Quantcast
FLASH
[08/12/2019] Les autorités saoudiennes enquêtent pour savoir si le terroriste de #Pensacola s’est radicalisé lors d’une visite dans le royaume l’année dernière, selon deux responsables saoudiens  |  #Pensacola. Le FBI détient 10 Saoudiens après l’attaque, et en recherche d’autres qui ont participé avec le terroriste à une fête pour regarder des vidéos de tueries de masse  |  Les avions à réaction de l’armée de l’air israélienne ont frappé un camp terroriste de #Hamas, des entrepôts d’armes, des bureaux et des postes de sécurité à #Gaza  |  [07/12/2019] A 20h54 heure locale, 3 roquettes ont été tirées depuis #Gaza sur #Israël, 2 interceptées. Ni @Reuters, @AFP n’en parlent  |  [06/12/2019] En raison d’une aggravation des menaces de l’#Iran, #Israël a testé avec succès des tirs de missile capable de porter une tête nucléaire  |  [04/12/2019] Fatigué des blabla, #Trump annule la dernière conférence de l’Otan et rentre à Washington  |  [30/11/2019] Le terroriste du #LondonBridge était un proche de l’infâme prédicateur islamiste Anjem Choudary  |  La Bolivie rétablit ses liens diplomatiques avec #Israël  |  Près de 3 000 faux permis de conduire américains envoyés par la Chine ont été interceptés par la douane américaine  |  Le terroriste islamiste du pont de Londres avait demandé de l’aide pour être déradicalisé, selon son avocat  |  [29/11/2019] Alerte rouge: tir de roquettes à l’instant dans le sud d’#Israël  |  Evacuation de la #garedunord de Paris après la découverte d’un engin explosif dans un sac  |  Les talibans disent qu’ils sont prêts à reprendre les pourparlers de paix après la visite impromptue de #Trump pour thanksgiving  |  Le Premier ministre irakien déclare qu’il remet sa démission au Parlement  |  [28/11/2019] La Bolivie rétablit ses relations diplomatiques avec #Israël, qu’elle avait rompues en 2009 sous la direction du président de gauche Evo Morales, qui estimait qu’Israël n’avait pas le droit de se défendre contre les tirs de roquettes depuis #Gaza  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Gaia - Dreuz le 24 mars 2019

Source : Liberation

A Paris, après le limogeage de Michel Delpuech, jugé trop laxiste, son successeur est entré en fonction jeudi. Qualifié de «fou furieux» par certains collègues, il devrait appliquer une stratégie de fermeté lors de l’«acte XIX» des gilets jaunes.

Des cris de joie déchirent les couloirs feutrés de la préfecture de Bordeaux. Lundi, deux jours après le saccage des Champs-Elysées par les gilets jaunes, les fonctionnaires girondins sont heureux. Ils viennent de l’apprendre, leur patron depuis 2015, Didier Lallement, est nommé à la tête de la préfecture de police de Paris, en remplacement de Michel Delpuech, limogé par l’exécutif car jugé trop laxiste. Ses collaborateurs bordelais en sont convaincus: si la ville a besoin d’un homme de fer, avec lui, elle sera servie. Agé de 62 ans, l’homme traîne en effet une réputation de préfet impitoyable. Le mot pourrait être fort s’il n’avait pas été prononcé spontanément par plusieurs de nos sources ayant croisé sa route par le passé. «Il est très cassant avec les gens, très blessant. On n’avait jamais vu ça, raconte une ex-collègue. Il est froid dans son management, mais assume totalement. Avec lui, c’est la politique de la terreur. Il ne respecte que ceux qui, de temps à autre, osent lui tenir tête.» «Didier Lallement? Il est fou comme un lapin, abonde un préfet actuellement en poste. C’est la rigidité faite homme. Il peut ne jamais vous dire bonjour, ça ne le dérange pas. De ce fait, il me semble très éloigné des caractéristiques que l’on exige d’un préfet, à savoir d’être rond. Si le gouvernement l’a choisi, c’est clairement pour une reprise en main musclée de la préfecture de police.»

Pour contribuer à Dreuz.info en utilisant votre carte de crédit sans vous inscrire à Paypal, cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution.

