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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 19 mars 2019

Le gouvernement argentin enquête depuis le 12 mars dernier dans le plus grand secret sur une affaire classée « sécurité nationale ». Deux suspects ont été placés en garde à vue. Interpol a confirmé que des documents avaient été volés à des citoyens israéliens et falsifiés.

Nous sommes le 12 mars. Un homme et une femme entrent en Argentine depuis l’Europe par l’aéroport d’Ezeiza. Au contrôle des migrations, les signalements des documents d’identité qu’ils présentent déclenchent l’alerte, mais les deux « touristes » quittent normalement l’aéroport et se rendent dans leur hôtel. L’affaire fait immédiatement l’objet d’une enquête dirigée par des agents de la Division de la lutte contre le terrorisme de l’AFI (Agence fédérale du renseignement).

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Peu après, Interpol Israël confirme : les documents présentés par le couple ont été volés. Plus précisément, les deux passeports se trouvaient dans les dossiers d’Interpol dans la catégorie « volés/perdus par le porteur ». Le couple est alors détenu dans un hôtel du quartier d’Abasto.

Mashoreh Sabzali, iranienne, née à Mashhad, le 4 avril 1988 (30 ans), architecte et ingénieur. Sajjad Samiel Naserani, citoyen iranien, né le 1er novembre 1991 dans la ville de Rasht (27 ans), prétend être photographe.

En leur possession, les deux Iraniens ont des passeports israéliens au nom de Netanel Toledano et Rivka Toledano. Mais lorsque les autorités argentines envoient les informations en Israël, il s’avère que les numéros de passeport (31 523 592 et 31 526 354 respectivement) correspondent à des documents qui ont été volés en Israël, et qui sont enregistrés pour d’autres noms.

Des sources proches du ministère de la Sécurité intérieure affirment que l’affaire est délicate et complexe. Et, bien sûr, particulièrement sensible, car c’est la veille du 27e anniversaire de l’attaque contre l’ambassade d’Israël en Argentine par l’Iran.

Quand l’alerte est déclenchée, 80 brigades de la police fédérale recherchent les suspects, qui sont passés par trois hôtels jusqu’à l’hôtel d’Abasto, où des agents du Département des enquêtes antiterroristes (DUIA) les ont appréhendés vendredi soir dans l’appartement n° 403, au 4ème étage.

Lors de leur arrestation, les agents ont saisi, en plus des passeports falsifiés, deux téléphones cellulaires et un appareil photo qui sera analysé par la sûreté de l’État.

L’affaire a maintenant été portée devant le Tribunal pénal national et correctionnel fédéral.

Ce qu’on sait de l’opération

  • Mardi 12 mars, à 10 h 20, un inspecteur de l’immigration examine les passeports des passagers qui arrivent dans l’aéroport international en provenance d’Espagne.
  • Des alertes de restriction sont activées pour les passeports de deux passagers, mais les porteurs sont déjà loin.
  • La première étape consistait à vérifier si les deux documents avaient été déclarés volés.
  • La deuxième étape a consisté à informer officiellement la police israélienne que deux personnes étaient entrées en Argentine en possession de ces passeports.
  • En Israël, les autorités confirment que les propriétaires légitimes des passeports avaient signalé leur vol, et que les deux porteurs se trouvent dans le pays.
  • Sur les passeports, les noms ont été falsifiés, et les données inscrites comportent des fautes d’orthographe en hébreu. Bien entendu, les photographies et les empreintes digitales enregistrées lors de l’entrée à Buenos Aires ne correspondent pas non plus aux véritables détenteurs de ces documents.

Via la France, au siège d’Interpol, Israël a confirmé que Netanel Toledano et Rivka Toledano étaient des faux noms qui ne figuraient pas dans la base de données de la police du pays.

(…) Les passeports fournis semblent être falsifiés (multiples fautes d’orthographe dans les écrits hébreux). Nous enverrons les fichiers d’empreintes digitales à notre unité médico-légale pour comparaison.

Une fois la fausse identité du couple confirmée, le juge Luis Rodriguez a ordonné les perquisitions dans leur hôtel et l’arrestation du couple.

  • Le couple arrêté ne parle pas espagnol – le détail est extrêmement important pour la suite des événements.
  • Au moment de leur arrestation, ils ont révélé leur vrai nom et leur nationalité : Sajjad Samiel Naserani et Mashoreh Sabzali, deux Iraniens.
  • Après leur arrestation, ils ont été emmenés à l’alcaidía de la rue Cavia, où ils sont restés au secret et sous haute surveillance.

