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Publié par Gaia - Dreuz le 31 janvier 2019

Source : Lacroix

La reprise du dernier fief de Daech ne serait plus qu’une question de semaines.

Sur le front, les soldats arabes et kurdes, épaulés par la coalition internationale, mènent une guerre d’usure contre les centaines de djihadistes encore retranchés.

Alors que les civils regagnent progressivement leurs villages libérés, des réfugiés fuient en masse l’ultime territoire aux mains de l’organisation terroriste.

Autour du feu, une dizaine de soldats patientent, assis sur des chaises en plastique, quelques tirs de mortier et de kalachnikov en fond sonore. Entre deux cigarettes, ils partagent une barquette de riz et un morceau de poulet froid. Les mains sont terreuses, les visages vieillis par la guerre, les treillis dépareillés.

Sur le front de Marashidah, l’un des deux derniers villages syriens où flotte encore le drapeau noir de Daech, les affrontements restent sporadiques. Les djihadistes se trouvent à moins d’une centaine de mètres, barricadés dans une maison. « C’est une véritable guérilla urbaine, explique Haval Simko, combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition de milices arabo-kurdes soutenue par Paris, Londres et Washington. Les terroristes se terrent dans des tranchées et se déplacent d’un bâtiment à l’autre en creusant des tunnels. »

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« L’une des batailles les plus violentes que nous avons connues »

Du « califat » proclamé par son chef, Abu Bakr Al-Baghdadi, en juin 2014, il ne reste qu’une bande de terre le long de l’Euphrate. Repliés à l’intérieur, plusieurs centaines de combattants livrent une lutte à mort contre les FDS. Des djihadistes vétérans des batailles emblématiques contre Daech (celles de Kobané, en 2014 et 2015, de Mossoul ou encore de Rakka, en 2016 et 2017), souvent hauts dignitaires de l’organisation.

« Il ne reste que les meilleurs guerriers, affirme Haval Mirvan, commandant des FDS dans la province syrienne de Deir Ez-Zor. Daech est établi ici depuis longtemps, ils connaissent le terrain et disposent de plusieurs ateliers de fabrication de missiles et d’explosifs. C’est l’une des batailles les plus violentes que nous avons connues. » Une guerre d’usure lente et chaotique, ponctuée d’attentats-suicides, qui tue chaque jour une dizaine de soldats des FDS.

« Les mines constituent aujourd’hui l’un des principaux dangers, poursuit Haval Simko, tous les bâtiments, les routes et les champs sont piégés. » Chaque centimètre repris aux terroristes peut être synonyme de mort. Un frigo, une poussette, un interrupteur peuvent cacher des engins explosifs improvisés. Devenus la spécialité des djihadistes, ils ralentissent l’avancée des troupes. « Nous menons d’importantes opérations pour nettoyer les terrains conquis, mais le déminage de la zone pourrait prendre des années. »

À une vingtaine de kilomètres des combats, le village d’Hajine n’est plus qu’un champ de ruines et de cratères, stigmates des bombardements. Dans les décombres, quelques revenants couverts de poussière tentent de se frayer un chemin. Debout sur un tas de gravats haut de plusieurs mètres, une masse à la main, Nadjwa déblaye ce qu’il reste de son foyer. « Tout ça, c’est à cause de ces chiens de Daech, hurle cette mère de huit enfants, un foulard mauve dans les cheveux. Nous venons de passer un an dans un camp de réfugiés à mourir de froid et de faim et maintenant il faut tout reconstruire. »

6 000 personnes ayant fui en une semaine

Dans le ciel, les avions occidentaux quadrillent la zone en permanence et bombardent le dernier fief de Daech. Ces frappes entraînent une fuite massive des habitants, pris au piège : ils sont 6 000 à avoir quitté l’enclave en moins d’une semaine, via un corridor humanitaire. Un afflux difficile à maîtriser pour les FDS, de nombreux djihadistes se mêlant aux civils.

Entassés dans des camions alignés au milieu du désert, à proximité d’une base arrière de la coalition, les milliers de fuyards attendent d’être emmenés dans des camps de réfugiés. Les cris des enfants déchirent le vent glacial. Les femmes, toutes vêtues d’un voile intégral, quémandent un peu de nourriture aux gardes. Leurs maris sont immédiatement emmenés pour être interrogés. Sous l’unique tente du camp, lacérée de toute part, Myriam (1) reste prostrée dans un coin avec ses quatre enfants, sans couverture.

