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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 25 janvier 2019
Juan Guaido

Le Congrès vénézuélien a officiellement déclaré mardi que le Président Nicolas Maduro était un « usurpateur », rendant ses actions nulles et non avenues quelques jours seulement après avoir prêté serment pour un second mandat controversé.

R

euters a rapporté que le législateur de l’opposition Jorge Millan a déclaré dans un discours après le vote :

Aujourd’hui, le Congrès déclare qu’à ce moment-là il n’y a pas de président de la république. Commençons le processus de rétablissement de l’ordre constitutionnel. »

Comment en est-t-on arrivé là ?

  • M. Maduro, qui a assumé la présidence après la mort de son mentor, le dictateur Hugo Chávez, en 2013, a supervisé la dramatique destruction de l’économie du Venezuela – autrefois l’un des pays les plus prospères de la région – en raison de l’application de lois socialistes et de la corruption qui les accompagne.
  • La stratégie de survie de Maduro consiste aujourd’hui notamment à :
    • favoriser le déplacement de la population vénézuélienne (jusqu’à 3 millions de réfugiés selon le HCR),
    • ne pas rembourser la dette internationale,
    • couper les importations,
    • politiser les biens subventionnés,
    • maintenir la situation d’une crise alimentaire sans précédent afin de dominer la population comme jadis l’URSS l’a fait,
    • et à promouvoir la dévastation du bassin amazonien pour s’emparer de son or.
  • Maduro a centralisé le pouvoir au sein de l’exécutif, limitant la dissidence par la violence et l’intimidation, et gagné la loyauté des militaires en leur donnant le contrôle d’industries lucratives – la corruption – qu’ils ont détruit par incompétence et mauvaises décisions.
  • En 2017, alors que les protestations se multipliaient, Maduro a mis à l’écart l’Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition, en ordonnant la création d’un « nouvel organe législatif », connu sous le nom d’Assemblée constituante, qui a été chargé de « réécrire » la Constitution.
  • Il a emprisonné d’éminents membres de l’opposition, la laissant largement inefficace pendant de nombreux mois.
  • En mai 2018, Maduro a été réélu pour un nouveau mandat de six ans en pleine crise financière et humanitaire.
  • La coercition et le truquage des votes ont été largement rapportés.
  • Au moment de son investiture, le 10 janvier, de nombreux pays n’ont pas reconnu la légitimité de son nouveau mandat, notamment les représentants de l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, ainsi que les membres du Groupe de Lima – 13 pays d’Amérique latine.

Qui est le président légitime ?

  • Suite au vote, et en vertu de la constitution du pays, Juan Guaido, le chef de l’Assemblée nationale, doit diriger le pays dans son ensemble en l’absence d’un président national légitime.
  • Le chef de l’opposition Guaido a donc le soutien légal nécessaire pour prendre les rênes des mains du dictateur socialiste Maduro.
  • L’Assemblée nationale a également adopté une mesure demandant à des dizaines de gouvernements étrangers de geler les comptes bancaires lié au gouvernement de Maduro.
  • L’article 233 de la constitution vénézuélienne autorise Guaido à prendre le pouvoir dans ces circonstances. Il a cependant besoin du soutien de l’armée et de la communauté internationale pour ce faire – et Maduro a clairement indiqué qu’il n’abandonnerait pas sa position sans combattre, et l’armée a pour l’instant apporté, dans ses déclarations, tout son soutien au président illégitime qui ne reconnaît pas la constitution de son pays – ce qui n’est pas une surprise.

Qui est Juan Guaido ?

Juan Guaido est un jeune homme de 35 ans qui n’est à la tête de l’Assemblée nationale que depuis trois semaines, mais dont la popularité a augmenté parce qu’il n’a pas eu peur d’appeler Maduro « usurpateur ». Il a grandi dans une ville côtière et a travaillé auparavant comme ingénieur dans l’industrie.

Il a lancé son propre parti politique, le Voluntad Popular [la volonté populaire], avec Leopoldo Lopez, un chef de l’opposition célèbre et populaire auprès des Vénézuéliens depuis un certain temps déjà. Lopez est considéré comme le mentor de Guaido et est actuellement assigné à résidence par le dictateur vénézuélien.

Au préalable, il s’est fait les dents en politique dans un mouvement de protestation étudiante il y a dix ans, et a été élu à l’Assemblée nationale en 2015.

Guaidó a été élevé dans une famille de 8 enfants de la classe moyenne. Son père était pilote de ligne et enseignant. Un grand-père était sergent de la Garde nationale vénézuélienne et un autre grand-père était capitaine dans la marine vénézuélienne.

Après avoir vécu la tragique catastrophe naturelle de Vargas en 1999 qui a laissé sa famille temporairement sans abri, Guaidó a obtenu son diplôme d’études secondaires en 2000. Selon ses collègues, la tragédie a influencé ses opinions politiques après que le nouveau gouvernement d’Hugo Chávez, alors au pouvoir, ait apporté une réponse inefficace à la catastrophe.

Guaidó a ensuite obtenu sa licence d’ingénieur industriel après avoir obtenu son diplôme de l’Université catholique Andrés Bello en 2007. Guaidó a également fait des études de troisième cycle à l’Université George Washington aux États-Unis et à l’Instituto de Estudios Superiores de Administración.

Guaido a reçu un coup de pouce d’un puissant bienfaiteur et de nombreux partisans conservateurs de l’extérieur du pays.

Cela ne veut pas dire que le remplacement potentiel de Maduro fera soudain du Venezuela une sorte de paradis capitaliste épris de démocratie. Beaucoup de gens dans les partis d’opposition étaient d’accord avec le socialisme, à condition qu’ils en tirent un profit personnel. Ils ont perdu leurs illusions après que Chavez et Maduro a entraîné le pays de plus en plus profondément dans la corruption et la misère.

