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Publié par Manuel Gomez le 21 avril 2019

Le 8 janvier 1961 la population de la France métropolitaine était convoqué devant les urnes pour voter un OUI au référendum qui proposait l’autodétermination pour le devenir de l’Algérie Française souhaité par de Gaulle.

Par 75% des votants l’autodétermination, donc l’abandon de l’Algérie par la France, était voté. L’autodétermination était rejetée par 72% des votants, en Algérie, mais ce résultat n’était pas pris en compte.

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Interrogé en novembre 2009, lors d’un reportage du magazine « Historia », Alain Duhamel, chroniqueur à RTL et l’un de nos plus éminents journalistes politiques, répondait à la question posée : « Quel est, selon vous, l’acte de trahison le plus retentissant de la Ve république ?

Sans aucune hésitation, celui du général de Gaulle vis-à-vis des Français d’Algérie. De Gaulle est l’Algérie, c’est vraiment une trahison de nature politique. Si j’ose dire, c’est une trahison d’Etat ».

Un mois plus tard, à Alger, l’OAS (Organisation Armée Secrète) faisait son apparition.

Il est certain que l’OAS n’aurait jamais vu le jour si De Gaulle avait respecté sa parole et n’avait pas trahi.

En février 1961, les généraux Jouhaud, Gardy, les colonels Godart, Gardes, le docteur Jean-Claude Pérez et Jean-Jacques Susini, lançaient l’opération OAS et les premiers messages s’affichaient sur les murs d’Alger « OAS vaincra ».

Début avril 1961, l’organisation se constituait officiellement à Madrid, sous le commandement du général Salan, de Pierre Lagaillarde, de Jean-Jacques Susini, du capitaine Ferrandi et de quelques autres patriotes qui refusaient l’abandon de l’Algérie française.

L’OAS s’est organisée après l’échec du « putsch » des généraux.

Les quatre plus prestigieux généraux de l’armée française avaient pris la décision de se révolter contre le chef de l’État français qui s’était parjuré et les avait trahis.

Cette trahison mettait en danger la vie de leurs soldats, qui allaient tomber pour une politique d’abandon de l’Algérie, alors que la guerre était gagnée sur le terrain.

Dès lors certains officiers et leurs régiments prenaient la décision de se dresser contre l’État français et sa politique incompréhensible et désastreuse.

Le général Challe, chef d’état-major de toutes les armées, refusait de dresser une partie de l’armée contre l’autre et ne souhaitait pas que les Unités Territoriales (200.000 hommes, Français d’Algérie, mobilisés et armés), qui avaient été dissoutes un an plus tôt (suite à un complot organisé de main de maître par De Gaulle, lors des « barricades de janvier 1960, à Alger) soient réarmés. Il jetait donc l’éponge et se rendait aux autorités.

De Gaulle purge aussitôt l’armée : 220 officiers sont relevés de leur commandement et 114 traduits en justice.

Trois régiments ayant pris part active au « putsch » sont dissous, (le 1er REP, les 14 et 18e RCP) ainsi que le groupement des commandos de l’air. Plus de 1000 officiers démissionnent par hostilité à la politique du chef de l’état.

Les généraux Challe et Zeller sont condamnés à 15 ans de réclusion (Ils seront par la suite amnistiés et réintégrés).

Les généraux Salan et Jouhaux disparaissent et entrent en clandestinité.

Pendant ce temps-là, Georges Pompidou rencontre en Suisse, sur l’ordre du chef de l’état, des représentants du FLN afin d’entamer des négociations.

Il ne reste plus qu’un seul recours, pour conserver l’Algérie à la France, contre la politique d’abandon mise en place par De Gaulle : l’OAS (Organisation Armée Secrète).

Dès lors le destin de l’Algérie Française, notre destin, est entre nos mains.

Le général Salan estime, en son âme et conscience, que les décisions du gouvernement français en ce qui concerne UNIQUEMENT l’indépendance de l’Algérie sont contraires à l’intérêt de la Nation. (Tout comme l’avait fait en 1940 le « général » De Gaulle après la décision de signer l’armistice par le gouvernement de Philippe Pétain).

Il estime également que, contrairement au général De Gaulle, il y va de son honneur, et de l’honneur de tous les officiers qui l’ont rejoint, de respecter la parole donnée, par De Gaulle, de conserver l’Algérie à la France.

De très nombreux résistants de la grande guerre et des compagnons de la Libération rejoignent l’OAS : Georges Bidault (Président du dernier Conseil National de la Résistance (CNR), après la disparition de Jean Moulin, et qui succédera au général Salan, dès son arrestation, à la tête de l’OAS), Jacques Soustelle, homme de gauche et ex gouverneur général de l’Algérie, les colonels Château-Jobert, Savelli, Ceccaldi, et bien d’autres.

Le docteur Jean-Claude Pérez se voyait confier l’O.R.O., branche dure, avec comme adjoint le Lieutenant Degueldre, ancien officier du 1er REP, responsable de la formation et de la direction opérationnelle des futurs commandos deltas.

L’OAS, dit-on et lit-on dans les médias et la presse française de l’époque, et même de nos jours, a ensanglanté l’Algérie. Permettez-moi de vous rappeler que l’OAS n’a existé que seize mois, de fin février 1961 à début juillet 1962, et que ceux qui ont ensanglanté l’Algérie de 1954 jusqu’à fin 62 ce sont le FLN et l’ALN, pas l’OAS.

