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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 février 2019

Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a annoncé sa démission sur les médias sociaux. Peu après, un assistant du Président Hassan Rouhani a annoncé que la démission de Zarif a été refusée.

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Mohammad Javad Zarif a été l’un des principaux architectes de l’Accord sur le nucléaire de 2015 auquel ont participé les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, ainsi que la Russie et la Chine. L’accord impose des limites au programme nucléaire iranien en échange d’un assouplissement des sanctions contre l’économie iranienne.

Zarif, allié du président Hassan Rouhani, a annoncé de manière inattendue qu’il se retirait, par un message sur les médias sociaux lundi.

« Je m’excuse sincèrement de mon incapacité de continuer à servir et pour toutes mes lacunes pendant mes années de service. Je remercie la Nation iranienne et les autorités », a écrit le diplomate sur Instagram.

« Sois heureux et digne », a-t-il ajouté.

Après le message de Zarif, le chef d’état-major de Rouhani, Mahmoud Vaezi, a « fortement nié » les informations selon lesquelles la démission de Zarif avait été acceptée, et ce matin, le président Rouhani a formellement rejeté sa démission.

Mardi, une majorité de parlementaires ont signé une lettre au président Rouhani demandant que Zarif reste à son poste. Ali Najafi Khoshroodi, porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement, a déclaré à l’agence de presse iranienne IRNA qu’il recueillait encore des signatures supplémentaires.

Une décision étrangement inhabituelle

Instagram est l’un des rares réseaux sociaux encore légaux en Iran. Malgré cela, il est tout à fait inhabituel qu’un haut responsable iranien démissionne sur les médias sociaux. Zarif n’a pas expliqué pourquoi il avait démissionné.

Les experts sur l’Iran ont émis l’hypothèse que la décision pourrait être rejetée par Rouhani pour signaler la confiance dans le diplomate, ce qui pourrait également être interprété comme une démonstration de pouvoir à l’égard de ses détracteurs. C’est ce qui a été décidé par le président ce mercredi 27 février.

« Dans un passé récent, d’autres ministres du gouvernement ont démissionné, mais M. Rouhani a rejeté leur démission – les obligeant à rester à bord », a déclaré Sina Toossi, associée de recherche au National Iranian American Council, à DW. « 

D’autre part, « si la démission de Zarif s’était concrétisée, l’équilibre du pouvoir à Téhéran aurait été modifié considérablement en faveur des partisans de la ligne dure », a-t-il ajouté.

Le retour des sanctions suscite la colère

Bien que les raisons de cette démission n’aient pas été immédiatement claires, Zarif et Rouhani ont été confrontés à une tempête de critiques de la part des partisans de la ligne dure qui s’opposaient à l’Accord nucléaire de 2015 avec l’Ouest.

Aujourd’hui, les extrémistes du régime se sentent justifiés dans leur méfiance à l’égard des Etats-Unis, en raison de l’échec partiel de l’accord avec l’Occident et du retour des sanctions.

Sauver les Accords ou les déchirer, that is the question

La démission de Zarif pourrait être une indication que les factions islamistes moins extrémistes représentées par Zarif et Rouhani ont été affaiblies, avec des implications majeures pour le maintien de l’Accord nucléaire et des relations avec l’Ouest.

Les éléments de ligne dure « n’accordent pas de valeur à un engagement avec l’Europe et souhaitent poursuivre une stratégie de tac au tac contre les États-Unis, a dit M. Toossi.

Si les partisans de la ligne dure parviennent à exercer une influence encore plus grande, il est probable que l’Iran prendra des mesures pour étendre son programme nucléaire en violation de l’Accord nucléaire – afin de renforcer son pouvoir de négociation face à d’éventuelles négociations futures, a-t-il déclaré.

Si les partisans de la ligne dure obtiennent un plus grand contrôle en Iran, l’Administration Trump pourrait obtenir la preuve de ce qu’elle a cherché à démontrer, à savoir que l’Iran, dirigé par des forces radicales qui rendent les négociations difficiles, valide les décisions de sanctions et l’action militaire », a encore dit Toossi.

Zarif était le visage de la République islamique d’Iran pour l’accord de 2015, officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, et la version officielle est qu’il les a défendus pendant des années contre les tenants de la ligne dure iraniens. Mais tout laisse à croire qu’il s’agissait d’une stratégie de négociation.

Sa défense de l’accord est cependant devenue plus difficile lorsque l’Administration Trump a dénoncé l’Accord en mai.

La situation s’est encore aggravée lorsque les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions en août et imposé des sanctions pétrolières complètes en novembre.

Entre-temps, l’aide promise à l’Iran par l’UE pour compenser les sanctions américaines a été lente et négligeable. Ce n’est que récemment que l’UE a finalement annoncé la mise en place d’un moyen détourné destiné à faciliter les échanges commerciaux avec l’Iran pour contourner les sanctions américaines – mais il est relativement clair que son efficacité sera minime.

L’Iran a également été furieux contre l’UE pour avoir pris le parti de Washington en essayant de l’amener à réduire ses tests de missiles balistiques et à réduire sa présence en Syrie.

Pour ces raisons, la République islamique a multiplié les menaces de retrait de l’accord et a annoncé préparer une série d’activités nucléaires à la seconde où elle décidera de se retirer de l’Accord. Et pour Téhéran, le licenciement de Zarif pourrait être son dernier acte avant de dénoncer les Accords.

