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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 janvier 2019

Dans son discours dans le « Rose garden » de la Maison-Blanche, le président Trump a annoncé hier lors d’une conférence de presse, la réouverture du gouvernement pour une durée de trois semaines suite à un accord obtenu avec le parti Démocrate.

Trump n’a apporté aucune précisions sur la nature des accords. Sa décision ressemble à une reculade parce que c’est une reculade. Elle est mauvaise pour son image, mais bonne pour le pays, car elle met fin à 35 jours de blocage, le plus long de l’histoire des Etats-Unis, et une position difficile à tenir pour le président, qui dès le début du shutdown, a affirmé qu’il en acceptait la pleine responsabilité. Le fait que les employés fédéraux reçoivent leurs salaires (ils avaient deux chèques de retard) est une bonne chose. Le fait que l’économie ne sera pas affectée par le shutdown également – les aéroports engorgés commençaient à laisser imaginer le spectre d’un pays bloqué.

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Trump, qui il y a encore deux jours, avait annoncé qu’il tiendrait le cap, semble avoir été déstabilisé par la trahison du parti Républicain au Sénat :

  • Le sénat – qui est à majorité Républicain par 53 contre 47, a rejeté un projet Républicain de rouvrir le gouvernement jusqu’à septembre et financer le mur à hauteur de 5,7 milliards comme le demande Trump.
  • Quelques minutes plus tard, 6 sénateurs ont fait défection, et voté avec les Démocrates par 52 contre 44 une proposition de réouverture du gouvernement sans financement du mur.
  • La Maison-Blanche ne s’attendait qu’à la défection de Mitt Romney, qui prend dans un jeu vicieux la place de feu John McCain -(et dire que Romney aurait pu être président, et que je l’ai soutenu contre Obama, car il aurait été indiscutablement meilleur président que lui, mais aurait probablement trahi les idées conservatrices à chaque virage), et a été affecté par ce revers politique.

Trump sur le fond est du bon côté de l’histoire : c’est puéril et malhonnête de dire qu’un mur est passéiste et ne marche pas.

Sur la forme, c’est une autre histoire. Avec les fonctionnaires fédéraux privés de leurs salaires, sa position était assez intenable, même si les conservateurs du congrès le poussaient, encore vendredi matin, à tenir bon et lui assuraient leur soutien, et Pelosi le savait parfaitement. C’est elle qui a tenu bon. Elle n’a d’ailleurs aucune raison, maintenant qu’elle a remporté cette victoire, d’adoucir sa position, et le président devra redoubler de talent stratégique pour rallier à lui assez de membres Démocrates du congrès pour contourner son blocage, ou retourner l’opinion publique contre elle, ce qui semble difficile à réaliser avec une presse qui agit comme relation publique pour le parti Démocrate.

Il a cependant annoncé que si une solution viable ne lui est pas proposée dans le délai de trois semaines, il aura recours à « une très puissante solution alternative », a-t-il expliqué hier – sans doute le recours à l’état d’urgence nationale.

Trump va pouvoir tenir dans l’enceinte de la Chambre son discours sur l’état de l’union – j’imagine mal que Pelosi s’y oppose encore, cependant elle a déjà annoncé que rien n’était prévu :

« Le discours sur l’état de l’Union n’est pas prévu pour l’instant », a-t-elle déclaré vendredi après la conférence de presse du président, et ce, malgré son accord pour mettre fin au shutdown. « Vous comprenez ça ? Ce que j’ai dit au président, c’est que lorsque le gouvernement sera ouvert, nous discuterons d’une date mutuellement acceptable [pour le discours] ».

Quels accords ?

Le président a déclaré hier : les membres du congrès « sont prêts à mettre le côté partisan de côté – je pense – et à faire passer la sécurité du peuple américain en premier ». Il a ajouté que « la barrière ou les murs seront une partie importante de la solution ».

« Il y a des discussions du côté du Sénat », a déclaré la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, aux journalistes vendredi matin, alors qu’elle entrait au Capitole. « Nous sommes en contact avec eux. » Interrogée sur les demandes de Trump concernant les mesures de sécurité à la frontière dans le cadre d’un projet de loi visant à rouvrir temporairement le gouvernement, Mme Pelosi a répondu : « Une étape à la fois ».

Pelosi faisait référence à la réunion de jeudi entre le leader Républicain de la majorité au Sénat, Mitch McConnell du Kentucky, et le leader de la minorité, Chuck Schumer (Démocrate) de New York, qui ont tenté d’explorer les prochaines étapes possibles destinées à résoudre l’impasse.

La veille, à la Maison-Blanche, Trump avait déclaré aux journalistes qu’il soutiendrait « un accord raisonnable » pour la réouverture du gouvernement et qu’il était prêt à se contenter d’un « acompte » pour la construction du mur, sans préciser le montant.

Trump a-t-il perdu la partie ?

Nancy Pelosi a remporté une double victoire, et c’est sans aucun doute frustrant pour ceux qui ne l’aiment pas.

  • Le Président Trump a remis à plus tard son discours sur l’état de l’Union. C’est une grosse victoire de la haine contre la décence. Une victoire pour Nancy Pelosi qui l’a désinvité de la chambre des représentants où le discours se tient traditionnellement, au prétexte que la sécurité ne pouvait pas être assurée. Pelosi mentait, et les services de renseignement ont immédiatement réagi en affirmant que ce n’était pas vrai, et que Pelosi ne les avait jamais consultés.
  • Puis Trump s’est brisé sur la rigidité absolue de Pelosi qui refuse totalement la construction d’un mur pour l’unique raison que Trump la réclame.
  • Et il a rouvert le gouvernement après avoir dit qu’il était prêt à continuer.

Mais Pelosi n’a pas gagné la guerre. Car le réel objectif est double :

  1. La sécurité frontalière, et la construction du mur en fait intégralement partie, est du devoir du président. Le fait que Pelosi et les Démocrates soient prêts à renoncer à la sécurité des Américains pour marquer des points politiques et bloquer le président est si banal que les Américains y sont devenus moins sensibles. C’est regrettable.
  2. La réélection du président en 2020. S’il n’obtient pas d’ici là la construction du mur qu’il a promis et que réclament ses électeurs, et dont l’Amérique a besoin alors que deux nouvelles caravanes se préparent depuis le Honduras et qu’une grosse quantité de drogue vient d’être saisie, il perdra probablement les élections.

Trump a-t-il pour autant perdu la partie ? On ne peut pas juger maintenant. On ne le saura que dans 3 semaines – c’est le temps de réouverture du gouvernement par Trump pour que le Congrès propose une solution pour sécuriser la frontière, proposition qui inclut un mur de séparation aux endroits les plus sensibles.

Sa réussite ou son échec à faire financer le mur diront si son recul d’hier est un échec ou pas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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