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Publié par Dreuz Info le 19 février 2019

L’agression dont a été la victime le philosophe Alain Finkielkraut, en marge d’une manifestation des Gilets Jaunes, est l’occasion de désigner clairement l’antisémitisme d’origine islamiste, véhiculé par les imams radicaux et leurs prêches, qui circule sans encombre sur le Net et sur les réseaux sociaux. Sans oublier la propagande anti-israélienne débridée de la plupart des médias français et l’influence néfaste de la politique arabe de la France promue par la quasi-totalité de la classe politique française.

Si les médias et politiques français s’accordent à dénoncer la nouvelle flambée d’antisémitisme en France, ils minimisent souvent  – quand ils n’occultent pas totalement – le rôle de catalyseur que remplissent les imams et les prêches radicaux. Celui-ci a pourtant été exposé depuis plusieurs années par de nombreux chercheurs, observateurs et instituts de lutte contre l’antisémitisme.

Une approche idéologique de l’antisémitisme actuel s’obstine ainsi à considérer qu’il véhicule des “vieux stéréotypes” qui relèvent de l’antisémitisme “classique” (d’extrême-droite), comme en atteste cet extrait d’un rapport de la CNCDH : « À la différence des actes antisémites, très liés aux péripéties du conflit israélo-palestinien, les opinions restent structurées par les vieux stéréotypes liés au pouvoir, à l’argent, à la suspicion de double allégeance ». (1)

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Dans le même registre, l’historien Marc Knobel affirme dans le quotidien Libération : « Nous assistons à une résurgence d’un antisémitisme traditionnel » et parle du “retour de thématiques comme celles du lien supposé entre les Juifs et l’argent, typiques de l’antisémitisme des années 30”. En réalité, les stéréotypes sur les juifs et l’argent, les juifs et le pouvoir, les juifs et la banque n’ont jamais été l’apanage de l’extrême-droite. On les retrouve dans le discours antisémite de toutes tendances.

Comme l’observe justement Pierre-André Taguieff, “ll faut se garder des analogies historiques abusives et trompeuses”. La thématique du Juif et de l’argent se retrouve non seulement à l’extrême-droite, mais aussi “dans certaines mouvances de l’extrême gauche des versions « antisionistes » des mêmes représentations, à côté de la classique criminalisation des « riches », exprimant cet anticapitalisme des imbéciles qui prend souvent les couleurs de la judéophobie. Cette dernière emprunte désormais son langage à la propagande « antisioniste », qui dispose de puissants relais dans les médias, le monde universitaire et certains milieux politiques”.

Un exemple récent est celui du prêche de Bassem Al-Sheraa, imam chiite de Detroit, traduit par les soins de l’institut MEMRI, dans lequel on retrouve les clichés traditionnels concernant les juifs et l’argent, les juifs et le pouvoir et les juifs et la banque. Ces clichés sont au cœur du discours islamiste contemporain, qui se répand comme une traînée de poudre sur Internet et sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les mosquées radicales, devenues un des principaux catalyseurs de l’antisémitisme en France et dans le monde aujourd’hui (4).

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Mais la résurgence de l’antisémitisme en France est également le fruit vénéneux du terreau politique sur lequel celui-ci prospère depuis plusieurs décennies. A savoir, la politique arabe de la France, initiée en 1967 par le Général de Gaulle et perpétuée par le Quai d’Orsay sous tous les présidents – de Pompidou à Macron, en passant par Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande – qui ont tous fait des choix diplomatiques hostiles à l’Etat d’Israël, matérialisés par des résolutions toujours plus unilatérales.

A cette politique arabe de la France et à cette tolérance face aux prêches islamistes, s’ajoute la propagande de la quasi-totalité des médias français, qui ont fait d’Israël un objet de détestation, au point que seul cet état est considéré par certains comme illégitime. A-t-on déjà vu à Paris des manifestations pour demander de rayer de la carte des états aussi « pacifiques » que la Syrie, la Corée du Nord ou l’Iran ?

Bien sûr que non, car la propagande anti-israélienne – initiée par l’AFP et reprise en cœur par ses porte-voix – a atteint certains de ses objectifs : alors qu’Israël se défend face à des agressions constantes depuis sa création, c’est lui que la plupart des médias désigne comme l’agresseur.

Au regard de tout cela – et de la tartuferie qui consisterait à défiler avec ceux qui prônent le boycott d’Israël et d’autres qui ont fait voter des résolutions iniques à l’ONU et à l’UNESCO – il apparaît clairement que « la manifestation contre l’antisémitisme » du 19 février 2019 n’est qu’une mascarade de plus, destinée à se donner bonne conscience avant de reprendre le discours anti-israélien, qui cherche bien souvent à masquer un antisémitisme larvé et bien présent dans la vie publique française. 


Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Philippe Karsenty et Pierre Lurçat pour Dreuz.info.

Philippe Karsenty est élu de Neuilly et éditeur.Pierre Lurçat est avocat et essayiste

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