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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 janvier 2019

Jeudi dernier, lors d’une rencontre organisée à Bourg-de-Péage, près de Valence, Emmanuel Macron a répondu pendant plus de trois heures à 200 personnes, dont une poignée de Gilets jaunes.

Ses réponses révèlent l’âme d’un homme du système, politicien certes habile et rompu à la langue de bois, mais pas un chef d’Etat sincère et transparent, comme la France en a besoin en cette période de crise.

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Analyse



« Je suis le fils de cette crise, la colère que vous exprimez, une partie d’elle m’a porté. »

Culotté, Emmanuel Macron tente de retourner la grogne à son avantage. C’est le signe que manipuler et tromper les esprits fait partie intégrante de sa stratégie. C’est également le signe qu’il prend les gens pour des imbéciles, en supposant qu’ils vont le croire. C’est enfin la preuve qu’il ne comprend pas les Français, ce qui explique qu’il les représente si mal.

Certains se souviendront qu’il a tenu un discours contre les « syndicats et partis qui défendent les intérêts de ceux qui sont dans le système ». Ceux-là savent qu’il n’a pas tenu ses promesses – hélas, les Français ne sont pas habitué à voir un président tenir ses promesses.

Pourquoi c’est faux

  • L’élection de Macron a effectivement été la traduction d’une envie de changement – mais chaque élection est la traduction d’une envie de changement du fait de l’échec des promesses du président sortant.
  • Les médias, fascinés par l’homme, lui ont servi de plateforme électorale, et ont accepté de faire oublier qu’il a été ministre des Finances du gouvernement socialiste : la crise, il ne l’a pas créée, mais il était en position de la résorber, et il n’en a pas été capable : en cela, les responsables sont les Français qui ont fermé les yeux.
  • Macron n’est pas le candidat désigné par les Français qui voulaient calmer leur colère. C’est Marine Le Pen et Mélenchon, qui canalisent la colère, pour le pire.

2

« Je ne suis pas un politicien. J’y suis allé contre le système politique en place. On m’a pris pour un fada. »

Macron ment : toutes les phases de sa vie, il les passe en politique (il est membre inscrit et à jour de ses cotisations au parti socialiste de 2006 à 2009) et au cœur du système (ENA…) – En fait, Macron est le système.

Emmanuel Macron en 2012 : J’ai fait beaucoup de politique locale dans le Pas-de-Calais, dans la région de Berck, Etaples, Le Touquet, mais je n’ai jamais été investi, dit-il. Finalement, j’ai eu deux chances, d’abord que les socialistes du Pas-de-Calais ne veuillent pas de moi et puis que Nicolas Sarkozy soit élu en 2007. (1)


  • Dès qu’il atteint l’âge adulte, son premier réflexe, c’est de se jeter en politique : fin des années 1990, il a tout juste 18, il milite pendant 2 ans au Mouvement des citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevènement.
  • En 1998, Il intègre l’Institut d’études politiques de Paris en section « Internationale », puis s’oriente vers la section « Service public » dès la 3e année.
  • Alors qu’il est étudiant à Sciences Po, il effectue un stage au cabinet de Georges Sarre, maire du 11e à Paris, un proche de Chevènement.
  • Il sort diplômé de Sciences Po en 2001.
  • En 2000 à l’université Paris-Nanterre, son mémoire d’études est dédié à des penseurs politiques : Machiavel et Hege.

