Publié par Gilles William Goldnadel le 17 décembre 2018

Lundi dernier, prenant son air modeste et compassé qui voulait contrefaire humilité et compassion pour calmer l’incendie des passions, Jupiter redescendu plus bas que terre promettait : « je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter ».

Difficile d’être plus clair et déterminé.

Dans la foulée, le mercredi, un document présenté en Conseil des ministres indiquait donc clairement, s’agissant expressément de « l’immigration », qu’il s’agissait du cinquième thème :

« Quelles sont les attentes et les inquiétudes des Français relatives à l’immigration, dans un contexte de mondialisation et de laïcité parfois bousculé ? »

Mais à la sortie du conseil, patatras, le porte-parole du gouvernement Benjamin Grivaux expliquait qu’il n’y aurait finalement que quatre thèmes, et que l’immigration ne serait abordée que dans le cadre de la question sur la démocratie et la citoyenneté.

L’explication de Matignon était pathétique : « ce sujet il ne faut pas l’éviter, parce que les gilets jaunes en ont fait un sujet. Mais ne pas le traiter à part. Si on en fait un sujet à part, on en fait un totem, or on sait que c’est un débat sensible ».

L’évocation du totem montre que le sujet reste le débat tabou. L’interdit des interdits.

L’aveu est infernal et relève de la névrose idéologique : Il est expressément interdit aux Français d’en débattre alors même qu’il s’agit de leur premier sujet de préoccupation.

Il est interdit aux Français d’en débattre, alors que sept Français sur dix considèrent que l’immigration massive est excessive (IFOP 4/12/18).

Il est interdit aux Français d’en débattre, alors que de l’aveu même de leur président, la question de l’immigration est insécable de la question de la laïcité donc de l’islam politique ascendant.

Il est interdit aux Français d’en débattre, alors même que le sang français a été répandu dans les rues de Strasbourg en raison de l’islamisme radical.

Il est interdit aux Français d’en débattre, alors même que plusieurs mosquées salafistes radicales de Strasbourg n’avaient pas été fermées, que le marché de Noël, lui, l’a été par le fanatisme religieux et que la justice administrative somme dans le même temps la mairie de Béziers de démonter sa crèche de Noël.

Jamais la promesse solennelle d’un président en exercice n’avait été trahie avec autant de vélocité. La question de l’immigration ne sera pas posée, et la presse idéologique ne pose pas de question.

Il m’étonnerait fort que l’auteur de la trahison de cette promesse et son parti n’en payent pas le prix fort.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

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