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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 6 février 2019

Frédéric Lordon met en scène le complotiste de l’Élysée sur Le Monde diplomatique : « On peut tenir pour l’un des symptômes caractéristiques des crises politiques l’emballement des événements, et la survenue de faits ou de déclarations parfaitement renversants. En moins de 24 heures, les enregistrements Benalla sont aussitôt enchaînés avec une rafale de propos signés Macron, c’est la mesure du dérèglement général de ma macronie donnée à ceci que, dans la compétition des deux, c’est Benalla qui doit faire figure du diable. »

Avec Macron, tout est scandal ! Avec Macron, c’est le racisme social, le mépris en toute occasion, et surtout l’absence complète de limite, de censure, de reprise de soi. C’est une compulsion venue de loin : dans l’instant où il annonce et jure de faire « très attention » à ses « petites phrases », il se scandalise que le premier « Jojo avec un gilet jaune » ait « le même statut qu’un ministre ou un député ». Macron, c’est comme pour l’alcoolique impénitent : les petites phrases, « j’arrête quand je veux », mais surtout : « je commence demain ! »

« Et c’est cet individu dont les « analystes » des grands médias se demandent « dans quelle mesure il tiendra compte des résultats du Grand Débat ! » Même une fiction n’oserait pas inventer un personnage aussi énorme, aussi cogné ! Le propre de la fiction, même débridée, peine à se tenir au niveau de la réalité !

Il ignore tout de ce qui n’est pas le reflet de sa caste. Avec « Jojo », déjà, il y avait de quoi faire !

Mais on n’avait encore rien vu. C’est quand il entre dans « l’analyse » que le « patron » (et protecteur) de Benalla se surpasse. La restitution par Le Point de ces merveilleux « off », assurément des documents pour l’Histoire, livre sur l’entendement, il faudrait plutôt dire sur la psyché présidentielle, des aperçus proprement vertigineux et, à chaque jour qui passe, nous savons un peu mieux à qui nous avons à faire.

Macron : « Éric Drouet est un produit médiatique ». Macron (déglingo-parano ?) appelle les médias à se ressaisir et décortique l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des « Gilets Jaunes ».

Berretta, Le Point : « Des semaines après l’embrasement du mouvement des « Gilets jaunes », Macron pointe la responsabilité des médias, leur « naïveté » face à ce qu’il considère « une manipulation des extrêmes, avec le concours d’une puissance étrangère ». La Russie de Poutine, à travers Russia Today ou Sputnik, pointe dans son discours. Macron fait la part entre les revendications légitimes de la France des ronds-points sur le pouvoir d’achat et les « 40 000 à 50 000 ultras violents qui veulent abattre les institutions ». Macron a refusé d’accréditer Russia Today à l’Élysée, considérant comme dangereux cet organe de propagande.

« Drouet, c’est un produit médiatique, un produit des réseaux sociaux », observe Macron en dénonçant l’abdication des médias traditionnels à faire leur travail de hiérarchisation et d’analyse. « L’envers du décor de cette crise a été très peu montré. les différentes strates de « Gilets Jaunes », la déconstruction de ce qu’est le mouvement, de ses influences, la déconstruction de ses influences extérieures, ça, on l’a très peu entendu. Il y a eu une forme de légitimation accélérée de ce qu’a été ce mouvement qui est un problème. » Pour Macron, c’est à partir d’avril ou mai 2018 que « l’éditorialisation de la vie politique a changé ». Les quotidiens, quels qu’ils soient, ne font plus l’actualité. Ils suivent les chaînes d’information en continu qui suivent les réseaux sociaux.

Vous pouvez « manipuler les débats » ! C’est une question que l’on doit se poser. Ça veut dire que le zapping est permanent, qu’il n’y a plus rien de fixe, mais cela veut dire que l’une des fonctions qu’ont les journalistes, qui est justement de hiérarchiser ce qui, dans l’information, est accessoire et ce qui est important ou a du sens, a été abandonnée. Ce qui fixe ça dans la vie politique du pays, c’est le nombre de vues sur Internet et les manipulations qui vont avec ! Dans l’affaire Benalla et les Gilets Jaunes, la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90 % des mouvements sur Internet. De plus en plus, des chaînes d’information disent « ceci est important, ceci est légitime » parce qu’il y a du mouvement sur Internet.

