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Publié par Philippe Karsenty le 5 mars 2019

« Je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite », affirmait François Fillon lorsqu’il était Premier ministre.

Pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, certains dirigeants français ont souvent eu la tentation de vendre les bijoux de la couronne, quelquefois de les louer et même parfois pris le risque d’entamer le prestige et la réputation de certaines institutions françaises. C’est exactement ce que la France a fait avec les richissimes Emirats Arabes Unis à deux reprises en ouvrant La Sorbonne Abou Dhabi en 2006, puis Le Louvre Abou Dhabi en novembre 2017.

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La Sorbonne et Le Louvre sont deux institutions dont la réputation n’est plus à faire, symboles intellectuels, d’influence et de pouvoir que les dirigeants politiques français ont utilisé pour asseoir une certaine forme de légitimité.

Comprenant le risque que faisait peser sur son existence le précédent de l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein en 1990, les Emirats Arabes Unis ont retenu la leçon : le pétrole, l’argent et les achats d’armes ne suffisent pas, il faut rayonner internationalement sur les plans intellectuels et culturels pour ne pas risquer d’être effacé de la carte. Les émirs ont alors entrepris de chercher à conquérir l’opinion publique internationale, au-delà des cercles d’affaires, des vendeurs d’armes et des pétroliers.

D’un côté, des Emirats riches à milliards, de l’autre une France en manque de liquidités, particulièrement pour ce qui concerne le financement et l’entretien de ses équipements publics éducatifs et culturels.

Gagnant-gagnant, l’échange aurait pu paraitre être équitable si l’image des deux institutions françaises n’avait pas eu à souffrir de leur installation dans les sables émiratis.

Au diable les Droits de l’Homme, la Sorbonne Abou Dhabi s’est vite trouvée embourbée dans des polémiques liées à la censure idéologique et même à l’arrestation d’un de ses professeurs.

Au Louvre Abou Dhabi, la culture, et particulièrement la géographie, se sont retrouvées otages de la diplomatie émiratie. Ainsi, comme la plupart des pays arabes, les représentations cartographiques régionales font disparaitre Israël au profit d’une Palestine imaginaire.

Plus étonnant, depuis la brouille diplomatique avec le Qatar, ce dernier a purement et simplement disparu de la carte dans le musée des enfants au Louvre Abou Dhabi. Ainsi en lieu et place de la presqu’île qatarie, c’est une étendue de mer qui prend place.

Pour mémoire, dans le dossier de presse publié lors de l’inauguration du musée, il était question de « voir l’humanité sous un autre jour ».

Ce nouveau jour signifie-t-il que la réputation universaliste de nos deux belles institutions françaises doive se contorsionner pour suivre les exigences diplomatiques émiraties ?

« Demain, encore tout sera possible », disait l’un des supports de communication du Louvre Abou Dhabi lors de son inauguration.

Serait-il simplement possible que le respect des cartes géographiques et des appellations internationalement reconnues soit respecté dans les institutions auxquelles la France prête son nom, ses institutions et sa réputation ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Philippe Karsenty pour Dreuz.info.

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