«La main de Clemenceau»

Avec Didier Lallement, le gouvernement poursuit deux objectifs. Un de très court terme: rétablir l’ordre dans la capitale dès ce samedi, pour l’«acte XIX» des gilets jaunes. Par la suite, il s’agira de réformer l’institution créée en 1800 par Napoléon, qualifiée «d’Etat dans l’Etat» pour ses pouvoirs et son autonomie gargantuesques. En effet, la préfecture de Paris possède sa propre police judiciaire, le prestigieux «36», son service de renseignement (DRPP), chargé au même titre que la DGSI de la lutte antiterroriste, ainsi qu’une compétence sur la lutte contre l’immigration illégale. Un train de vie jugé luxueux en ces temps de rigueur budgétaire. Jeudi, lors de l’intronisation du nouveau préfet sur l’île de la Cité, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’y est pas allé de main morte au moment de dresser la feuille de route du nouveau maître des lieux: «Didier Lallement, votre modèle est Georges Clemenceau. La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener.»

Pour ce qui concerne le maintien de l’ordre, la place Beauvau entend renforcer une doctrine d’ultrafermeté. Christophe Castaner, ainsi que son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, n’ont en effet que très modérément goûté une note émanant du directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, appelant à un usage modéré des lanceurs de balles de défense (LBD 40). Les deux ministres attendent donc de Didier Lallement qu’il applique la stratégie «de mobilité et d’interpellations», élaborée après les heurts très violents du 1er décembre. Le risque? Générer un nombre très important de blessures voire de mutilations chez les manifestants, via un recours débridé aux armes les plus controversées du maintien de l’ordre, comme les LBD 40 bien sûr, mais aussi les différents types de grenades (celles dites de désencerclement ou les GLI-F4 composées de TNT). A Bordeaux, les affrontements entre les forces de l’ordre et les gilets jaunes ont d’ailleurs été très violents ces derniers mois. Deux personnes ont eu la main arrachée et plusieurs autres ont été sérieusement blessées par des tirs de LBD 40. Le 2 mars, c’est le député LFI Loïc Prud’homme qui a dénoncé les coups de matraque dont il a été victime en quittant pacifiquement un cortège des gilets jaunes. Une pétition a été lancée pour réclamer la tête du préfet. Lundi, Prud’homme a accueilli ainsi l’arrivée de Lallement à la tête de la préfecture de police de Paris: «Une prime au violent qui a échoué en Gironde!»

Ne ratez aucun des articles de Dreuz, suivez notre fil Twitter, puis retweetez-nous. C’est ainsi que les idées que vous défendez circulerons !

«Le graal»

C’est là l’immense paradoxe de cette nomination. Bien que très expérimenté, –il a été préfet de l’Aisne, de la Saône-et-Loire et du Calvados–, Lallement n’a rien d’un spécialiste de l’ordre public. «C’est un préfet fou furieux, hoquette un ancien directeur central de la sécurité publique. Il a les dents qui rayent le parquet depuis toujours. En 2012, il voulait déjà avoir la mainmise sur la police et la gendarmerie à l’époque où il était secrétaire général du ministère de l’Intérieur [Valls, ndlr].Il a toujours voulu faire de la police opérationnelle, jusque-là il était tenu à l’écart avec une perche.» Prendre la tête de la préfecture de police de Paris, Didier Lallement y pensait donc depuis longtemps. «C’était son rêve absolu, il vient de toucher le graal», confie un proche. Didier Leschi, aujourd’hui directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration tempère le portrait apocalyptique fait de son compère issu, comme lui, du «chevènementisme»: «C’est un excellent technicien, à la grande rigueur intellectuelle. Au plan administratif, il est plutôt réformateur. Son passage à la tête de l’administration pénitentiaire [où il fut le créateur des équipes régionales d’intervention et de sécurité –unité d’élite] a été salué par les syndicats, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.» Le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, qui a travaillé avec Lallement il y a bientôt trente ans au secrétariat d’Etat aux collectivités locales, confirme la grande valeur de ce haut-fonctionnaire, au parcours iconoclaste: «Lallement ne vient pas du sérail, il n’a pas fait l’ENA. Il est très sérieux, rigoureux et travailleur. Mais c’est vrai que dans l’exercice de l’autorité, il est très cash.» L’ex-préfet de la Nouvelle-Aquitaine laisse par exemple un souvenir âcre aux élus locaux du bassin d’Arcachon, à qui il a contesté sans merci le plan de l’urbanisme. «C’est le seul mec qui a eu les couilles de se prendre les lobbys de l’immobilier en frontal pour les obliger à respecter l’environnement et le domaine public maritime», rapporte un journaliste. Revanchard, l’un des maires contrariés a adressé un courrier au lance-flammes à Macron, accusant ni plus ni moins le haut fonctionnaire «d’abus de pouvoir». Mais Didier Lallement ne craint rien ni personne. Le jour de son arrivée en Gironde, il avait baptisé ainsi son nouveau personnel: «Vous pensez connaître ma réputation? Elle est en deçà de la réalité.»

Loading...
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz