Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 février 2019

Si le socialisme n’a pas ruiné la France sous Mitterrand, c’est qu’après les premières mesures, il a pris peur et fait marche arrière. Au Venezuela, Maduro a appliqué avec soin et jusqu’au bout les préceptes socialistes.

La Colombie affirme que 285 personnes ont été blessées par les forces de Maduro qui ont bloqué le transfert de l’aide humanitaire à la frontière ce samedi 23 février. Les volontaires, des civils, triomphants le matin, ont tempéré leur optimisme en milieu d’après-midi alors que seulement trois camions d’aide ont pu entrer au Venezuela, et qu’ils ont été forcés de rebrousser chemin par l’armée. Deux des camions ont été incendiés par les forces de Maduro sur le pont Francisco de Paula Santander qui sépare les deux pays. La veille, deux civils qui tentaient de faire entrer l’aide humanitaire ont été abattus par le régime.

La roue tourne

  • Plus de 60 militaires vénézuéliens ont fait défection.
  • 11 des 56 diplomates du régime Maduro basés aux États-Unis ont fait défection auprès de l’administration Guaido.
  • Madura a ordonné le retour de ses diplomates à Caracas et rompu « toutes sortes de relations » avec son voisin.
  • Au Venezuela, peut-être la défection la plus médiatisée à ce jour, un ancien chef des services de renseignements vénézuéliens et actuel membre du Congrès du Parti socialiste a déclaré son soutien à Guaido jeudi dernier. Dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, Hugo Carvajal s’est adressé directement à Guaido, se disant « à son service » pour aider à rétablir la paix et la démocratie au Venezuela.
  • Plus de 50 pays reconnaissent maintenant Guaido, dont les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, ainsi que la plupart des pays européens et de nombreux pays d’Amérique du Sud.

Pas d’intervention militaire américaine

Après ce week-end de violence, et peu de résultats à la frontière vénézuélienne, les Etats-Unis ont clarifié leur position : l’Amérique de Trump n’envisage pas d’intervention militaire, mais un soutien fort au peuple vénézuélien. Et les autres nations de la région semblaient dire lundi que forcer le président Nicolás Maduro à quitter le pouvoir ne sera ni rapide ni facile.

Le vice-président Pence, s’adressant à un groupe de dirigeants latino-américains à Bogota, en Colombie, a réitéré l’assurance de l’administration Trump que « toutes les options » sont sur la table. Concrètement, il a annoncé que de nouvelles sanctions américaines vont être prises pour augmenter les pressions contre le dictateur socialiste.

Et clairement, dans son allocution devant le Groupe de Lima, le consortium diplomatique de 14 pays soutenant le remplacement de Maduro par le chef de l’opposition Juan Guaidó, Pence n’a donné aucune indication que les États-Unis étaient prêts à utiliser la force.

Pence a également envoyé un message aux forces militaires qui soutiennent le président et réitéré une offre d’amnistie pour l’armée vénézuélienne, et conclut que la transition vers la démocratie devra se passer « pacifiquement, par les Vénézuéliens eux-mêmes… soutenus par des moyens politiques et diplomatiques, sans recours à la force ».

Les seuls participants au rassemblement qui semblaient favoriser une approche plus musclée étaient Guaidó et l’opposition qu’il dirige.

La stratégie Maduro : détruire le peuple pour son bien

Lors des dernières élections, considérées comme largement truquées – elles n’ont été certifiées par aucune organisation indépendante – Maduro a répété sa détermination à gagner la « guerre économique » qui a plongé plus de 90 % des citoyens de son pays autrefois riche dans la pauvreté.

Nous sommes en février 2019.

  • 90% des citoyens vivent toujours sous le seuil de pauvreté.
  • Mais en plus, 64,3% des habitants ont perdu 11,4 kg en moyenne en raison de la pénurie alimentaire organisée par le régime – comme en URSS. Et bien entendu, les plus pauvres sont les plus touchés.
  • 9 personnes sur 10 ne peuvent se payer plus d’un repas par jour.
  • Les cas de malaria, selon la Pan American Health Organisation Icaso (1), sont passés de moins de 50 000 au début des années 2000, à 600 000, alors que le pays a été le premier à l’avoir éliminé en 1961.
  • Selon la banque centrale du Venezuela, le PNB a perdu 40%.
  • La production de pétrole est tombée de 3 millions à 1 million de barils de brut par jour.
  • L’inflation atteint un million trois cent mille pour cent.
  • Et 3 millions d’habitants – sur un total de 24 millions – ont fui la faim et la pauvreté provoquée par le socialisme depuis 2014.

Maduro, l’épine dans le pied du parti Démocrate et de la gauche mondiale

Au tout début du lancement de sa campagne présidentielle, en Floride, les Démocrates ont sifflé le socialiste Démocrate Bernie Sanders, lorsqu’il a refusé de dire que Maduro est un dictateur (2).

Sur internet, une vidéo de propagande montrant le Démocrate et proche des Clinton Max Blumenthal, arpentant les rayons achalandés d’un supermarché de Caracas trop beau pour être vrai, ont immédiatement déclenché un contre-feu, et de violentes réactions sur Facebook et Twitter.

Et pour terminer sur une note joyeuse, car toute la gauche américaine s’est retrouvée honteuse comme un renard qui aurait été pris par une poule, a été obligée de révéler que l’équipe de journalistes de la chaîne latino-nord-Américaine Univision, très à gauche, et le journaliste vedette Jorge Ramos, a été arrêtée au cours d’une interview du président Maduro à son palace présidentiel, et son équipement technique confisqué, parce que le dictateur « n’a pas aimé une des questions ».

Votre attention : Une équipe @Univision, dirigée par @jorgeramosnews, est détenue arbitrairement au Palais Miraflores à Caracas. Ils interviewaient @NicolasMaduro mais il n’a pas aimé les questions. Leur matériel technique a également été confisqué.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. BBC
  2. Newsweek
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