Que venait faire ce couple iranien en Argentine ?

Sitôt arrivés à l’aéroport, les Iraniens ont acheté une carte Sim qu’ils ont placée sur un de leurs téléphones portables. Un autre téléphone n’a pas pu être ouvert.

Pendant ce temps, au ministère de la Sécurité, on surveille de près la préparation de l’hommage pour les 27 ans de l’attentat islamique de l’ambassade israélienne.

  • Le 17 mars 1992, une bombe saute à l’ambassade d’Israël à Buenos Aires. Elle fait 29 morts et 242 blessés.
  • Un autre attentat, le 18 juillet 1994, frappe le centre communautaire juif de la capitale. Il fait 84 tués et 230 blessés.
  • Ces attentats ont un grand retentissement. D’abord, ils surviennent en Argentine, le pays qui a la plus importante communauté juive d’Amérique latine. Ensuite, le président est alors Carlos Menem, qui est d’origine syrienne.
  • Enfin, parce que la présence iranienne, et celle du Hezbollah, en Amérique du Sud, commencent à attirer les regards. Elle n’a jamais cessé de s’intensifier depuis.

Dès qu’ils entrent dans le pays, et avant de présenter leurs faux passeports, les deux Iraniens font un appel de 85 secondes à un numéro local. Le téléphone qui a été utilisé a été acheté en Espagne et possède une double puce, une européenne et une argentine, que les suspects ont achetée à l’aéroport international d’Ezeiza à leur arrivée à Buenos Aires.

D’après ce que l’on sait des informations disponibles, cet appel s’adressait à un cabinet d’avocats spécialisé dans l’immigration.

« Nous effectuons la traçabilité de cet appel et analysons toutes les caméras avec leurs mouvements, en essayant de connaître chaque taxi qu’ils ont pris et où ils sont allées », explique la source.

Ce que nous recherchons, c’est de savoir s’ils ont rencontré quelqu’un dans les trois hôtels où ils sont passés, mais nous n’avons toujours rien trouvé. Les prochaines 24 ou 48 heures sont essentielles pour avoir une image plus claire des contacts qu’ils pourraient avoir dans le pays.

  • Les contacts locaux sont la clé de la recherche en cours.
  • A ce stade, l’hypothèse officielle est qu’il s’agirait de deux experts qui se seraient rendus en Argentine pour préparer une activité terroriste avec certaines exigences techniques.
  • Ni l’une ni l’autre des sources ne veulent prononcer le mot « attentat », mais dans un pays qui en a déjà subi deux et dont les conséquences sont très graves, il est clair qu’ils ne peuvent en commettre un autre qu’avec de l’aide locale, qui jusqu’à présent n’a pas été identifiée.
  • À proprement parler, il n’y a pas non plus de confirmation que les citoyens sont iraniens, comme ils l’ont déclaré.
  • Interpol-Iran n’a pas encore confirmé leurs noms ni leur nationalité. « Jusqu’à présent, L’Iran ne nous a rien dit », a dit le ministère de la Sécurité.

Avancée de l’enquête

Les enquêteurs ont trouvé un autre téléphone portable, mais comme ceux qui prétendent être Netanel Toledano et Rivka Toledano ne veulent pas révéler le mot de passe, leur activité n’a pas encore pu être vérifiée, ce qui pourrait prendre plus de deux mois, en raison des difficultés générées par cet appareil pour être ouvert.

Le juge Luis Rodriguez a été chargé par le ministère de la Sécurité d’avoir un traducteur en farsi, ce qui est vital pour vérifier s’ils sont bien iraniens.

  • Les deux détenus ont déclaré qu’ils étaient des dissidents iraniens du régime, qu’ils ne parlaient ni hébreu, ni espagnol, ni anglais.
  • Selon des sources judiciaires, le juge a toutefois pris une déclaration en anglais du citoyen iranien présumé, qui a justifié qu’il s’était échappé pour adultère et qu’il était tombé amoureux d’une femme mariée et avait dû s’échapper avec un faux passeport.
  • Il a déclaré qu’il avait acheté les passeports en Espagne et que la femme arrêtée avec lui était connue de lui dans ce pays. Il a également admis avoir parlé à un avocat argentin, dont il a trouvé le téléphone sur Internet, dans le but de régulariser son statut d’immigrant.
  • Entre-temps, l’enquête sur la femme a été reportée, car sa maîtrise de l’anglais ne serait pas parfaite, et il n’a pas été possible de trouver un traducteur en farsi, comme l’avait demandé la sécurité. Pour le moment, le couple continuera à être détenu dans les quartiers de Comodoro Py.