« Ce mouvement est fabriqué par des groupes qui manipulent, et après, ça devient un sujet dans la presse quotidienne nationale et dans les hebdos. » Selon Macron, il est évident que les « Gilets Jaunes » radicalisés ont été « conseillés » par l’étranger. « Les structures autoritaires nous regardent ». Il ne faut pas se tromper. On est d’une naïveté extraordinaire. Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. Nous n’avons pas construit, comme les nations autoritaires, les anticorps au système.

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« Nous, on est des pitres ! La communication officielle, ou celle de tous les mouvements traditionnels, est très peu active, très peu relayée. Les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes.

« C’est Russia Today, Spoutnik, etc. Regardez, à partir de décembre, les mouvements sur Internet, ce n’est plus BFM qui est en tête ! C’est Russia Today ! Si on veut rebâtir les choses, on doit accepter qu’il y ait une hiérarchie des paroles. Et il faut se poser la question : « D’où tu parles ? Quelle est ta légitimité ? »

« Celui qui est maire, celui qui est député, celui qui est ministre a une légitimité ou une responsabilité. Le citoyen lambda n’a pas la même légitimité. Il ne représente que lui-même. Quand je parle avec les citoyens, je les mets tous à égalité. Mais je n’ai pas reçu à l’Élysée le chef des Gilets Jaunes. Il n’y en a pas.

« Et quand il y a des Gilets Jaunes dans les débats, je ne leur parle pas. Je parle aux citoyens, Gilets Jaunes ou pas. » Macron veut un moyen de se protéger et de sécuriser la qualité de l’information face à l’afflux des Fake News. Il souhaite rétablir ce qu’il appelle des « tiers de confiance » dans notre démocratie (LREM). Le statut de l’information et le statut des décideurs politiques, très entamés, doivent être restaurés. « Quand vous écoutez les gens, qu’est-ce qu’ils disent ? Ils veulent couper la tête du président. Ils disent que les députés sont tous des salopards. Ils décident que n’importe qui « qui décide » est illégitime. Ils ne veulent plus que quelqu’un décide en leur sein. Et ils disent que les journalistes mentent. C’est la dissolution d’une démocratie.

« Ils se diffusent partout. Pour des gens qui sont faibles, fragiles et en colère, (ceux qui ne sont rien) cela a une résonance. La question c’est comment on déconstruit. Comment on rebâtit des tiers de confiance. Il y a un vrai travail sur la presse, sur ce qu’est la fonction politique. Il doit y avoir une capacité à rehiérarchiser les paroles. Sinon, le complotisme nourrit l’autoritarisme. » (librement adapté de E. Berretta, Le Point).

C’est tellement ahurissant qu’on est obligé de se demander s’il n’y a pas de la malignité dans le Point.

Mais il n’y a pas de place pour le doute quant à la fidélité de la transcription ! (Frédéric Lordon)

« Macron considère l’embrasement du mouvement des « Gilets Jaunes » comme une manipulation des extrêmes, avec le concours d’une puissance étrangère » (c’est Le Point qui parle). Dès la première ligne, on mesure (l’importance du délire complotiste dans) le propos. Tout le reste n’est qu’une énorme veulerie !

« Dans l’affaire Benalla, comme pour la crise des « Gilets Jaunes », la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90 % des mouvements sur Internet. Ce mouvement est fabriqué par des « groupes qui manipulent », et après, ça devient un sujet dans la presse quotidienne » (Macron).

« Selon lui (ici c’est encore Le Point qui parle), il est évident que les « Gilets Jaunes » radicalisés ont été « conseillés » par l’étranger ». En général, le spectacle d’une déchéance n’est pas beau à voir, à plus forte raison quand, chez Macron, elle est si précoce. Parce que Macron en roue libre dans la russosphère, les « Gilets Jaunes » pilotés depuis le Kremlin, pour n’importe qui, c’est très très nul ! Normalement, on était d’accord : le complotisme, c’était pour les « autres », les « affreux », ceux précisément qui ne croient pas en la raison libérale.

« Mais comment fait-on si c’est le héros, celui pour qui on a raconté tout ça, qui décompense et se met à courir (en scooter et) en chemise de nuit dans les rues (comme le Hollande de la rue du Cirque ?)

