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Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 21 avril 2019

Le Figaro/AFP : Meurtre de Sarah Halimi : une contre-expertise affirme que Kobili Traoré ne souffre pas de maladie mentale, mais conclut à l’irresponsabilité et à « l’abolition du discernement » du suspect au moment des faits, compromettant la perspective d’un procès, a-t-on appris de source proche du dossier.

D’où un sentiment d’inquiétante étrangeté face à l’atmosphère quasi délirante des incohérences des trois rapports d’experts. Une inquiétante perte du sens de la réalité transmise de la psychiatrie à la justice ?

Le sentiment d’étrangeté se présente comme un vacillement des repères face à la réalité discordante des trois rapports d’experts. Les incohérences des trois rapports d’experts mettent en question l’évidence du cas de Kobili Traoré reconnu sain d’esprit. Rien n’altère donc sa perception habituelle du monde.

Malgré cela, plusieurs mois après les faits, Kobili Traoré est toujours présumé irresponsable et placé en établissement psychiatrique. Comme chacun le sait, la psychiatrie n’est pas une science exacte et la critique a dénoncé le rôle des psychiatres « experts en mystification ». On ne peut soupçonner des experts-psychiatres de vouloir propager délibérément des légendes et de répandre sciemment des contrevérités.

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On ne peut penser que des experts-psychiatres soient inspirés par l’ambition et le désir d’un pouvoir « pseudo-scientifique » et médiatique usurpé et malhonnête, pour influencer une décision judiciaire obtenue par la mystification. Il faudrait à ces experts-psychiatres un caractère pernicieux pour vouloir rédiger des rapports d’expertise psychiatrique sans lien avec des constatations objectives et manifestement dépourvus de valeur scientifique. Aussi, les opinions infondées, les hypothèses trompeuses et des argumentations psychiatriques douteuses, qui résultent de conceptions psychiatriques arbitraires, doivent être considérées comme indésirables et même pernicieuses, non seulement du point de vue intellectuel, mais aussi du point de vue d’une saine administration de la justice. Ceci ne signifie pas que toutes les expertises psychiatriques ne valent pas grand-chose, mais que les juges doivent pouvoir s’interroger sur la validité des expertises psychiatriques.

Les psychiatres habiles de notre époque jouent souvent les personnages importants, à condition de faire silence sur les contradictions de l’œuvre de déconstuction des soi-disant expertises psychiatriques.

Si les psychiatres sont habiles, c’est seulement faire preuve d’une habileté à courte vue.

Ici, on doit considérer le cas de Clément Guérin, diagnostiqué schizophrène et déclaré irresponsable par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon qui avait conclu à une abolition du discernement. Guérin avait été hospitalisé sous contrainte. Puis, fin 2018, le juge des libertés, se fondant sur les rapports d’experts psychiatres, avait estimé que son état s’était amélioré et qu’il ne nécessitait plus d’être interné.

Déclaré irresponsable pour le meurtre de sa mère, il récidive et tue son père Yves, âgé de 52 ans, de plusieurs coups de couteau, et sa grand-mère, Yvette Guérin, 87 ans, d’un seul coup de couteau mortel.

Dans le cas de Kobili Traoré, l’Histoire, après le meurtre de Sarah Halimi, prononcera un jugement sévère sur la validité des soi-disant expertises psychiatriques. Le cas de Kobili Traoré consiste à savoirs’il souffre ou s’il a souffert étrangement d’une « maladie temporaire » relevant de la psychiatrie médico-légale.

C’est ce qui explique que la thèse abusive et trompeuse de la « folie passagère » a la vie si dure !

La principale incohérence réside dans l’interprétation différente du comportement extrême de Kobili Traoré, certains organes de pressey voyant des « idées délirantes » symptomatiques d’une « maladie mentale », alors que d’autres y voient la simple expression d’une idéologie islamiste radicale… Selon les commentateurs, son passé de délinquant serait l’élément prédominant. Pour Caroline Valentin, sur Figarovox, Kobili Traoré est un « musulman radicalisé d’origine malienne au casier judiciaire long comme le bras« .

Meurtre de Sarah Halimi par Kobili Traoré : Sur quoi repose l’Hypothèse de la bouffée délirante aiguë liée au cannabis ? Les expertises psychiatriques ont fondé des rapports, imprégnés de contradictions, sur de pures hypothèses, à savoir que la maladie mentale passagère seule pourrait expliquer des actes monstrueux qui restent incompréhensibles pour la pensée des gens ordinaires. C’est le fonds de commerce des avocats !

