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Publié par Eduardo Mackenzie le 12 février 2019

Juan Guaidó ne peut pas être plus clair. Dans ses déclarations à deux médias différents, le journal uruguayen El País et l’agence AFP, des 7 et 8 février, il affirme que, en tant que président par intérim du Venezuela, il utilise les pouvoirs que lui a conférés la Constitution de son pays.

Il dit qu’il fera « tout ce qu’il faut » pour sauver des vies humaines, recevoir l’aide humanitaire qui s’accumule aux frontières et réaliser à la fois « la cessation de l’usurpation » et « le gouvernement de transition et des élections libres ». Il répète qu’il n’exclue pas la possibilité de demander l’intervention militaire des États-Unis ou d’une coalition militaire internationale pour atteindre ces objectifs.

Il a absolument raison de n’exclure aucun moyen, car Nicolas Maduro ne peut pas continuer à Miraflores à faire semblant d’être le chef de l’Etat et à accentuer la terreur et la répression sauvage contre le peuple vénézuélien et à accélérer le pillage des fonds publics, en argent et en lingots d’or (1).

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La ligne exposée dans les deux entrevues était la réponse du président par intérim, reconnu comme tel par près de 40 pays, à la subite condition posée par le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et par sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le 4 février dernier. En sortant de la réunion du Groupe de Lima à Ottawa, la ministre Freeland a, en effet, souligné que le point 17 du communiqué de la réunion de ce jour indiquait que le Canada et le Groupe de Lima appuieraient [uniquement] « un processus de transition pacifique par des moyens diplomatiques et politiques sans recourir à la force « .

Cette courte phrase lancée à Ottawa a eu un effet dévastateur. Maduro y a vu un signe. Dès le lendemain, le pont de Tienditas, qui relie la Colombie au Venezuela, a été fermé, d’abord avec des conteneurs et des camions, puis avec des soldats. Et le convoi de camions avec de l’aide humanitaire qu’une coalition internationale comprenant les États-Unis avait envoyé, a dû être arrêté à Cúcuta, tandis que de l’autre côté du pont des millions de personnes ont besoin de nourriture et de médicaments. « Si la crise persiste, on estime que plus de 300 000 Vénézuéliens mourront et que beaucoup d’autres seront contraints de migrer », avait expliqué le président Guaidó le 7 février.

Il y a des moments où la retenue des diplomates est plus cruelle que les usages militaires, car elle renforce les tyrans. Les diplomates sauvent la face et triomphent dans les salons, mais ceux qui paient le prix fort de tels jeux sont les populations.

Sans accuser qui que ce soit, Juan Guaidó a rétabli la bonne approche qu’Ottawa tente de lui enlever ainsi que celle du Groupe de Lima. La Cour suprême de justice du Venezuela (TSJ), pour sa part, a approuvé l’orientation de Guaidó et publié, le 8 février, un long document dans lequel elle exhorte le président par intérim à poursuivre « toutes les actions » (…) « en pleine conformité de la Constitution, des traités, des pactes et des accords internationaux » pour réussir « à mettre immédiatement en œuvre, en priorité, l’ouverture d’un canal international de l’aide humanitaire pour le Venezuela ».

Le TSJ a abordé le point central en autorisant, en outre, la formation, le cas échéant, d’une « coalition militaire en mission de paix chargée d’exécuter de manière péremptoire l’aide humanitaire, afin de se conformer au mandat imposé par cette mesure de précaution urgente, qui a comme fin de protéger la population des calamités subies par le manque de nourriture, de médicaments et d’assistance médicale. « 

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La cohérence entre le président par intérim, l’assemblée nationale du Venezuela et le TSJ est donc totale. Que fera le gouvernement canadien à ce sujet? Justin Trudeau a-t-il oublié qui est Juan Guaidó? Avec une phrase apparemment banale, Trudeau a tenté d’arracher à un président par intérim, confronté à une vaste crise humanitaire, une de ses prérogatives constitutionnelles, comme celle d’avoir des moyens politiques et militaires pour mener l’action de son gouvernement. Que dirait Trudeau si le Groupe de Lima et un gouvernement ami lui disaient qu’ils le soutiendraient dans un différend avec un dictateur furieux à la condition qu’il se limite à utiliser « des moyens diplomatiques et politiques sans recourir à la force »?

