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Publié par Manuel Gomez le 30 décembre 2018

« Qui sauve une seule vie sauve le monde entier » (Talmud)

Etait déclarée « Juste » toute personne qui avait sauvé un juif en Europe durant la seconde guerre mondiale.

J’estime que mérite également ce titre de « Juste » toute personne qui a sauvé un « Harki » ou un civil innocent à la fin de la guerre d’Algérie, en 1962.

N’oublions pas que les harkis qui n’ont pas été sauvés par ces « Justes » (plus de 60.000 avec leurs familles) ont péri, massacrés par nos ennemis FLN et ALN, après le 18 mars et jusqu’en 1964.

C’est un honneur pour moi de faire souvenir le nom de ces quelques « Justes » qui ont eu le courage et le mérite de s’opposer aux ordres de leur hiérarchie :

Télégramme du ministre Louis JOXE le 15 juillet 1962 : «Vous voudrez bien faire rechercher tant dans l’armée que dans l’administration les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriements et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général (totalement inexistant) seront renvoyés en Algérie. Je n’ignore pas que ce renvoi peut être interprété par les propagandistes de l’OAS comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui nous sont restés fidèles. Il conviendra donc d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. »

Il exécutait ainsi les volontés de son chef d’Etat, De Gaulle, qui s’exclamait, le 3 avril 1962 : « Les harkis, ce magma qui n’a servi à rien et dont il faut se débarrasser sans délai. »

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Colonel Lallemand, commandant le 22e RI à Tenès. Juin 1962, malgré les ordres de sa hiérarchie a pris sous sa responsabilité de permettre l’embarquement vers la métropole de tous ses harkis qui ne voulaient pas rester en Algérie, avec leurs familles, sur un navire affrété à ses frais. Son fils, le lieutenant Jacques Lallemand, a fait mettre en joue les fusils-mitrailleurs contre les gendarmes mobiles qui voulaient s’interposer et s’opposer au départ de ses harkis, sachant qu’ils allaient être massacrés par les fellaghas.

Sous-lieutenant Maurice de Kervonaël, du 28e Dragons, il avait 78 harkis sous ses ordres et en a rapatrié 30, qui étaient volontaires, avec leurs familles. Ils furent transportés par taxis (réquisitionnés) d’Affreville vers Alger.

Sa famille, propriétaire d’un Domaine dans le Minervois, les a accueillis.

Lieutenant François Meyer, du 23e Spahis, a rapatrié 350 harkis, avec leurs familles, et s’est occupé de leur insertion en métropole.

Lieutenant Armand Benessis de Rotrou, du 81e RIA à Djidjelli. Avec l’aide du capitaine Georges Marce, a rapatrié 250 harkis et leurs familles par bateau et se sont occupés de leur hébergement dans l’Est de la France.

Capitaine Maurice Faivre, commandant un escadron du 20e Dragons, a rapatrié 53 familles de harkis et s’est chargé de leur insertion.

Général Casenave, commandant la 9e DI à Orléansville, a aidé le Colonel Lallemand à évacuer ses commandos de chasse par bateau, à partir de Tenès.

Vice-Amiral d’Escadre Jean Barthelemy, commandant la base militaire de Mers-el-Kebir, a mobilisé le porte-avions « Lafayette » pour évacuer tous les harkis de la DBFM, avec toutes leurs familles, plus un millier d’européens et de musulmans menacés de morts, soit 19300 personnes entre le 1er juin et le 31 juillet 1962.

Il a ordonné à des fusiliers-marins de se rendre à Oran pour tenter de sauver les innocents qui pouvaient l’être, s’opposant ainsi ouvertement aux ordres du général Katz, commandant la place d’Oran, dont les ordres étaient de rester l’arme au pied cependant que les civils innocents et les harkis, dont il avait la charge, se faisaient massacrer par les ennemis de la France.

Lieutenant-Colonel Michel Many, commandant le 159e BIA, a rapatrié un grand nombre de supplétifs souhaitant rejoindre la métropole.

Lieutenant Yves Durand, chef de la SAS de Thiers, a rassemblé tous ses harkis et leurs familles et en fait partir 2500.

Après avoir attendu que tous soient embarqués sur le bateau, il est monté lui-même avec sa femme et sa fille.

Devenu inspecteur du service des Français-Musulmans, au sein du ministère des Rapatriés, il a participé au reclassement de tous ses harkis dans des villages construits près d’Antibes, de Cannes, Manosque, Onglet et Sallerans.

Lieutenant Daniel Abovilier, chef de SAS en Kabylie, a pu rapatrier ses 50 moghaznis et leurs familles avec l’aide du sous-préfet d’Akbou.

Capitaine Leopold Aygueparse, commandant la SAS de Toudja, a rapatrié 196 harkis et leurs familles en juin 1962.

André Wormser, officier de réserve en poste à Saïda, a permis de rapatrier une partie des harkis du commando Georges et a participé à leur recasement en France dans des propriétés familiales.

De très nombreux harkis ont pu s’installer à Largentière (Ardèche) avec l’aide financière de la Municipalité de Neuilly, dirigée par Achille Peretti.

Plus de 200 ont accompagné le Bachaga Boualam dans sa retraite au « Mas Thibert », en Camargue.

 

Cette liste nominative n’est pas exhaustive, bien d’autres officiers et sous-officiers ont participé au sauvetage de harkis et de leurs familles.

La majorité de ceux qui sont restés, volontairement ou non, en Algérie, ont été massacrés, avec leurs familles. Y compris quelques centaines arrivées sur le sol métropolitain et renvoyés, sur ordre du gouvernement gaulliste (*), en Algérie, assassinés dès leur débarquement sur les quais.

(*) Déclaration de l’ex ministre gaulliste Pierre Messmer, dans le quotidien « Le Figaro » du 23 mai 1962 : « Je les ai renvoyés dans leur pays car leurs papiers n’étaient pas en règle ».

Les archives militaires françaises indiquent des emprisonnements, des mutilations, des exactions et des massacres de harkis jusqu’à la fin de l’année 1964.

Et cela est confirmé par le chef de l’Etat algérien, Bouteflika, lors d’une déclaration dans le quotidien « La Croix », le 17 juin 2000 : « Nous ne ferons pas les mêmes erreurs qu’en 1962 où pour un harki on a éliminé des familles et parfois même des villages entiers. »

Et, si cela était nécessaire, par le témoignage, lors d’un entretien dans le magazine « Le Point » en février 2002, de Jean-Pierre Chevènement qui affirme : « A l’époque sous-lieutenant en Algérie, j’ai vécu un drame affreux en mars 1962. Plusieurs de mes moghaznis (supplétifs musulmans) ainsi que le chef du village de Saint-Denis-du-Sig, ont été tués dans des conditions atroces par un commando du FLN. J’ai retrouvé Miloud, mon aide de camp, égorgé. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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