Publié par Isaac Franco le 1 avril 2019

Ah, comme ils doivent la regretter cette administration Obama qui, alors qu’elle vivait ses toutes dernières heures, trahissait son meilleur allié en négligeant le 23 décembre 2016 d’opposer son veto à la résolution 2334 qui déclare « illégales au regard du droit international » les implantations israéliennes situées au-delà de la ligne de cessez-le-feu de 1949 !

Arrivé au terme de son deuxième mandat, Obama déchirait ainsi le voile d’une hostilité à peine contenue toutes ses années d’exercice à l’égard de l’Etat juif, et vengeait du même coup l’affront du discours de Benjamin Netanyahou devant les deux chambres du Congrès américain en mars 2015 où il avait crânement dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien qui allait être signé quelques mois plus tard. Israël avait un genou à terre et, dans les chancelleries européennes, on sabrait le champagne mis au frais pour l’occasion. On allait enfin voir ce qu’on allait voir maintenant que l’Amérique avait, elle aussi, apposé un sceau indélébile sur un texte qui condamnait sans équivoque l’annexion par Israël des quartiers orientaux de sa Capitale et du plateau du Golan et la construction et le développement d’implantations en Judée Samarie. 

L’ivresse allait être de courte durée, le réveil douloureux. Et le mal de crâne qui les accompagne depuis l’arrivée aux affaires du nouveau locataire de la Maison Blanche n’est pas près de se dissiper…

Déjà que nos petits marquis avaient dû avaler les couleuvres de la reconnaissance de Jérusalem comme Capitale de l’Etat d’Israël, le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis et le rattachement de leur consulat à celle-ci, la fermeture des bureaux de l’OLP à Washington et le gel du financement de l’UNRWA et de l’AP, les voilà aujourd’hui qui s’étranglent littéralement d’indignation unanime après la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté d’Israël sur le Golan, ce territoire stratégique de 1200 km2 conquis par Israël en 1967 au terme d’une guerre défensive et annexée par l’Etat juif en 1981.

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La réaction hystérique des 5 pays européens membres du Conseil (Allemagne, France, Royaume-Uni, Belgique et Pologne) témoignait autant de leur impuissance que de leur frustration quand ils rappelaient dans une déclaration virulente qu’ils ne reconnaissaient « pas la souveraineté d’Israël sur les territoires qu’il occupe depuis 1967, incluant le plateau du Golan », soulignant que « l’annexion d’un territoire par la force est interdite par le droit international et que tout changement unilatéral de frontière va à l’encontre des règles sur l’ordre international et la Charte de Nations Unies ».

Mais c’est sans surprise l’ambassadeur de France François Delattre, digne héritier d’une tradition diplomatique indécente au point de condamner pour « violation de la souveraineté d’un Etat » l’opération israélienne d’Entebbe de juillet 1976 qui allait libérer les passagers et l’équipage d’un avion de ligne pourtant français lui aussi, qui paraissait le plus remonté. C’est ainsi qu’en fidèle porte-voix de la Ligue arabe et de l’Organisation de la Coopération Islamique, il faisait valoir, la veille de la réunion du Conseil convoqué d’urgence par son pays en sa qualité de Président en exercice en mars à la demande du régime criminel d’Assad, que les fondements d’une paix durable au Proche-Orient sur lesquels s’est entendue la communauté internationale « ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise ». Avant de conclure, aux portes de l’arrêt brusque et plus ou moins complet de ses fonctions cérébrales, que « le silence du Conseil est de plus en plus assourdissant, de plus en plus incompréhensible, et pour la France, de plus en plus inacceptable ».

Sitôt convoqué, sitôt réuni mercredi 27, le Conseil allait, par la voix de ses 14 autres membres, critiquer durement la « politique américaine du fait-accompli », et apporter son plein soutien à la souveraineté syrienne du plateau du Golan au nom d’une résolution de décembre 1981 appelant Israël « à mettre un terme à son occupation illégale de ce territoire » et qualifiant son annexion de « nulle et non avenue au plan légal ».

Mais, après âpres délibérations du jury, c’est à Vladimir Safronkov, vice-ambassadeur de la Fédération de Russie aux Nations-Unies, que reviendra la palme du cynisme et de l’hypocrisie pour avoir invité la communauté internationale à continuer de qualifier les hauteurs du Golan de territoire sous occupation israélienne et, surtout, pour sa mise en garde de « toute transgression semblable du droit international ».

Le pays qui aura sauvé le boucher de Damas d’un tribunal pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ne risquait pas de se voir rappeler qu’il y a cinq ans seulement, il annexait en parfaite illégalité la péninsule de Crimée. Après tout, à l’exception du représentant américain, on était entre gens du monde.

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Si cette pantalonnade ne changera rien à la réalité de la souveraineté israélienne du Golan, elle aura néanmoins révélé que lorsqu’il s’agit de l’Etat juif, ses prétendus amis européens ont décidément peu de scrupules à se ranger aux côtés/plaider la cause d’un régime assassin au nom d’un droit international perverti.

S’il ne servait qu’à une chose, le Conseil de sécurité ne serait que l’implacable révélateur de leur indécence, une sorte de baromètre en tailleur ou costume trois-pièces…

Isaac Franco, Chroniqueur à Radio Judaïca Bruxelles

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