Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 avril 2019

S’il s’agissait d’une enquête criminelle contre Donald Trump, l’information serait déjà en continu sur BFMTV et France Info, et en gros titre dans Le Monde. Là, elle sera peut-être mentionnée dans un quotidien local en dessous des mots-croisés – et encore, rien n’est moins sûr.

L’ex-directeur de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Devin Nunes, annonçait en fin de semaine dernière avoir envoyé au département de la Justice (équivalent du ministère de la Justice) une recommandation de poursuites criminelles contre 8 membres de l’Administration Obama dans le dossier de collusion de Trump avec la Russie, et la mise sur écoute de la campagne Trump. Vous pouvez prendre connaissance des détails en consultant cet article.

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La réaction du département de la Justice vient de tomber.

Le procureur général (équivalent de ministre de la Justice) Wiliam Barr vient d’annoncer qu’il engage une enquête sur ce que les conservateurs ont qualifié de « Spygate », c’est-à-dire l’espionnage de la campagne Trump.

L’instruction couvrira toutes les enquêtes du Congrès et celles de l’Inspecteur général, et il mènera un examen complet sur l’espionnage de la campagne présidentielle Trump par l’administrateur Obama.

Au cours de sa deuxième journée de témoignage devant le Congrès cette semaine, où ironiquement les Démocrates ont convoqué Barr pour le pousser à publier l’intégralité du rapport Mueller – ce qu’il ne fera pas, car la loi l’interdit – le procureur général a renvoyé les Démocrates dans les cordes en suggérant qu’il y a bien eu une collusion russe et des malversations : mais de leur côté, pas du côté Trump.

Il vient de déclarer que le ministère de la Justice se prépare à enquêter sur les origines de l’enquête de contre-espionnage sur l’ingérence russe lors des élections de 2016.

 » Espionner une campagne politique, c’est grave », a dit Barr aux sénateurs. « Je pense qu’il y a eu espionnage. La question est de savoir s’il a été adéquatement justifié. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de prémisse légitime. Mais j’ai besoin d’explorer ça. »

 » Je n’ai aucune preuve précise à vous fournir maintenant », a dit Barr. « J’ai cependant des questions à ce sujet. »

Lorsque le sénateur Brian Schatz (Démocrate) a posé des questions sur l’utilisation du mot « espionnage », Barr a répondu :

 » Je veux m’assurer qu’il n’y a pas eu de surveillance non autorisée. 

Je ne dis pas qu’il y a eu un abus de surveillance. Je dis que je m’en préoccupe et que j’examine la question .

Je crois qu’il y a de quoi s’inquiéter. Mais je ne vais pas discuter de cela ici. »

Le procureur général a déclaré qu’il n’a pas encore constitué d’équipe pour enquêter sur les origines du dossier russe. Il a indiqué qu’il était probable qu’il y ait eu « un échec parmi un groupe de dirigeants à l’échelon supérieur ».

 » J’estime avoir l’obligation de veiller à ce qu’il n’y ait pas eu d’abus de pouvoir de la part du gouvernement Obama »

Hier mardi 9 avril, Barr a horripilé les Démocrates lorsqu’il a déclaré qu’il ne remettrait pas le rapport Mueller au Congrès, défiant les demandes des Démocrates de voir non seulement le rapport complet de Mueller, mais aussi les preuves sous-jacentes.

Il avait précédemment ignoré avec mépris la date limite imposée par les Démocrates pour produire l’intégralité du rapport Mueller.

Le procureur général a également déclaré qu’il ne répondra pas à une ordonnance judiciaire qui lui imposerait de divulguer des renseignements top secret sur le grand jury, et que le Congrès n’a pas le pouvoir de consulter les renseignements du grand jury.

 » J’estime avoir l’obligation de veiller à ce qu’il n’y ait pas eu d’abus de pouvoir de la part du gouvernement [Obama] », a dit M. Barr.

Nous sommes très loin, si loin de Jeff Sessions, le ministre de la Justice qui l’a précédé, et dont la couardise a permis toute cette affaire de prendre vie. Barr est droit dans ses bottes, et semble équipé de ce qu’il faut pour agir.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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