Puis Macron « qui est contre le système » pénètre encore plus profond dans le système : l’ENA…

  • De 2002 à 2004, Emmanuel Macron poursuit ses études à l’ENA dans la promotion Léopold Sédar Senghor.
  •  En 2004, il effectue un stage de l’ENA de six mois à l’ambassade de France du Nigeria, puis un autre à la préfecture de l’Oise.
  • La même année, à l’issue de ses études à l’ENA, il intègre le corps de l’Inspection générale des finances (IGF).
  • « Manu appartenait à une promotion très politisée, raconte l’un de ses camarades de l’ENA. On savait qu’il était de gauche » (1).
  • Alors qu’il est inspecteur des finances, Macron enseigne l’été à la « prep’ENA » au sein d’un groupe d’enseignement privé, l’IPESUP.
  • Il collabore à la fondation Jean-Jaurès à partir de 2006.
  • La même année, il rencontre François Hollande, auprès duquel il s’engagera à partir de 2010.
  • Il reçoit une une offre au cabinet Woerth en 2007, qu’il décline car « cela n’était pas conforme à [ses] opinions » (Macron est membre du PS).
  • En août 2007, il est nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française (« Commission Attali »), qui sera un désastre lamentable.
  • Puis il est co-rapporteur de la commission sur les professions du droit.
  • Peu documentée et pour cause, il va tenter en 2007 d’obtenir un mandat politique (2). En Picardie, il essaie d’obtenir l’investiture du Parti Socialiste. Son échec à obtenir l’investiture, et la victoire de Nicolas Sarkozy lui font abandonner provisoirement la vie publique en 2008. Il entre alors à la banque Rothschild – non pas dans la banque, mais au département entreprises, fusions-acquisitions.
  • Lors de l’élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou.
  • En 2008, soutenu par une grande partie des commerçants du Touquet-Paris-Plage, il envisage, puis renonce à se présenter aux élections municipales.
  • En 2010, le Premier ministre François Fillon lui propose de devenir son directeur de cabinet adjoint. Il refuse, là encore parce qu’il est socialiste.
  • De juillet à décembre 2011, il anime un think tank d’experts et d’économistes, le « groupe de la Rotonde », qui fait un rapport bi-mensuel au candidat Hollande.
  • 2012, François Hollande est élu président. A l’âge de 34 ans, Macron devient secrétaire général adjoint de l’Elysée du gouvernement socialiste, poste qu’il avait refusé en 2010 au gouvernement de droite.
  • Le 26 août 2014, il est nommé ministre de l’Économie et de l’Industrie dans le gouvernement Valls II.

Verdict : Macron ment sur son parcours. Il tente de retourner sa veste et de s’attirer la sympathie des Gilets jaunes. Après tout, il a réussi ce tour de magie pour être élu…

3

« Non. Je n’ai pas supprimé l’ISF pour faire des cadeaux à certains, c’est pour qu’ils réinvestissent dans le pays. »

Vrai : Macron voulait inciter les investisseurs à investir dans le pays. Son échec est qu’il n’a pas compris que pour attirer ou retenir les investisseurs, il eut fallu réformer les lois sur le travail, les montagnes de réglementations qui alourdissent inutilement le travail créatif des entreprises, et bien entendu l’immense fardeaux de taxes et d’impôts qui tuent la compétitivité des entreprises, et refroidit les plus téméraires.

4

L’addition des colères, ce n’est pas un projet. »

Emmanuel Macron voit le doigt levé du sage et il regarde la lune. Les Gilets jaunes sont « une addition de colères » très différentes, d’où sa difficulté à y répondre, dit-il. Ce sentiment de supériorité lui serra fatal. Au lieu de chercher à comprendre, il rejette. Au lieu d’analyser, il ridiculise. Au lieu de répondre, il espère que la diversité des demandes des Gilets jaunes, et leurs difficultés à se mettre d’accord leur seront fatales.

5

« La Constitution, ce n’est pas des ateliers d’écriture à 66 millions. »

Emmanuel Macron a été élevé dans le moule. Un moule qui n’a pas dans son ADN le sens de la démocratie et du citoyen. La demande de démocratie directe, ce sera niet car on lui appris qu’elle représente un danger létal pour le confort bourgeois dans lequel les hauts-fonctionnaires sont installés. Les Gilets jaunes devront se soumettre, Macron n’est pas le président qui offrira aux Français la démocratie du référendum permanent ou d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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