La déclaration d’Ottawa a clairement été un coup bas, une faute grave que les dix pays qui ont assisté à cette réunion, y compris la Colombie, ont laissé passer, inexplicablement. Jusqu’à présent, ils n’ont pas corrigé l’erreur. Il s’agit de revenir à l’orientation qui permet au Groupe de Lima et à la coalition organisant l’opération humanitaire de dire que, dans la lutte visant à mettre fin à l’usurpation et à provoquer la transition, toutes les options sont sur la table.

Qui peut croire que la reculade angéliste d’Ottawa incitera les hauts fonctionnaires du Venezuela à se prononcer ou à se rebeller contre Maduro ? À ce jour, trois officiers supérieurs des forces armées ont reconnu Juan Guaidó. La presse assure que beaucoup d’autres veulent l’arrivée de l’aide humanitaire car ils savent que la crise alimentaire et sanitaire dans le pays est très grave. Mais ils sont paralysés par la peur, très justifiée, qu’engendrent les horribles représailles exercées par le pouvoir narco-castriste. L’opposition dénonce le meurtre de plusieurs opposants, dont le plus récent est Fernando Alban. Guaidó dit que près de 160 militaires sont incarcérés et que 27 d’entre eux ont été torturés et que les familles des militaires en prison subissent des pressions terribles  (2). Dans un entretien avec l’AFP, Guaidó a révélé que « du 23 au 30 janvier, le FAES, une unité des forces armées, a assassiné 70 jeunes de sang-froid » (3).

Comment arrêter cette machine d’oppression sans le recours à la force ou à une certaine forme de force (personne ne propose l’utilisation de la bombe atomique)? La dictature castro-chaviste que le Venezuela subit depuis 20 ans va-t-elle s’effondrer par  épuisement interne? La thèse de ceux qui croient que la voie diplomatique fera tomber Maduro évoque la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS, deux processus d’effondrement communiste dans lesquels, il est vrai, il n’y a pas eu d’intervention  armée.

Cependant, cette analyse exclut un fait: le communisme qui s’est emparé du Venezuela n’est pas de type gorbatchévien. Fidel Castro estimait que la « violence révolutionnaire » aurait pu empêcher la chute de la RDA et de l’URSS. Ceci est, hélas, le critère qui prime à La Havane, pays d’où partent les ordres stratégiques pour le Venezuela. Le point central pour Raul Castro est, en autre, de maintenir en vie le mythe de « la fusion des deux révolutions ».

Le président par intérim, Guaidó, sait pertinemment que telle est la situation. Et que Maduro construit également un bloc faussement diplomatique (car reposant sur la présence militaire cubaine et russe au Venezuela) avec la Russie, la Chine, la Turquie, l’Iran, Cuba et même le Hezbollah, afin de déséquilibrer le bloc des pays engagés dans l’opération d’aide humanitaire et de restauration de la démocratie au Venezuela. Tout dépend à présent de la capacité de ce dernier à ouvrir la brèche et trouver le moment précis de la rupture de cet instable scénario.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

Les notes(1) .- Juan Guaidó, a déclaré au magazine français L’Obs que « plus de 300 milliards de dollars ont été tout simplement détournés par le régime et cachés hors du pays ». L’Obs, 31 janvier 2019, page 42.

(2) .- Ob cit, page 43.

(3) .- Entretien de l’AFP, publié par El Universo, Guayaquil :https://www.eluniverso.com/noticias/2019/02/08/nota/7179656/juan-guaido-no-descarta-autorizar-intervencion-estados-unidos

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