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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 15 janvier 2019

Mauvaise nouvelle : A deux ans de mandat de Donald Trump, l’hostilité évidente des médias (certains Démocrates de mauvaise foi la nient farouchement, mais hélas pour eux, la très à gauche université de Harvard fût la première à le signaler) ne montre aucun signe de relâchement.

Bonne nouvelle : les sondages montrent que cette couverture négative n’a qu’un impact perceptible relatif sur l’attitude du public envers le président.

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Depuis le 20 janvier 2017, Media Research Center, le plus important organe indépendant de surveillance de la presse aux Etats-Unis, a analysé chaque moment de la couverture du président Trump par les journaux télévisés du soir d’ABC, de CBS et de NBC, soit environ 23 millions de personnes chaque soir (1).

Les points clefs

  • Comme l’an dernier, la présidence de Trump a été l’événement le plus couvert de l’année 2018:
    • près de 87 heures de couverture, soit 28 % de tout le temps d’antenne des nouvelles du soir.
    • C’est une baisse légère par rapport aux 99 heures de couverture de 2017, peut-être un signe que les réseaux se lassent de traiter chaque tweet de Trump comme une situation de crise.
  • Le ton de la couverture média reste sans cesse hostile : 90% négatif contre seulement 10% positif (hors déclarations neutres), à l’image de 2017.
  • Pourtant, malgré la désapprobation évidente des médias, l’opinion publique du président s’est légèrement améliorée en 2018, passant d’une approbation moyenne de 40 % le 1er janvier à 42,7 % le 31 décembre, selon RealClearPolitics (2). Bien entendu, sa cote de popularité serait de 20 points supérieurs sans l’effet négatif des médias.
  • Pour la deuxième année consécutive, l’enquête sur la « collusion entre Trump et la Russie a été le sujet le plus couvert, avec 858 minutes d’antenne.
  • Depuis le 20 janvier 2017, l’enquête sur la Russie a fait l’objet de 2 092 minutes de couverture sur les trois seuls bulletins des nouvelles du soir.

Dans le détail

Couverture négative : Pour déterminer la tendance de la couverture médiatique, les analystes de MRC ont recensé toutes les déclarations explicitement évaluatives concernant le Président ou son administration, qu’elles proviennent de journalistes, de présentateurs ou de sources non partisanes telles que des experts ou des électeurs. Les évaluations de sources partisanes, ainsi que les déclarations neutres, n’ont pas été incluses.

  • Comme cela a été le cas depuis l’entrée en fonction du Président, le ton des journaux télévisés a été exceptionnellement hostile, allant de 82% négatif en avril 2017 (après que Trump ait été félicité pour l’attaque de missiles contre la Syrie après l’attaque chimique diligentée par Assad) à 96% négatif en février 2018 (lorsque les informations se sont concentrées sur l’enquête russe, les appels pour un contrôle strict des armes, et l’assistant de la Maison-Blanche accusé de violence domestique).
  • L’effet négatif à 90 % que nous avons calculé correspond à peu près à ce que le Pew Research Center, qui n’est pas un groupe conservateur, a constaté dans son étude sur la couverture des 60 premiers jours au pouvoir de Trump. Ils ont constaté que 62 % des reportages des chaînes de télévision étaient négatifs, contre 5 % positifs et 33 % neutres. Si vous supprimez les histoires neutres du décompte, le résultat net de Pew ressemble au nôtre : 93% d’effets négatifs, contre seulement 7% d’effets positifs.
  • Thomas Patterson, spécialiste des médias à Harvard, s’était penché sur la couverture médiatique des 100 premiers jours de Trump au pouvoir. Il avait constaté que la couverture de NBC était négative à 93 %, celle de CBS à 91 % ; ABC n’était pas incluse. Son étude a également révélé une couverture très négative des principaux journaux et de CNN. Seule Fox News offrait une couverture relativement équilibrée (52 % négative contre 48 % positive).

Les médias hautement partisans reçoivent des critiques partisanes

  • La position extrême des médias semble leur avoir valu un plus grand respect de la part des électeurs Démocrates, dont 76% disent faire confiance aux médias (contre 51% en 2016), selon le dernier sondage Gallup (3).
  • A l’inverse, un maigre 21 % des Républicains disent faire confiance à la presse, un écart presque record de 55 points dans la façon dont la presse est perçue par les électeurs de chaque parti. (Avant Trump, cet écart partisan n’a jamais dépassé 40 points).

Programme politique de Trump

  • Plus de la moitié de la couverture de Trump dans les journaux télévisés du soir diffusés en 2018 ne portait que sur cinq sujets :
    • l’enquête sur la Russie (858 minutes) ;
    • la politique d’immigration (643 minutes) ;
    • la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême (435 minutes) ;
    • l’armement nucléaire nord-coréen (410 minutes) ;
    • l’enquête de Robert Mueller sur l’ex-avocat de Trump Michael Cohen (341 minutes).

Comme le montre le tableau suivant, la couverture médiatique de tous ces sujets a été extrêmement négative, allant de 80 % de mauvaise presse sur la Corée du Nord à 99 % négative sur l’affaire Cohen :

Et pour le Shutdown du gouvernement ?

La fermeture partielle du gouvernement a été le sujet principal sur Trump en décembre, avec 67 minutes de temps d’antenne, soit environ un cinquième de la couverture totale sur Trump. (Il est à noter que ce chiffre comprend également les négociations qui ont eu lieu avant le début de la fermeture le 21 décembre).

En décembre, près de 97 % des évaluations de la gestion de l’impasse par Trump des négociations avec le parti Démocrate étaient négatives.

En règle générale, les médias sont habitués à voir qu’un tel assaut d’attitudes négatives amène toujours l’homme politique qui en est l’objet à faire marche arrière. Trump ne réagit pas ainsi, au contraire, il contre-attaque durement, ce qui les rend hystériques.

Les médias ont de plus été si négatifs à l’égard de ce président, pendant si longtemps, que l’effet de leurs critiques semble maintenant être pratiquement nul.

Les journalistes se sont clairement engagés dans la mêlée politique pour faire la guerre à ce président. Ont-ils accompli quelque chose ? Ils ont solidifié la fidélité des partisans politiques de Trump, ont perdu la réputation d’être des journalistes objectifs, et comme ils ne pouvaient pas rendre les Démocrates plus démocrates, ils n’ont gagné aucun point.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

 

(1) Ad Week
(2) RealClearPolitics
(3) Gallup survey
(4)

 

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