« La chasse au complotisme n’a pas de séides plus typiques que les factieux de France Inter, et aussi les inénarrables Décodeurs du Monde Fake News de gauche pro-Macron, les bavards de France Culture qui n’ont cessé d’organiser, gravement concernés, des émissions et des débats publics sur les Fake News et sur le bavardage au café du commerce. La chasse au complotisme met en scène les conférences d’intellectuels vigilants, et cela partout où ça pense, et puis, aussi, on met en scène les chefferies éditoriales qui s’étaient inventé cette opportune croisade de substitution pour faire oublier leurs propres défaillances abyssales.

« Voilà donc toute cette armée de la Vertu, totalement décomposée, pétrifiée même, à la limite de la fatal error face au dilemme qui vient : Macron qui passe « le mur du çon », en parler ou n’en pas parler ?

« En parler, c’est se couvrir de ridicule et devoir renoncer à son but de guerre caché : le complotisme, c’était les gueux, l’anticomplotisme, c’était la chasse gardée pour le Cercle idéologique anti-contestation. N’en pas parler donc ? Mais RT France s’est spécialisée dans tout ce dont les médias français ne parlent pas et ne se refusera pas pareil caviar : retourner le complotisme contre ses accusateurs de complotisme, un régal !

« RT se porte bien en exacte proportion de ce que les médias officiels font défaut notamment sur les violences policières contre un soulèvement sans précédent pour réprimer le mouvement des « Gilets Jaunes », la montée du régime vers un niveau de répression inouï, l’effondrement de toute démocratie dans l’obligation pour les manifestants de mettre très gravement leur intégrité physique en jeu au moment d’exercer leur droit

politique le plus fondamental. Cette violence politique de l’État-LREM de Macron restera dans l’Histoire.

« C’est pourquoi, en plus, il est fatal que la honte du journalisme français se mesure à ce paradoxe que RT est devenu à peu près le seul média audiovisuel honorable ! Il est clair que RT donne à voir ce que les autres médias oblitèrent et que ça fait une sacrée différence quand il s’agit d’information. En réalité, dans l’état de ruine où est le champ médiatique français, la stratégie RT est gagnante à coup sûr :

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1) repérer dans le système du débat public français le défaut de la cuirasse : les médias mainstream totalement alignés sur l’européisme libéral et pâmés devant sa variante macronienne ;

2) fournir l’impossible pour ces médias : de l’information immédiate, gênante, et du débat ouvert ;

3) critiquer les contenus de la géopolitique poutinienne, quand depuis des lustres Le Monde est le porte-parole du Quai d’Orsay et que France 24 cire les pompes du pouvoir en place en toute indépendance !

« Mais Macron n’est pas la moitié d’un futé ! « Il voit tout dans le jeu des Russkofs ! » : ils organisent les « Gilets Jaunes » et font faire du média-training au Gitan, c’est assez clair. Qui s’étonnera de la stratégie RT quand tous les médias officiels se sont déconsidérés, à proportion de ce que tout dans le mouvement des « Gilets Jaunes » est historique ? Qui s’en plaindra, à part le pouvoir assiégé et ses officines anticomplotistes ?

« Il y a quelque temps, on avait essayé de défendre qu’il n’y a parfois pas tournure d’esprit plus complotiste que celle des anticomplotistes. L’anticomplotisme est devenu la communication disqualificatrice des pouvoirs installés, à qui ne reste d’autre argument que de saturer les médias avec des mystifications pour ne plus engager la discussion sur les contenus. Les hommes au pouvoir vivent dans l’élément du complot.

« Ils se souviennent des moyens qui les ont fait parvenir au pouvoir, et s’inquiètent, à raison, de ceux qui pourraient les faire tomber : des complots. Quand leur vision du monde en est teintée, c’est qu’en vérité, ils sont incapables de penser autrement comme, par imprégnation (et insuffisance), tous ceux qui vivent dans leur proximité et importent de Macron leurs formes de pensée, éditorialistes, journalistes politiques.

