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Publié par Dreuz Info le 28 décembre 2018

Quand j’avais environ 13 ans, je vivais avec ma tante et sa famille. Sa maison était plus proche de mon école, c’était plus pratique. Cependant, certains vendredis, je me rendais chez moi. Ma tante était gentille, sa maison était grande – c’était la première fois que j’avais ma propre chambre – mais rien ne me procurait plus de joie que de rentrer chez moi pour passer le week-end avec ma famille.

Alors un vendredi, j’ai fait un sac supplémentaire comme d’habitude et après l’école, j’ai fait le long trajet pour retourner chez moi. En y arrivant, tout ce que je voulais faire était d’annoncer à mes parents que l’un de mes professeurs avait dit que j’étais l’élève le plus brillant qu’elle ait jamais eu. Mais dès que je suis entré, j’ai su que quelque chose clochait – toutes nos affaires étaient à l’extérieur. J’ai demandé ce qui se passait et ma sœur m’a répondu que nous avions été expulsés de la maison parce que nous n’avions pas les moyens de payer le loyer. Nous étions sans abri.

Je n’ai jamais pleuré si fort.

Avance rapide de 16 ans : beaucoup de choses ont changé, heureusement. Parce que je sais ce que signifie être démuni, j’ai toujours essayé d’aider les gens le plus possible. Donc, pour le 25 décembre 2017, j’avais décidé de passer la journée avec #ChristmasOnTheStreetz (Noël dans la rue) avec mes amis. Nous sommes allés à Makoko, un bidonville de l’État de Lagos, où nous avions prévu de nourrir environ 2 000 enfants tout en jouant de la musique, en dansant avec eux et en leur offrant des cadeaux.

Tout allait bien jusqu’à ce que nous ayons manqué de nourriture. L’un des enfants qui devait encore manger a commencé à pleurer. Je réfléchissais aux moyens de la calmer quand j’ai regardé dehors et remarqué une nuée d’enfants maigres qui luttaient pour entrer dans la salle. Ils n’étaient pas seuls. Des mères avec leurs nourrissons, des adolescents, des adultes… tous voulaient un peu de la nourriture avec laquelle nous étions venus. Il était évident que beaucoup d’entre eux n’avaient pas mangé de vrai repas depuis un moment et cela m’a brisé le cœur.

Voyez-vous, j’ai grandi dans la pauvreté, mais il y avait presque toujours de quoi se nourrir à la maison. Même quand nous étions sans abri, il y avait toujours de la nourriture dans notre ventre – ma mère s’en assurait. Donc, voir ces enfants pleurer parce qu’ils ne faisaient pas partie des 2 000 que nous avions nourris m’a fait comprendre que la pauvreté que j’avais vécue n’était rien comparé à la pauvreté que vivent d’autres personnes.

J’en ai parlé à quelqu’un qui m’a dit que la situation était pire dans le Nord, en particulier dans les camps de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. J’ai commencé à creuser pour voir l’étendue du problème et j’ai trouvé de nombreuses statistiques déprimantes.

Plus de 86 millions de Nigérians vivent dans une pauvreté extrême, faisant de nous la capitale mondiale de la pauvreté. Le Nigeria est un pays en situation de déficit vivrier et un tiers des enfants de moins de 5 ans présentent un retard de croissance, soit trois fois plus qu’en Tunisie. Dans l’indice mondial de la faim de 2018, le Nigeria se classe au 103e rang sur 119 pays étudiés. J’allais ajouter une autre statistique, une autre réalité, mais je suis certain que vous comprenez bien le message : le Nigeria est aux prises avec un énorme problème de pauvreté et de faim et il est urgent de trouver des solutions.

C’est John F. Kennedy qui a dit : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. » Alors que le gouvernement avait le plus grand rôle à jouer dans la résolution de nos problèmes, j’ai créé une ferme où je sème du maïs et plante du manioc, deux cultures majeures au Nigeria. Je sais que c’est une goutte d’eau dans l’océan, mais je voulais contribuer au panier alimentaire du pays. Je voulais aussi comprendre le fonctionnement du secteur afin de pouvoir proposer des solutions et des recommandations au niveau politique lorsque l’occasion se présenterait.

Heureusement, une occasion s’est présentée. J’ai intégré le programme de bourses pour le leadership mondial de l’Alliance pour la Science ; j’y ai beaucoup appris sur la biotechnologie et sur ce qu’elle peut apporter. Des scientifiques du monde entier, y compris du Nigeria, ont consacré d’importantes ressources à la mise au point de techniques agricoles innovantes permettant de relever certains des plus grands défis auxquels les agriculteurs sont confrontés.

Des problèmes tels que le ravageur Maruca chez le niébé entraînent une perte de rendement dévastatrice de 80 %, induisant un triplement du prix de vente au détail du niébé riche en protéines (appelé localement haricot) sur le marché. Des problèmes comme le ver de la capsule chez le cotonnier ont rendu notre industrie textile moribonde. Je sais que la biotechnologie n’est pas une solution miracle, mais elle peut résoudre certains des problèmes urgents auxquels font face mon pays, mes compatriotes et les enfants de Makoko qui attendent notre retour ce Noël pour pouvoir manger de la bonne nourriture.

Malheureusement, il y a beaucoup de débats autour de la biotechnologie et des OGM. Bien que les scientifiques et les experts s’accordent à dire qu’ils sont sans danger pour la consommation humaine et animale, certaines personnes les combattent pour diverses raisons : les unes ignorantes, les autres égoïstes, d’autre encore menant un combat politique. Les détails du débat sont un sujet pour un autre jour, mais je peux vous dire que pendant que des gens bien nourris discutent de la biotechnologie et des organismes génétiquement modifiés, quatre enfants de mon pays sur dix se coucheront affamés ce soir. Les éléphants se battent et l’herbe souffre.

© Chidi Okereke, traduit par Wackes Seppi, publié sur Contrepoints.

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