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Publié par Gaia - Dreuz le 23 janvier 2019

Les mots d’Alexandre Benalla résonnent avec les mea culpa médiatiques de Jérôme Cahuzac et Dominique Strauss-Kahn, qui ont façonné notre imaginaire collectif.

Le lundi 21 janvier voyait la réouverture des auditions de Monsieur Benalla devant la commission d’enquête sénatoriale. Le « premier acte », qui a rythmé l’été, s’ancrait autour de la question du rôle et des attributions lors de la manifestation de mai. Ici, « le second acte » s’ouvre sur la question des passeports. L’occasion de revenir sur les mots utilisés par Alexandre Benalla, souvent en résonance avec d’autres affaires dont les mea culpa médiatiques ont quelque peu façonné notre imaginaire collectif. Tableau croisé des différentes stratégies discursives utilisées.

Etape n°1 – La fausse concession

Figure rhétorique connue, elle consiste à donner l’impression de concéder et caresser dans le sens du poil afin de mieux endormir: « Vous connaissez l’expression une main de fer dans un gant de velours? Toujours efficace, la fausse concession permet à l’orateur de donner l’impression d’aller dans le sens de son interlocuteur, sans renier ses convictions. » (Cf. Elodie Mielczareck, Déjouez les manipulateurs, ed. Nouveau Monde, 2016). La « faute morale » d’un DSK, « la folle erreur, la folle bêtise » d’un Cahuzac rejoignent l’aveu d’un Benalla: « j’ai commis un certain nombre d’erreurs, des erreurs que j’ai reconnues volontiers auprès de mes proches, auprès de mon entourage et que je reconnais publiquement devant vous et je l’ai fait également devant la Justice. »

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Etape n°2 – Le faux portrait

Cette étape est primordiale, elle consiste en un renversement de valeurs. Il s’agit de construire une nouvelle image, en opposition à celle présentée dans les médias: récuser le passé pour rétablir le présent. Plus les micro-expressions de dégoût sont présentes sur le visage, plus la séquence est jugée sincère. DSK nous disait ainsi: « Ce portrait, moi je ne l’aime pas et je le récuse même si j’y ai ma part de responsabilité. » Pendant l’affaire Cahuzac, nous avions vu l’émergence de « l’autre Jérôme », sa « part d’ombre ». Alexandre Benalla suit la même stratégie discursive: « En 6 mois on a réussi à construire et à faire de moi un personnage qu’on dit sulfureux, diabolique, infréquentable… ce sont tous les qualificatifs qui sont employés à mon encontre (…) mais je n’accepte pas le personnage qui a été construit autour de moi et qui ne reflète pas la réalité de ce que je suis, qui je suis et ce que j’ai fait lorsque j’étais à la présidence de la République. »

Etape n°3 – La victimisation ou prétexte extérieur

C’est l’étape durant laquelle les orateurs convoquent un prétexte extérieur pour justifier l’état de fait. L’on comprend que les acteurs sont en fait des sujets qui subissent le monde extérieur, à cause d’une notoriété trop importante (ce sont les motivations financières évoquées par DSK), d’une ambition trop forte (c’est le « travail ardent, sincère » évoqué par Cahuzac), d’une complicité gênante (c’est « le cheminement, la construction médiatico-politique qui n’avait qu’un seul but: atteindre le Président de la République » évoqué par Benalla).

Etape n°4 – L’appel à la Loi

Nul besoin d’attendre le verdict de la Justice, il s’agit de prononcer haut et fort que le périmètre d’action s’inscrit dans un cadre légal. Jérôme Cahuzac affirmait ainsi: « J’ai indiqué ce montant (…) ce compte n’a jamais permis de financer la campagne du PS ». Bien sûr plus les accessoires sont présents, plus la mise en scène théâtralisée a de l’impact: « Le rapport du procureur ne m’accuse en rien en matière de traces ou de blessures » affirmait DSK en brandissant des papiers face caméra. Benalla, moins éloquent, rappelle que ses « compétences n’ont jamais été, depuis le début de vos auditions, remises en cause par qui que ce soit, je n’ai pas débarqué à l’Elysée par effraction. »

Etape n°5 – La valeur « Respect »

C’est l’acmé de la stratégie de défense: l’appel à une valeur forte, même si elle est complètement abstraite. Souvent, c’est la valeur « Respect » qui est convoquée: DSK affirme ainsi à la fin de son interview sur TF1: « j’ai du respect pour les femmes », Denis Baupin (alors qu’il est inquiété sur plusieurs affaires de harcèlement) déclare: « J’ai toujours eu le sentiment d’être respectueux ». Benalla, lui, se dit « très respectueux des Institutions ». Il existe un mot pour décrire cet usage un peu trop courant, qui nourrit la défiance face aux instances dirigeantes: la prétérition, c’est faire exactement l’inverse de ce que l’on dit…

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Source : Huffingtonpost

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