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Publié par Abbé Alain Arbez le 11 décembre 2018

Jésus vient souvent au Temple de Jérusalem pour prier, et pour partager son enseignement spirituel, comme le font la plupart des rabbis, avec les croyants, très nombreux, qui vont et viennent en participant à des débats sur la foi à la lumière des Saintes Ecritures hébraïques. Le Temple est un lieu de prières, de sacrifices, d’enseignements, et de rencontres.

Un jour, des Sadducéens, adversaires de Jésus, viennent avec une question piège. Ils ont pour but de ridiculiser en même temps Jésus et les Pharisiens, puisqu’ils croient à la résurrection des morts. Cette foi ne se base pas sur le désir humain d’immortalité, comme chez les Grecs, mais sur la confiance en un Dieu de vie qui n’abandonne pas à la tombe ceux qu’il aime, ce qui est tout différent.

Cette foi au Dieu de l’alliance fidèle à ses engagements, elle s’exprime chez Osée, 6.2, avec « le troisième jour », ou encore chez Job (Jb 19, 25) : « Je sais que mon rédempteur est vivant ! C’est moi qui le contemplerai, oui moi ! de mes yeux je le verrai… ».

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La foi en la résurrection s’exprime surtout lors de la période de la révolte juive des Maccabîm, telle qu’on la découvre dans le Livre des Martyrs d’Israël, lorsque Antiochus Epiphane, un roi syrien, impose aux populations de Judée le modèle grec. C’est un choc frontal avec les convictions du judaïsme, et une forte résistance s’organise aussitôt chez les jeunes avec Mattatias, dont la plupart vont être torturés et massacrés. Les seuls survivants trouveront le salut en se cachant dans les cavernes du Mont Arbel, devenu en Israël haut-lieu de résistance au paganisme. Le Livre des Martyrs d’Israël, (2 Macc. 12,44) rappelle que ceux qui tuent le corps ne peuvent tuer l’âme du croyant : « Judas Maccabée, s’il n’avait pas cru que ceux qui avaient été tués ressusciteraient, aurait trouvé superflu de prier pour les morts ».

Pour les croyants, le seul roi du monde, c’est Adonaï, le Dieu fidèle, qui est juste et qui rendra la vie à ceux qui ont témoigné de sa vérité jusqu’à la mort. Les Sadduccéens, collaborateurs avec l’occupant romain, ne croient pas, eux, à cette fidélité de Dieu qui ressusciterait ses enfants victimes de la violence ou des injustices. Dans l’évangile de Marc, Jésus les remet directement en question : « vous, Sadducéens, vous êtes dans l’errance, vous ne prenez pas en compte la totalité des Ecritures, vous n’acceptez pas la toute-puissance de Dieu ! ».

Jésus leur répond donc très clairement. Pour lui, notre vie après la mort n’est pas une simple prolongation de notre vie terrestre, selon les cycles naturels de ce monde. Et il précise même que le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob n’est pas le Dieu de personnages morts, bien mais celui de vivants! Ces ancêtres dans la foi ne sont pas des morts engloutis par le passé, mails sont vivants aujourd’hui auprès de Dieu !

Impossible de parler de la résurrection comme d’une simple transposition de ce monde spatio-temporel dans l’autre. Par conséquent, la résurrection n’est pas la réanimation d’un cadavre retrouvant les mêmes fonctions qu’auparavant, mais c’est la transformation finement personnalisée en lumière et en pure communion de notre existence par un Dieu d’amour. Mais ce n’est pas non plus une histoire d’âmes évanescentes et immortelles à la manière des Grecs. C’est d’ailleurs à leur intention que l’évangéliste Jean insiste sur le fait que c’est tout l’homme : corps, âme et esprit – qui est appelé à la vie nouvelle de la résurrection. C’est dans ce but qu’il affirme que le Verbe s‘est fait chair, pour se distinguer du platonisme. Celui ou celle qui est unit au Christ ressuscité ne mourra jamais. Le credo reprend : je crois à la résurrection de la chair, c’est à dire de tout ce qui fait le concret d’un être personnel. A l’inverse du bouddhisme qui voit le stade final de l’individu après la mort comme une goutte d’eau qui se dilue et se perd dans l’immense océan, la destinée biblique est quant à elle hautement personnalisée, dans un corps glorieux, qui ne subit plus les limitations de ce monde spatio-temporel.

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Ce qui signifie que nous pourrons pleinement vivre en fils et filles de Dieu dans cette lumière céleste, pour autant que nous aurons auparavant commencé à renaître dès ici-bas, malgré les ténèbres de toutes sortes qui obscurcissent notre chemin d’humanité. La Parole de Dieu sera notre guide.

A la suite du Christ, il s’agit de réhabiliter l’image de Dieu présente en tout être humain, une dignité bafouée chez tant d’hommes et de femmes qui attendent la manifestation des réalités à venir, auxquelles nous croyons, mais que – humblement- nous ne pouvons pas décrire à partir de nos concepts terrestres.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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