Après cinq ans en Syrie, le mari de cette jeune femme, combattant au sein de Daech, a décidé de rendre les armes.« Cela fait des mois que nous n’avions plus rien à manger, la vie était devenue impossible, » raconte-t-elle, la voix presque éteinte. Originaire de Narbonne, la trentaine, elle dit vouloir quitter le groupe djihadiste depuis deux ans. Une défection rendue impossible, selon elle, par la surveillance permanente des autres combattants et les mines placées sur toutes les routes sortant du « califat »« Je veux rentrer en France avec mes enfants,poursuit Myriam. Mais je vois bien toute la haine que les gens ont pour nous quand je lis les commentaires sous les articles de presse sur Facebook. Personne ne nous viendra en aide. »

Le sort délicat des enfants de combattants étrangers

À côté d’elle, sa fille et ses trois garçons, âgés de 2 à 5 ans, tremblent de froid. Ils viennent de passer la nuit dehors. Ils sont nés en Syrie de deux parents français, mais n’ont aucun document d’identité. Français de droit, mais sans existence juridique, ses enfants semblent pour Myriam être l’assurance de son rapatriement vers l’Hexagone. « Ils doivent grandir en France, et personne ne peut les séparer de leur mère. Regardez-les, ce sont des innocents. Ils n’ont jamais vu de mort en Syrie et moi non plus d’ailleurs. Ici, je peux vous dire que ça relève du miracle ! » lance-t-elle, narquoise.

Puis une colère froide s’empare de la jeune femme. « Je ne vois pas pourquoi nous devrions être jugés, s’insurge-t-elle, déconcertante de franchise. Les pilotes français qui bombardent les écoles de nos enfants ne seront jamais condamnés et nous, ils veulent nous faire payer les attentats en France. Mais ce n’est pas moi qui ai demandé qu’on fonce avec un camion dans la foule ! » Et d’avouer n’avoir jamais été témoin de tels crimes de la part de la coalition : « Mon mari me l’a raconté. » Et pour cause, Myriam affirme n’avoir pratiquement jamais mis un pied dehors. « Les femmes restent à la maison pour s’occuper des enfants. Nous ne sommes pas des guerrières. »

Des cellules dormantes malgré la fin du califat

Une version contredite par Haval Mirvan, le commandant des FDS dans la province syrienne de Deir Ez-Zor : « Nous savons que certaines d’entre elles faisaient partie d’unités combattantes. Grâce à nos services de renseignements, nous allons pouvoir les identifier puis les juger. » Pour les autres, aucune procédure spécifique n’a pour l’instant été mise en place.

Ces défections de nombreux djihadistes présagent une victoire toute proche pour les FDS. Mais si le « califat » vit ses dernières heures, les attentats kamikazes des cellules dormantes restent très fréquents dans les zones libérées. La peur de voir le terrorisme resurgir dans la région occupe tous les esprits. « Nous pouvons détruire Daech en tant qu’armée, mais son idéologie restera ancrée durant des décennies, résume Haval Mirvan. C’est ce qui le rendinvincible. »

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Les grandes batailles contre Daech

De septembre 2014 à janvier 2015, les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), soutenues par la coalition internationale, cherchent à empêcher les djihadistes de prendre le contrôle de Kobané. La ville syrienne, à la frontière turque, représente un enjeu stratégique, étant reliée par la route à Rakka et Alep. Daech sera finalement repoussé.

D’octobre 2016 à juillet 2017, l’armée irakienne, épaulée par des milices chiites, des combattants kurdes et la coalition internationale, affronte Daech à Mossoul. L’organisation y avait proclamé le califat en juin 2014. Après neuf mois d’une guerre resserrée, les forces de Daech y seront écrasées. D’après une enquête de l’agence Associated Press, 9 000 à 11 000 civils ont été tués.

De juin à octobre 2017, Rakka est le théâtre d’une bataille déterminante pour Daech, qui en avait fait sa « capitale ». En première ligne, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont soutenues par la coalition internationale, qui mène de nombreux raids aériens. Les djihadistes sont chassés de la ville, en ruines. Amnesty International déplore « plusieurs centaines de morts » parmi les civils.

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