« Macron sait de quel concours organisé il est le produit : financement des plus fortunés, portage par tous les lobbies de la richesse, soutien de la presse du capital. Racisme social aidant, la spontanéité des Jojos ne saurait à ses yeux constituer la moindre menace sérieuse. Au reste, ont-ils quelque raison réelle de se plaindre ? Les Jojos ont forcément été manipulés par une puissance supérieure équivalente à la sienne ?

« Dans ce jeu de miroir délirant et de projections renversées, c’est avec le retour de la russophobie que le complotisme de l’anticomplotisme donne dans le spectaculaire. Tout ce que le pays compte d’élites autoproclamées (par définition anticomplotistes) va jusqu’à se créer une obsession maléfique au pouvoir explicatif universel : « c’est les Russes » soit la définition canonique du complotisme.

« On savait que Macron ne comprend rigoureusement rien à la société qu’il prétend diriger et il est certain qu’avec ce pâté dans la tête, ses vues ne sont pas près de s’éclaircir. Et sur aucun sujet ! « Si on veut rebâtir les choses dans notre société », poursuit-il, bien allumé, « on doit accepter qu’il y ait une hiérarchie des paroles. Celui qui est maire, celui qui est député, celui qui est ministre a une légitimité. Le citoyen Jojo lambda n’a pas la même ». On ne niera pas qu’en pleine crise démocratique, quand la population manifeste pour avoir droit à la parole et où, on essaye de faire tenir le simulacre du « Grand Débat », nous avons là un mot ajusté au millimètre, et comme une pièce d’orfèvrerie. Arrivé à ce point d’étonnement, toutes les certitudes vacillent !

« Normalement, on postule que Macron au pouvoir veut s’y maintenir. On ne manque pas d’arguments raisonnables pour l’appliquer à Macron, par son usage dangereux et délirant des forces de police.

Et on le voit faire méthodiquement, et continûment, tout ce qui est requis pour s’attirer la plus grande détestation et finir expulsé. C’est étrange, presque incompréhensible. Hegel écrit quelque part que l’Histoire trouve toujours les individus particuliers capables d’accomplir sa nécessité. C’est peut-être sous cet angle qu’il faut envisager le cas Macron. Peut-être fallait-il ce produit ultime d’une séquence de l’histoire pour en finir avec cette séquence de l’histoire ? Faut-il vraiment en passer par là ? (librement adapté de Frédéric Lordon).

Même Le Point le dit : Macron, c’est la Pravda en plein délire ! Au cours d’une rencontre avec des journalistes, Macron a exprimé une vision de l’information étonnamment orwellienne… (Étienne Gernelle)

« On le lit, on le relit, et n’en revient toujours pas. Le récit d’E. Berretta, qui, avec quelques journalistes, a rencontré Macron dans son bureau, est stupéfiant : « Les réseaux sociaux sont manipulés par les extrêmes qui se surmobilisent ». Macron se dit « inquiet du statut de l’information et de la vérité » dans notre démocratie.

« Il fait allusion à la kyrielle de « Gilets Jaunes » qu’on a vus sur les chaînes d’info et qui ont pu proférer des vérités invérifiables sans que les journalistes puissent hiérarchiser, vérifier, classer. Il a décrit par le menu le mécanisme dans lequel cette crise a pris cette ampleur médiatique, alors même que le mouvement était de moins en moins suivi. « Il y a des activistes politiques qui ont été formés à manipuler les réseaux sociaux. Les chaînes d’info considèrent que ce qui fait événement sur les réseaux sociaux doit être relayé à l’antenne. Et ce qui fait événement sur les chaînes d’info se retrouve dans la presse écrite. Or, à l’origine, les réseaux sociaux sont manipulés par les extrêmes. » Même la vidéo du boxeur avant qu’il ne se livre à la police paraît suspecte. Macron fait clairement le distinguo entre la France des ronds-points, celle des « Français qui ne vivent pas bien de leur travail », et les violences des samedis qui sont, à ses yeux, des violences organisées par l’extrême droite comme l’extrême gauche et qui ont « dès le début instrumentalisés cette affaire ».

Macron n’a rien appris du livre « Un président ne devrait pas dire ça », par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Semblant réfléchir à haute voix, comment pouvait-il ignorer qu’il parlait devant des journalistes ?

