fait national juif au Moyen-Orient. Personne de sensé ne peut imaginer rejeter ces juifs à la mer. Le fait que les juifs pouvaient y être en situation de minorité nationale opprimée est une réalité démographique que la la gauche bien-pensante veut espérer. L’ancien journaliste internationaliste du Monde Bôle-Richard a écrit contre Israël : « Dans combien de temps les Palestiniens demanderont-ils comme les Noirs sud-africains : « One man, one vote » ?

Daniel Bensaïd : « L’État d’Israël occupe des territoires conquis par la force, au mépris des résolutions de l’ONU (antisémite) qui condamnent cette occupation de manière répétée depuis 1967. La perspective d’une coexistence entre deux États souverains (israélien et palestinien) oblige à reconnaître l’asymétrie de fait entre un État souverain puissamment armé et un État virtuel, sous tutelle, entouré d’une nouvelle muraille… Quant à la solution dite de l’État binational, elle paraît irréaliste dans l’état actuel des rapports de forces.

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Ce fut la position irréaliste initiale de plusieurs courants de gauche et dans la communauté juive opposés à la partition de 1947. Il fallait reconnaître des droits linguistiques, culturels, scolaires, collectifs aux deux communautés dans le cadre d’une structure étatique commune… Pour les gauchistes, ce n’est pas plus utopique que l’idée d’une coexistence durable entre un État juif soutenu à bout de bras par les États-Unis et un État palestinien soutenu à bout de bras par les pays arabes contre Israël.

Depuis l’enterrement des accords d’Oslo morts-nés, des voix minoritaires de gauche se sont élevées en faveur de la solution utopique de l’État binational, du côté juif et du côté palestinien. Michèle Sibony a ainsi soutenu Les voix dissidentes en Israël. La critique a souligné le risque que la notion d’État binational ne serve de prétexte à une nouvelle partition territoriale au lieu de fonder une citoyenneté israélienne commune sur une rigoureuse égalité des droits. La politique est affaire de rapports de forces, de situations, de conjonctures. La politique des militants internationalistes, en Israël et en Palestine, devrait partir de la reconnaissance historique d’une « spoliation » et « des droits » niés des Palestiniens. Il faut poser le conflit en termes historiques et politiques, et non pas religieux. Enfin, il s’agit de reconnaître, de part et d’autre, que rien ne peut être résolu par l’écrasement militaire de l’un ou l’autre des protagonistes. La fin des contradictions, au sein de la société israélienne et au sein de la société palestinienne, est une des conditions de toute solution du conflit. Quant à l’utopie d’un parti binational judéo-arabe, c’est le cas de l’utopie de plusieurs mouvements minoritaires dans la gauche israélienne, réunissant Juifs et Arabes israéliens citoyens d’un même État. Mais les mouvements amis des Palestiniens minoritaires dans la gauche israélienne sont étrangers à leur propre réalité nationale.

Daniel Bensaïd conteste la notion des bonnes frontières légitimes de l’État d’Israël. La partition fut un désastre pour les juifs et pas seulement pour les Palestiniens. Mais il faut bien partir de l’état réel des choses. Il n’existe pas de critères permettant de tracer des frontières équitables. Il n’y a pas de frontières naturelles qui tiennent. Le tracé des frontières fluctue historiquement en fonction des guerres et des rapports de forces.

L’autorité palestinienne réclame l’application des résolutions de l’ONU sur le démantèlement des colonies, le retrait des territoires occupés et les frontières de 1967.

Pourtant, chaque nouvelle négociation exige des Palestiniens de nouveaux gages et de nouvelles concessions au-delà des frontières reconnues en principe par la communauté internationale ! Quant à l’idée de frontières sûres, elle relève du fétichisme de la frontière et du territoire. Il n’y aura pas de frontière sûre tant que ne seront pas réglées les causes du conflit et réparés les torts faits aux Palestiniens. On en arrive à la traduction bétonnée du mythe sécuritaire : le Mur !

Le démantèlement inconditionnel du Mur de l’apartheid et non la simple correction de son tracé est un préalable non négociable à toute discussion sur d’hypothétiques frontières. S’il y a des droits démocratiques précieux en Israël, ils ne peuvent justifier la négation des droits nationaux du peuple palestinien. Dans a constitution l’État Juif est bien un État confessionnel et non pas un État laïque. C’est pourquoi la gauche ultra revendiquait désionisation de l’État d’Israël. Il est naturel qu’un État Juif cherche à fonder sa légitimité sur une origine et sur le mythe des origines pour rejoindre l’éternité atemporelle et a-historique de l’être juif. C’est ainsi le peuple en diaspora s’est perpétué contre toute probabilité, contre et malgré l’antisémitisme de l’histoire. Il existe en Israël comme dans les mouvements palestiniens des noyaux militants internationalistes, mais ils sont trop faibles et trop instables pour prétendre influencer la politique contre les mouvements religieux qui expriment une exaspération sociale et une réponse à une impasse politique. Les islamistes dissoudraient volontiers la revendication nationale du peuple palestinien dans la guerre de l’Islamisme conquérant.

Ils confortent les israéliens dans l’idée que le conflit est à la fois de nature politique et religieuse.

Daniel Bensaïd : Nous avons toujours soutenu que la lutte du peuple palestinien pour ses droits démocratiques, passerait non seulement par la lutte contre la politique coloniale d’Israël, mais aussi par ses liens avec la « révolution arabe » contre les régimes despotiques et corrompus de la région, l’Arabie saoudite et l’Égypte soutenues par les États-Unis. Si nous avons dénoncé systématiquement les ravages des politiques coloniales et impérialistes dans la région, on aurait du mal à trouver dans notre mouvement trace de collusion ou de complaisance envers les dictatures populistes baassistes ou envers les monarchies pétrolières.

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La recrudescence d’un antisémitisme en France est un fait attesté par la multiplication des actes antisémites recensés. Il y a des faits indiscutables d’une détérioration de la situation des Juifs en France qui doivent inquiéter pour en appeler à un surcroît de vigilance. Des groupes d’autodéfense juifs comme la Ligue de Défense Juive (LDJ) démontrent la nécessité que la communauté s’organise pour défendre les siens. Ils viennent confirmer la logique communautaire qui a prévalu de la part de l’UEJF, lors des manifestations du 5 mai, refusant d’élargir leur appel contre l’antisémitisme à toutes les formes de racisme comme le demandaient la LDH, le MRAP, la LCR pro-Arabes. Chaque communauté doit défendre prioritairement les siens.

Daniel Bensaïd : Il y a, derrière cette question, le problème du rôle du judaïsme comme idéologie ou idéologie religieuse spécifique, fondée sur le mythe de l’élection dans la pérennité du peuple juif en diaspora, le peuple juif se définissant non par un territoire ou par un État, mais par le Livre et par la Loi. Le judaïsme ainsi conçu culturellement joue le rôle de médiation entre la société dispersée, la mémoire d’un État disparu et le projet sioniste pour sa restauration. Et la diaspora s’est redéfinie en fonction de la création de l’État d’Israël.
(librement adapté de « Israël dans Israël », entretien de Marc Perelman et Daniel Bensaïd, septembre 2004)

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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