Un jeu d’échecs où les dirigeants gauchistes européens ne font pas le poids

La menace d’expulsion de Zarif pourrait donner aux partisans de la ligne dure un plus grand contrôle sur les négociations avec l’UE et d’autres pays, et leur donner une chance de menacer plus directement l’Occident pour obtenir des concessions.

Pour cette raison, Zarif a peut-être été le bouc émissaire que le président iranien Hassan Rouhani a offert en sacrifice à ceux qui s’opposent à l’Accord, afin de protéger son propre pouvoir un peu plus longtemps, à moins que sa démission sur Instagram et le rejet de cette démission par Rouhani soit une mise en scène en forme de mise en garde, orchestrée par Khamenei pour effrayer les Européens, les forcer à s’opposer avec plus de force aux Etats-Unis, et les laisser prendre pied plus solidement en Syrie pour obtenir une meilleure position géographique afin d’atteindre leur objectif de destruction d’Israël.

Un timing étrange

Il y a 48 heures, le Parlement britannique présentait une proposition de classement en organisation terroriste du Hezbollah – sans faire la distinction artificielle entre branche armée du Hezbollah et branche sociale. Rappelons que cette distinction entre deux branches qui n’existent pas a été inventée à la demande de la France afin de pouvoir maintenir des relations et les échanges avec le Liban.

Car le Hezbollah, branche armée de l’Iran contre l’Etat juif au Liban, est présent au pouvoir.

Classer le Hezbollah en organisation terroriste, c’est s’interdire toute relation diplomatique et économique avec le Liban tant que le Hezbollah fera partie du gouvernement, et représente pour les mollahs une menace sérieuse dans son objectif d’encerclement d’Israël.

Ansaroul Islam et Jamaat Nusrat al-Islam Wal-Muslimin (JNIM) qui opèrent dans la région du Sahel en Afrique sont également sur la liste proposée.

Sous réserve de l’approbation du Parlement, le fait d’être membre du Hezbollah, d’Ansaroul Islam ou JNIM, ou d’inviter à soutenir le Hezbollah, constituera une infraction pénale passible d’une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans à compter du vendredi lorsque l’ordre entrera en vigueur.

Le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid, a déclaré en amont de la décision :

Ma priorité en tant que ministre de l’Intérieur est de protéger le peuple britannique. Dans ce cadre, nous identifions et interdisons toute organisation terroriste qui menace notre sûreté et notre sécurité, quelles que soient ses motivations ou son idéologie, c’est pourquoi je prends aujourd’hui des mesures contre plusieurs organisations.

Le Hezbollah poursuit ses efforts pour déstabiliser la situation fragile au Moyen-Orient – et nous ne sommes plus en mesure de faire la distinction entre leur aile militaire déjà interdite et le parti politique [comme je l’explique plus haut, cette distinction n’a jamais existé]. C’est pourquoi j’ai pris la décision d’interdire le groupe dans son ensemble.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a pour sa part déclaré :

Nous sommes de fervents partisans d’un Liban stable et prospère. Nous ne pouvons toutefois pas nous reposer sur nos lauriers lorsqu’il s’agit de terrorisme – il est clair qu’il n’existe pas de distinction entre les ailes militaires et politiques du Hezbollah, et en interdisant le Hezbollah sous toutes ses formes, le gouvernement envoie un signal clair que ses activités déstabilisatrices dans la région sont totalement inacceptables et nuisibles à la sécurité nationale britannique.

Le ministre a ajouté – et en cela il n’est pas totalement honnête car le Hezbollah fait non seulement partie du gouvernement libanais, mais la ligne qui sépare l’armée régulière du Hezbollah est de plus en plus effacée :

Cela ne change rien à notre engagement actuel à l’égard du Liban, avec lequel nous entretenons des relations larges et solides.

Conclusion

Notons que Zarif n’a pas donné les raisons de sa démission. Notons qu’elle a été formulée à destination du monde extérieur et non au président, et que Zarif n’a pas non plus expliqué pourquoi il a choisi cette route. Comprenons que la manœuvre a été soigneusement préparée, elle n’est pas le fait d’un coup de tête, bien que le choix d’un message Instagram puisse servir à le laisser penser. Notons que certes, Instagram est le seul réseau social non censuré d’Iran, mais ce n’est pas comme si Zarif était censurée et qu’il n’avait que les réseaux sociaux pour s’exprimer : il pouvait convoquer une conférence de presse. Il ne l’a pas fait. Tout ceci doit inciter à la plus grande réserve.

D’ailleurs, en réponse à la démission de Zarif, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a rappelé sur Twitter que Rouhani et Zarif sont « les hommes de paille d’une mafia religieuse corrompue où toutes les décisions sont prises par le Guide suprême Ayatollah Ali Khamenei ».

Bien qu’il existe différentes lignes – toutes islamistes – au sein du gouvernement iranien, l’idée d’un « président Rouhani modéré » est une invention de la diplomatie et des médias, bien orchestrée par la République islamique, et elle tente une fois de plus de faire croire que la résignation de Zarif est le signe d’une lutte interne entre les « durs » et les « modérés ». Il n’y a pas de lutte interne : il y a un leader suprême qui décide de tout, et j’ajoute pour clarifier : point à la ligne.

Il convient donc de regarder très sérieusement la démission/refus de démission de Zarif. Ce n’est pas une anecdote. C’est un signal que les lignes bougent – les lignes dures bougent, et que les effets des sanctions imposées par le président Trump ont déstabilisé le leader suprême.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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