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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 22 janvier 2019

Alan Dershowitz est un Démocrate. Il a soutenu Hillary Clinton aux dernières élections présidentielles. Il est professeur de droit constitutionnel émérite à la Harvard Law School, et il réagit à un article anti-israélien primaire publié ce dimanche dans le New York Times (1).

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Et dimanche est un choix important car nous avons célébré MLK – la journée de Martin Luther King, ce sioniste qui prêchait de répondre à la haine par l’amour et non par la haine.

J’ai traduit la réaction de Dershowitz qu’il a publiée sur The Hill (2) parce que je n’aurai pas pu mieux que lui dénoncer tous les mensonges de l’article du NYT, dont le titre commence déjà par une grosse Fake News : « Time to break the silence on Palestine » (il est temps de rompre le silence sur la Palestine), comme si le sujet faisait l’objet d’une censure, alors que de tous les territoires disputés du monde, il est le seul qui reçoit une couverture médiatique universelle.

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La une du New York Times de dimanche présente l’un des articles les plus partiaux, unilatéraux, historiquement inexacts et mal informés sur le conflit israélo-palestinien jamais publiés par un grand journal.

Écrit par Michelle Alexander, il s’intitule « Time to break the silence on Palestine », comme si la question palestinienne n’était pas la cause la plus exagérément évoquée sur les campus des universités, aux Nations Unies et dans les médias.

Il n’y a pas de silence à rompre.

Ce qu’il faut rompre, c’est le double standard de ceux qui élèvent les revendications palestiniennes au-dessus de celles des Kurdes, des Syriens, des Iraniens, des Tchétchènes, des Tibétains, des Ukrainiens et de nombreux autres groupes méritants qui souffrent vraiment du silence des universitaires, des médias et de la communauté internationale.

L’ONU consacre plus de ressources – en temps, en argent et en votes – à la question palestinienne qu’aux revendications de tous ces groupes opprimés réunis.

La souffrance des Palestiniens, qui n’atteint pas celle de nombreux autres groupes, est largement auto-infligée.

  • Ils auraient pu avoir un État sans occupation s’ils avaient accepté le rapport de la Commission Peale de 1938,
  • la partition de l’ONU de 1947,
  • l’offre Clinton-Barak de 2000 à 2001,
  • l’offre Ehud Olmert de 2008.

Les dirigeants palestiniens n’ont jamais voulu qu’il y ait un État juif, pas plus qu’ils n’ont voulu qu’il y ait un État palestinien – je le sais parce que j’ai posé cette question directement à Mahmoud Abbas

Ils ont rejeté toutes ces offres – et répondu par la violence et le terrorisme – parce que cela les aurait obligés à accepter Israël comme État-nation du peuple juif, ce qu’ils ne veulent pas faire aujourd’hui encore.

Je le sais parce que j’ai posé cette question directement au président palestinien Mahmoud Abbas, qui a dit non. Les dirigeants palestiniens n’ont jamais voulu qu’il y ait un État juif, pas plus qu’ils n’ont voulu qu’il y ait un État palestinien.

La question palestinienne n’est pas « l’un des grands défis moraux de notre époque », comme le souligne l’article du Times. C’est un problème complexe, nuancé, pragmatique, avec des fautes de part et d’autre.

  • Il pourrait être résolu si les dirigeants palestiniens étaient prêts à accepter les « compromis douloureux » que les dirigeants israéliens ont déjà accepté.
  • Si les premiers dirigeants palestiniens, avec les États arabes voisins, n’avaient pas attaqué Israël au moment où il a déclaré son statut d’État, ils auraient eu un État viable et sans réfugiés.
  • Si le Hamas avait utilisé les ressources qu’il a reçues lorsqu’Israël a mis fin à son occupation de la bande de Gaza en 2005 pour construire des écoles, des hôpitaux et des industries, au lieu d’utiliser ces ressources pour construire des lance-roquettes et des tunnels terroristes, il aurait pu devenir un « Singapour sur la mer » au lieu de l’enclave pauvre que ses dirigeants en ont faite.