Meurtre de Sarah Halimi par Kobili Traoré : Comment peut-on regarder les rapports des experts psychiatres comme le résultat de la fraction la plus avancée de la psychiatrie judiciaire ? Les juges doivent s’en douter, eux qui font silence sur le cas litigieux de Kobili Traoré. La misère de la psychiatrie judiciaire est, dans le cas litigieux de Kobili Traoré, une étape d’une grande importance pour la critique judiciaire de la validité des expertises psychiatriques. Elle en constitue la première critique méthodique, objective et concrète.

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Jusque-là, on a eu tendance à traiter les deux disciplines, justice et psychiatrie, de façon séparée.

Il s’agit aujourd’hui de faire une nécessaire mise point sur le cas litigieux de Kobili Traoré.

L’expérience judiciaire acquise des rapports d’experts psychiatres, dont les juges peuvent retirer le plus grand profit, constitue toujours la meilleure défense doctrinale contre la confusion née des contradictions et des incohérences inscrites dans les rapports d’expertises psychiatriques. Jusqu’à un certain point, les juges sont responsables de ces contradictions et de ces incohérences, c’est-à-dire de cette « sophistication », le mot qu’emploient les Anglais pour désigner la « falsification d’une marchandise ». (Karl Marx). Les juges ne doivent pas se laisser abuser par la métaphysique et les formules obscures des experts psychiatres.

La psychiatrie critique exprime toujours la même opinion sur les contradictions et les incohérences des rapports d’expertises psychiatriques. D’après les nouvelles connaissances de la psychiatrie judiciaire, « cela pour moi, c’est ignorance et puérilité, ce n’est pas de la science ». (Karl Marx).

Dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi par Kobili Traoré, le gâchis est désormais inextricable. Le scandale va être effroyable. Les experts psychiatres se situent hors du concret et leur pensée est ailleurs. Ils sont comme des démagogues. Ils en sont venus, par leurs idées psychiatriques abstraites les plus pauvres, les plus immorales et les plus lâches, à n’avoir plus de communauté d’idées avec leurs contemporains. Nous ne pouvons plus fonder une nouvelle hiérarchie socio-judiciaire en nous fondant sur les psychiatres. Nous avons jugé utile de rappeler ces faits car nous ne sommes plus livrés aux interprétations trompeuses et aux hypothèses infondées des psychiatres-experts. Ils devront en témoigner eux-mêmes. Il ne s’agit pas de déconsidérer la psychiatrie judiciaire, mais de montrer où se situent les limites des experts psychiatres.

Quelque sévère que paraisse ce jugement, il importe de ne pas oublier qu’au moment de déposer leur rapports d’expertise psychiatrique fondé sur un consensus arbitraire, le code du consensus obligatoire aboutit à la trahison des idées personnelles divergentes. C’est par la faute du consensus psychiatrique obligatoire mal compris que les rapports d’expertises psychiatriques n’ont pas répondu et ne répondront pas, en matière de vérité, aux espérances judiciaires que pourtant rien ne justifiait. Le fait des contradictions et incohérences des rapports d’expertises psychiatriques donne l’occasion de développer la critique des expertises judiciaires en les opposant aux idées de l’homme concret. Dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi par Kobili Traoré, le fait que les experts psychiatres ont créé un abîme infranchissable entre eux explique le silence des juges.

Le consensus arbitraire des rapports d’expertises psychiatriques a le malheur d’être singulièrement méconnu en France. C’est pourquoi on a le droit d’être mauvais psychiatre, parce qu’on passe pour être bon expert. Nous, en notre qualité de simple justiciable, nous avons voulu protester contre cette double erreur. Le consensus arbitraire des rapports d’expertises psychiatriques n’est pas tout simplement une mystification, c’est devenu une sorte de Bible judiciaire. C’est ce qui explique tous les mystères et les secrets des rapports d’expertises psychiatriques, et même les révélations imaginaires des rapports d’expertises psychiatriques,

Comme, de nos jours, les prophètes psychiatres sont de plus en plus contestés consciencieusement bien plus que les autres experts, il faut bien que le juge se résigne à passer par la connaissance de la genèse des rapports d’expertises psychiatriques, pour s’élever, plus tard, dans des décisions justes et fécondes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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