La réelection de Maduro est-elle légitime ?

  • La date des élections présidentielles vénézuéliennes a été anticipée sur ordre de Maduro et ont eu lieu en mai 2018.
  • L’opposition n’y a pas participé car le gouvernement a refusé d’apporter les conditions pour garantir que ces élections seraient libres et équitables.
  • Le taux d’abstention a été de 68%, selon les données disponibles.
  • Sur le plan légal, les élections n’ont pas été convoquées par le Conseil électoral national mais par « l’Assemblée constituante » nationale sous contrôle du régime.
  • « L’Assemblée constituante » a été créée par un vote frauduleux le 30 juillet 2017, et elle agit comme un pouvoir au-dessus de la constitution vénézuélienne.
  • Les règles électorales ont ensuite été complètement modifiées de manière sommaire et la société Smartmatic, qui exploite des machines à compter les votes, a dénoncé l’élection comme une fraude.
  • Pour ces raison, la plupart des membres de la communauté internationale n’ont pas reconnu la validité des résultats des élections.
  • C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale a voté, après la proclamation des résultats, que le président Maduro était un « usurpateur ».

Réaction de Maduro

Lundi, Maduro a ri de l’idée qu’il céderait le pouvoir à Guaido, se moquant de lui dans un discours en disant :

Je vais te donner la ceinture, mon grand, pour voir ce que tu fais avec le pays », en référence à la bannière officielle portée par le président.

Les leaders du gouvernement à l’Assemblée Constitutionnelle – un organe rival créé en 2017 et peuplé de partisans de Maduro – ont menacé de faire juger Guaido pour trahison. CNN a rapporté que des agents du gouvernement ont brièvement arrêté Guaido dimanche, mais il a été libéré quelques heures plus tard, suite aux menaces de l’Administration Trump, controversées par l’opposition Démocrate pour ingérence dans les affaires d’un autre pays, qui pourtant n’ont jamais critiqué Obama lorsqu’il a exigé que le président égyptien Moubarak quitte « immédiatement » le pouvoir, ou lorsqu’il a financé une organisation anti-Netanyahu lors des élections Israéliennes.

Pendant ce temps, Maduro continue de plonger davantage le pays dans le calvaire socialiste : il a ordonné une augmentation de 300 pour cent du salaire minimum lundi, alors que l’inflation annuelle est actuellement d’environ 240.000 pour cent, a rapporté Bloomberg.

L’Amérique veut-elle mettre la main sur le pétrole vénézuélien ?

Les anti-américains primaires accusent déjà le président Trump d’être intervenu dans le processus démocratique vénézuélien parce qu’il veut mettre la main sur les importantes richesses pétrolières du pays. C’est oublier que pour la première fois de son histoire, sous l’administration Trump les Etats-Unis sont devenus le premier producteur de pétrole au monde, et un exportateur.

« D’ici le milieu de l’année, la production américaine de brut sera probablement supérieure à la capacité de production de l’Arabie saoudite ou de la Russie« , indique le dernier rapport de l’EIA (1), une agence basée à Paris, ce qui signifie qu’elle s’attend à ce que les compagnies américaines produisent plus de pétrole que ce que l’Arabie saoudite ou la Russie sont capables de produire.

En quoi cela nous concerne ?

La crise actuelle trouve son origine dans l’élection d’Hugo Chavez en 1999, lorsque l’oligarchie conservatrice et ses alliés (y compris les sociétés transnationales) ont perdu le contrôle du gouvernement et des riches champs pétroliers du pays, les plus grandes réserves de pétrole du monde.

Chavez a mis le pays sur la voie d’une société humaniste et socialiste, a commencé à mettre en œuvre des programmes pour aider les pauvres et les travailleurs, et l’enfer de la politique socialiste appliquée a éclaté.

Après le décès de Chavez en 2013, le vice-président Nicolás Maduro, dirigeant syndical à vie, a pris ses fonctions et a été élu président lors d’une élection spéciale. La droite avait perdu aux urnes une fois de plus, bien qu’elle aient dénoncé ces élections comme frauduleuses, Maduro était au pouvoir, et il a continué la désastreuse entreprise de Chavez, en transformant le pays aux plus importantes réserves pétrolière du monde, en 4e plus pauvre du monde.

La stabilité et la sécurité régionales sont en tête de liste des préoccupations pour les Etats-Unis. Les cinq pays qui composent la région andine de l’Amérique du Sud sont particulièrement agités. La poursuite du chaos et l’escalade de la violence au Venezuela non seulement causeraient des dommages au pays lui-même, mais pourraient bien miner la capacité des pays voisins d’atteindre et de maintenir la paix sociale.

Sur ce sujet, la Colombie mérite une mention spéciale. Les États-Unis cherchent depuis longtemps à soutenir les efforts du gouvernement colombien, miné par les cartels de drogue et les milices terroristes communistes, pour étendre son autorité et le contrôle de l’État. Depuis 1999, la Colombie a reçu quelque 2,5 milliards de dollars d’aide à la sécurité des États-Unis, ce qui en fait le principal bénéficiaire en dehors du Moyen-Orient.

Pourtant, la violence à la frontière entre la Colombie et le Venezuela s’est intensifiée, impliquant la guérilla colombienne et les forces paramilitaires – et même les forces armées du Venezuela.

Et sur le plan géopolitique, la Russie, qui n’est pas très loin derrière, cherche à établir une base militaire en Amérique du sud, et le Vénézuéla est le candidat idéal, menaçant la stabilité de la région et des échanges commerciaux.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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