Les dirigeants palestiniens – le Hamas et l’Autorité palestinienne – portent au moins autant de responsabilités que les Israéliens dans le sort des Palestiniens. Israël n’est pas sans faute, mais l’approche unilatérale, qui consiste à rejeter la faute sur Israël, est ahistorique et contre-productive car elle encourage la récalcitrance palestinienne. Comme Abba Eban l’a dit : « Les Palestiniens ne ratent jamais une occasion de rater une occasion. »

  • Une illustration frappante de la partialité de l’auteur est son affirmation absurde selon laquelle « de nombreux étudiants craignent d’exprimer leur soutien aux droits des Palestiniens » en raison des « tactiques maccarthyste » employées par les groupes pro-israéliens.
    • J’ai enseigné et donné des conférences sur de nombreux campus, et je peux attester qu’aucune cause internationale ne reçoit plus d’attention – bien plus qu’elle ne le mérite, en comparaison avec d’autres causes plus convaincantes – que les Palestiniens.
    • Ce sont les étudiants pro-israéliens qui sont réduits au silence par crainte d’être rabaissés, de se voir refuser des recommandations ou rejetés par leurs pairs ; certains ont même été menacés de violence.
    • Des efforts ont été faits pour m’empêcher de parler sur plusieurs campus, malgré mon plaidoyer en faveur d’une solution à deux États au conflit.
  • Alexander affirme qu’il existe une discrimination légale contre les Arabes israéliens.
    • La réalité est que les Arabes israéliens ont plus de droits que les Arabes n’importe où dans le monde musulman.
    • Ils votent librement, ont leurs propres partis politiques, s’expriment ouvertement contre le gouvernement israélien et bénéficient d’une action positive dans les universités israéliennes.
    • Le seul droit légal qui leur manque est de faire d’Israël un autre État musulman régi par la charia, au lieu de l’État-nation du peuple juif régi par une loi démocratique laïque. C’est tout ce que fait la nouvelle loi de l’État-nation – à laquelle je m’oppose personnellement – lorsqu’elle refuse aux Arabes « le droit à l’autodétermination en Israël ».
  • Alexander condamne « les maisons palestiniennes qui sont rasées au bulldozer », sans mentionner que ce sont les maisons de terroristes qui assassinent des enfants, des femmes et des hommes juifs.
  • Elle déplore les pertes en vies humaines à Gaza – qu’elle appelle « occupée », même si tous les soldats et colons israéliens sont partis en 2005 – sans mentionner que nombre de ces pertes étaient des boucliers humains d’où les terroristes du Hamas tirent des roquettes sur des civils israéliens.
  • Elle dit qu’il y a des « rues pour les Juifs seulement », ce qui est un mensonge catégorique ; il y a des routes dans les territoires contestés qui sont limitées aux voitures avec des permis israéliens – pour des raisons de sécurité. Mais ces routes sont ouvertes à tous les Israéliens, y compris les musulmans, les druzes, les chrétiens, les zoroastriens et les personnes sans foi.

L’aspect le plus scandaleux de la chronique d’Alexander est son affirmation selon laquelle MLK l’a inspirée à l’écrire.

MLK était un sioniste convaincu, qui a dit :

« Quand les gens critiquent les sionistes, ils veulent dire les Juifs. Vous parlez d’antisémitisme. »

Il est certainement possible que le MLK aurait critiqué certaines politiques israéliennes, mais je suis convaincu qu’il aurait été consterné par l’attaque unilatérale d’Alexander contre l’État-nation du peuple juif, et en particulier par son utilisation abusive de la réputation [de MLK] pour soutenir le fanatisme anti-israélien.

Alan Dershowitz

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(1) NY Times
(2) The Hill

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