Quatre faux passeports

A la Sécurité intérieure, on doute de la véracité de leurs dires, car « les faux passeports sont très chers, et ils en avaient quatre, pas deux, et ils ont pris soin d’utiliser les meilleurs trucs pour quitter l’Espagne ».

  • Le couple avait donc quatre passeports – tous faux. Deux ont été utilisés pour quitter l’Espagne, et les deux autres pour entrer en Argentine.
  • Les suspects se sont enregistrés dans différents hôtels avec de fausses identités.
  • Et la question se pose, puisqu’ils disent ne parler ni anglais ni espagnol, et qu’ils ont passé un appel de 85 secondes à un numéro argentin : dans quelle langue ont-ils échangé avec leur correspondant ?

En outre, ils ont souligné que la femme n’a jamais voulu révéler le mot de passe de l’iPhone, ce qui retardera inévitablement l’enquête.

Le Hezbollah en Argentine

La présence d’agents iraniens dans la région n’est pas nouvelle. Elle a une longue histoire. Actuellement, son pôle principal est centré au Venezuela de Nicolás Maduro. Là, à l’époque d’Hugo Chávez, les liens et les affaires se sont renforcés. Surtout les plus sombres, ceux liés au trafic de drogue et au blanchiment d’argent destiné à financer la révolution islamique.

Des membres du groupe terroriste Hezbollah sont largement présents dans toute l’Amérique latine. L’organisation est officiellement dirigée depuis le Liban par Hassan Nassrallah. Mais derrière, il y a le régime iranien. Plus précisément, l’ayatollah Ali Khamenei et le chef des forces révolutionnaires islamiques, les commandos des Quds, Qassem Soleimani.

Soleimani est le véritable cerveau iranien à l’étranger, tant au Moyen-Orient qu’en Amérique latine. Ses voisins le connaissent bien : il a été un acteur majeur pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak et a récemment été vu en Syrie, où les Qods ont contribué à maintenir le dictateur syrien Bachar Al-Assad au pouvoir.

Les liens entre le Venezuela et l’Iran se sont renforcés depuis les présidences de Mahmoud Ahmadinejad et Chavez en 2005.

  • L’île de Margarita, sur la côte caraïbe, sert depuis le début de 2000 de centre de trafic de drogue pour le Hezbollah et d’autres groupes terroristes islamistes tels que le Hamas.
  • En septembre 2016, dans un village d’Abasto, un tableau est apparu avec le symbole de l’Etat islamique écrit en farsi par une personne dont c’était la langue maternelle.
  • Autre fait curieux, une carte de crédit malaisienne a été trouvée lors de la saisie, bien qu’à aucun moment ils n’aient dit qu’ils avaient été dans ce pays.
  • On ne sait pas non plus comment ils ont obtenu les faux passeports israéliens, s’ils ont été achetés ou si quelqu’un les a fournis en Espagne ou dans tout autre pays dans lequel ils ont voyagé.

Corruption de l’Etat

Près de deux jours après le scandale politique qui a éclaté concernant les deux suspects iraniens entrés irrégulièrement en Argentine, le directeur national des Migrations, Horacio García, a déclaré que « l’Argentine a respecté toutes les normes internationales pour la détection des étrangers et ne veut pas que ces citoyens iraniens restent plus d’une minute, donc si la justice les relâche ils seront automatiquement renvoyés ».

Ainsi, aucune enquête approfondie ne sera conduite, ni sur les complices, ni sur les raisons de leur présence, ce qui arrange bien l’Iran.

Il a également catégoriquement rejeté les soupçons que les agents d’immigration soient impliqués dans un réseau terroriste.

Par ailleurs, les porte-parole du gouvernement ont rapporté que la ministre Patricia Bullrich a rendu compte au Cabinet national de la situation des détenus iraniens.

D’un autre côté, Mauricio Macri a félicité le fonctionnaire pour l’action qui a permis de corriger en quelques jours l’erreur commise par le personnel de l’immigration de les laisser entrer, et a demandé que des dispositions soient prises pour qu’ils restent en prison « aussi longtemps que nécessaire » en attendant une explication de la situation.

Une enquête interne a été ouverte et deux agents de l’immigration ont été suspendus pour ne pas avoir alerté les autorités.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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