« Macron s’est lancé dans une analyse des médias. Panurgisme et paresse intellectuelle ne sont pas rares et expliquent les bêtises colportées. Macron relève le fait que sur certains plateaux télévisés, les propos du premier venu vêtu d’un gilet jaune ont été mis sur le même plan que ceux d’un expert ou spécialiste !

Voici ce qu’il dit : « Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout, il faut s’assurer qu’elle est neutre, et financer des structures qui assurent la neutralité.

« Que pour la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt. Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession. » Macron rêve que l’État rémunère des journalistes dans les rédactions. Il envisage, sans broncher, ce qui ressemble bien à une nationalisation partielle de la presse. C’est l’affirmation délirante selon laquelle il existerait dans le journalisme une « part » destinée à la « vérification » ! L’essentiel est là : il s’agit d’un programme de tutelle. Macron s’en rend-il compte ? « Cela doit venir de la profession », dit-il !

Il veut des « garants qui soient des journalistes ». Prenant conscience de la sagesse infinie de Macron, les journaux décideront spontanément de lui confier la détermination de la vérité, via un système financé par lui « pour le plus grand bonheur du peuple ». Le fantasme délirant de Macron, avec ce service d’information d’État confié à des journalistes payés, est éclairé par l’histoire de l’Union soviétique. Vive la vérité d’État !

Le rôle de la Pravda, « vérité » en russe, était de servir la vérité officielle l’Union soviétique !

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L’affirmation de Macron : « le bien public, c’est l’information », ça vaut le détour ! On pensait bêtement que le bien public, c’était la liberté d’expression, dont le pluralisme est la condition, et que la démocratie doit miser précisément sur l’intelligence des citoyens, non leur infantilisation. Pour Macron, l’information du bien public, c’est l’information payée par le gouvernement. Et vive la vérité d’État ! Les complotistes de tout poil pourront se targuer de ne pas être membre de ce club officiel de journaux sous tutelle. Évidemment, avec Macron, on songe à 1984, de George Orwell, et à la description du « Miniver », le ministère de la vérité, un organe de mensonge d’État. Déjà, la loi Macron sur les Fake News, rebaptisée « lutte contre la manipulation de l’information », votée par l’Assemblée nationale, dégage un parfum post-démocratique et trahit une perte de sang froid face aux réseaux sociaux. Si le texte a été enrichi, ses grands axes n’ont pas changé !

« Création d’une nouvelle procédure de référé destinée à faire retirer les Fake News par les hébergeurs et les fournisseurs d’accès en période électorale ! La loi sur les Fake News est une folie (Renaud Le Gunehec) qui propose un dispositif destiné à distinguer, en période électorale, le vrai du faux. Malgré un calendrier législatif surchargé, le gouvernement a trouvé du temps et de la place pour faire voter cette marotte de Macron (complotiste) qui s’inquiète de l’essor des populistes, soutenus par des puissances étrangères !

« La liberté des autres, surtout de ceux qui ne pensent pas comme nous, est aussi la nôtre !

« Et le gouvernement ne s’en est pas tenu à la loi Fake News. Il a confié à Emmanuel Hoog l’ex-PDG de l’AFP une mission pour étudier la création d’une « instance de déontologie » de la presse. Les rédacteurs de la loi sur la liberté de la presse de 1881 s’en étaient bien gardés. Mais ils étaient sûrement beaucoup moins intelligents que Macron. Quant à Macron, dont la grande culture a quelques lacunes, nous l’invitons à relire attentivement la loi du 29 juillet 1881, en particulier son premier article qui dispose que « l’imprimerie et la librairie sont libres ». On lui conseille de jeter un œil aux débats qui ont précédé cette loi fondatrice.

« L’humilité et la sagesse des législateurs de ce lointain « ancien monde » lui apparaîtront peut-être. Nous lui soumettons cette pensée de Guizot, plaidant, sous la Restauration, pour une politique plus libérale et tolérante en la matière : « La liberté des journaux doit avoir pour effet de révéler sans cesse la France à elle-même, de rendre constamment présents, en quelque sorte, la patrie tout entière aux yeux du gouvernement, le gouvernement tout entier aux yeux de la patrie ». Clemenceau a dit que « la République vit de liberté » et sait très bien se défendre seule. Apparemment, Macron ne partage pas ce point de vue une fois élu à l’Élysée. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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