L’OAS a exécuté des individus communistes et gauchistes qui étaient les complices justement de ceux qui ensanglantaient l’Algérie, les « porteurs de valises » métropolitains qui les finançaient, fournissaient armes, faux papiers, aide et assistance, explosifs, fabriquaient leurs bombes et organisaient des attentats aussi bien en Algérie qu’en métropole. 

L’OAS a éliminé la grande majorité des « Barbouzes » recrutés par le gouvernement pour la combattre. Les survivants furent rapatriés et poursuivirent leurs actions en métropole.

L’OAS a plastiqué les entreprises et les commerces de ceux qui abandonnaient leur pays en guerre pour fuir en métropole et, dans les dernières semaines, a abattu parfois, après le 19 mars 1962, des innocents pour répondre aux enlèvements et aux assassinats dont été victimes en masse la population de l’Algérie par ses « nouveaux maîtres » et tenter de remplacer l’armée française qui restait « par ordre » l’arme au pied et se déshonorait, obéissant à un chef d’état et à un gouvernement d’abandon.

Il est totalement faux d’adhérer aux informations véhiculées par le gouvernement de l’époque et une certaine presse au service exclusif des communistes et des gauchistes qui alarmaient les citoyens en proclamant que l’OAS était une organisation de fascistes d’extrême droite.

Il suffit de rappeler que son chef, le général Salan, était étiqueté à gauche, au point même qu’un attentat avait été organisé, notamment par Michel Debré, et justement par la droite française, afin de l’éliminer physiquement car elle supposait qu’il avait été placé à ce poste de gouverneur militaire de l’Algérie dans l’objectif d’un rapprochement avec le FLN, et ce fut le commandant Rodier qui fut tué.

Quant aux autres officiers ils n’avaient aucune autre idéologie que de servir la Patrie et défendre la présence française.

L’OAS a été créée par les plus glorieux officiers de l’armée française, les plus décorés sur les champs de bataille, et dans ses rangs se battaient le plus petit ouvrier de Bab-el-oued et d’Oranie et le général général 5 étoiles, et ils n’ont pas à rougir du sang qu’ils ont versé pour la France, leur patrie, et son drapeau.

L’OAS Algérie était confiée au général Paul Gardy et l’OAS Métropole au capitaine Pierre Sergent.

L’action était confié aux commandos « Delta », sous les ordres de Jean-Claude Pérez et du lieutenant Degueldre. Or 80% des membres de ces commandos, et notamment le plus actif, celui de « Jésus de Bab-el-Oued » étaient des sympathisants de la gauche socialiste et communiste qui dominait ce quartier.

Il n’y avait au sein de l’OAS aucune agressivité contre l’ensemble des musulmans. 

Les ennemis à exécuter étaient les terroristes du FLN et les traîtres français qui étaient leurs complices.

90% de la population approuvait l’action de l’OAS, sans participer aux opérations armées ni aux exécutions nécessaires, mais, effectivement, trop peu nombreux furent ceux qui participèrent activement à la défense de leur pays.

N’oubliez jamais qu’après le général Salan, l’officier le plus gradé et le plus décoré de l’armée française, c’est M. Georges Bidault qui l’a remplacé à la tête de l’OAS. Georges Bidault qui fut le dernier président du CNR (Conseil National de la Résistance), l’homme qui a remplacé Jean Moulin comme responsable de la résistance française face aux nazis.

Je pense être mieux placé que quiconque pour préciser les objectifs de l’OAS.

Je me trouvais justement à Madrid, au domicile de Pierre Lagaillarde, au 22e étage de la Résidence La Torre, Plaza d’España à l’époque de Pâques 1961, afin de représenter M. Georges Bidault (sous surveillance des renseignement généraux) lors de la création officiel de l’OAS et que, par la suite, j’ai créé le « Bulletin de liaison du CNR/OAS », à Paris, toujours sous les ordres de Georges Bidault qui, quelques mois plus tard, prenait la responsabilité de l’OAS en lieu et place du général Salan, arrêté par les autorités françaises.

La France avait connu une situation identique lors de la dernière guerre 39/45 où il y eut bien peu de résistants contre l’occupant nazi et beaucoup plus dès la libération !

Si l’action de l’OAS n’a duré que 16 mois (février 61 à juillet 62) c’est qu’il n’y avait plus rien à espérer après le départ de la presque totalité des européens d’Algérie qui n’avait eu le choix qu’entre la valise ou le cercueil, promis par le FLN et l’ALN qui ne voulaient en aucun cas qu’il ne reste un seul non musulman sur la terre algérienne.

C’est d’ailleurs ce que n’ont jamais compris ni les gouvernements successifs de la France, ni De Gaulle, ni même l’OAS : La guerre pour l’indépendance n’était pas l’objectif majeur du FLN et de l’ALN, il ne s’agissait que de l’arbre qui cachait la forêt.

L’objectif prioritaire était le départ obligatoire d’Algérie de toutes les religions autres que la religion musulmane : c’était « La valise ou le cercueil ».

Cet « objectif prioritaire » a été facilité, on peut même dire « aidé », par le « cessez le feu » unilatéral ordonné par De Gaulle, dès les « Accords d’Evian », qui mettait l’armée française au service des nouveaux « maîtres » du pays.

Ce qui a permis les massacres du 26 mars 62, rue d’Isly à Alger et du 5 juillet 62 à Oran.

Je terminerai par ce dernier hommage, bien involontaire, rendu par De Gaulle à l’OAS :

« Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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