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Publié par Abbé Alain Arbez le 23 avril 2019

Les tenants de la théologie de la substitution, comme les propagandistes anti-sionistes aiment citer l’expression biblique « Dieu des armées » pour incriminer Israël, faisant ainsi du Dieu de la Bible une sorte d’idole païenne. Pour les premiers, c’est le repoussoir nécessaire pour valoriser le Dieu de la paix esquissé dans le nouveau testament ; pour les seconds, c’est une vision archaïque devenue idéologique et militariste pour justifier les interventions de tsahal à l’encontre de ses adversaires.

Or si l’on observe l’évolution de cette expression dans les livres de la Bible (rédaction qui s’étend sur des siècles), on constate une évolution progressive du sens qui aboutira au Dieu des puissances célestes.

Yahve Tsevahot ou Elohim Tsevahot, signifie bien « le Seigneur des armées ». Mais de quelles armées ? Certes, lorsque David entre triomphalement à Jérusalem avec l’arche d’alliance, il est question du Dieu des armées qui combat avec son peuple,  et le délivre de ses ennemis. Dieu est du côté de la justice et du plus faible, il protège son peuple en danger.

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1 Samuel 17.45 évoque le Dieu des armées d’Israël dans ce sens, et pourtant le livre de Josué et le livre des Juges restent paradoxalement discrets avec cette appellation… alors même que l’entrée en terre promise est une étape mouvementée et pleine de confrontations selon le récit.

Il se profile peu à peu une évolution théologique qui va dans le sens de Genèse 2.4, où Dieu est le « maître des armées célestes ». En Genèse 32.2, il est question d’armées angéliques, et en 1 Rois 22.19, les « saintes myriades » sont peu suspectes d’être des convois de soldats en armes ! Idem en Deutéronome 33.2, les êtres célestes sont prêts au combat spirituel pour assurer la dominance de Dieu et soutenir ses enfants en difficulté. On évolue au fil du temps, avec l’expression Yahve Tsevahot, vers une idée de la gouvernance divine : c’est le « Dieu des puissances ».

Or, Tsevahot est de la même racine : « tsava », que la « mitsva », obligation biblique de base pour le croyant à l’alliance, et dans laquelle il n’y a aucune dimension militaire. Le psaume 53.6 de même, n’implique pas les armes et n’incite pas à la violence. La tora d’ailleurs désapprouve la guerre offensive et injuste.

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L’évolution de l’expression « Yahve Tsevahot » au cours de l’histoire d’Israël raconte une Seigneurie divine, disposant de puissances qui veillent sur le sort des êtres humains. Après l’apparition du christianisme, et dans cette même logique, l’apôtre Paul parlera du « Kyrios Sabaoth » en Romains 9.29. Les évangiles prolongeront cette tonalité pacifiante qui exalte la puissance d’un Dieu qui n’est pas violent mais qui donne des armes spirituelles pour repousser les forces de mort qui menacent les êtres humains.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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