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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 avril 2019

Slate.fr est sans aucun doute un média médiocre et très secondaire en France, mais aux Etats-Unis, il a une influence certaine à gauche. Lorsqu’il titre « Joe No », il est important de prêter attention.

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Dans un article publié le 22 mars 2018 (1), Jamelle Bouie, commentateur politique au New York Times (Jamelle est un homme, comme son prénom l’indique) et ex-correspondant politique de Slate, affirme : « les Démocrates peuvent faire mieux que Joe Biden en 2020 ».

Voilà de quoi attiser la curiosité : Jamelle n’est pas n’importe qui. Selon la Columbia Journalism Review, Bouie est « l’un des commentateurs déterminants de la politique et des sujets sur la race de l’ère Trump ».

Après un jeu de cache-cache – j’y vais, j’y vais pas – qui a duré plusieurs mois, pendant lesquels Biden voulait s’assurer du soutien du président Obama et des milliardaires donateurs de la gauche, Biden a enfin annoncé hier sa candidature.

Il n’a pas eu le soutien d’Obama, et pour se sortir de cette humiliante rebuffade, a tenté de faire croire qu’il a demandé à l’ex-président de ne pas le soutenir ! Commencer une campagne par un si gros mensonge me laisse songeur. Qui peut croire qu’un candidat peut demander à ne pas profiter de tous les atouts possibles pour remporter le poste suprême.

Le programme de Biden

Biden, qui a déjà été battu deux fois aux présidentielles, a exposé sa vision pour le pays : « Un plan pour faire passer le travail et les travailleurs en premier ». Je me demande ce qu’il peut bien proposer alors que depuis que Trump est président, le nombre d’Américains qui travaillent est le plus important de toute l’histoire des Etats-Unis, que les salaires ont progressé après 10 ans de stagnation, que le taux de chômage des Noirs, des Hispaniques, des handicapées, est le plus faible jamais enregistré.

Mais là n’est pas le vrai problème.

Politique identitaire contre classe blanche privilégiée

Le vrai problème s’appelle « politique identitaire ». Les Démocrates sont partis tellement à gauche, que comparé à ses concurrents dont certains sont socialistes, d’autres d’extrême gauche, Biden, un centriste de gauche, a des idées considérées maintenant comme bien trop à droite.

« C’est un combattant de la classe ouvrière blanche » dit de lui Jamelle.

Toujours dans Slate (2) Jim Newell réagit à la candidature de Biden :

Biden ressemble davantage à un Jeb Bush de 2016 : un faible, favori de l’establishment, dont l’époque est peut-être révolue, et dont les électeurs feraient bien d’oublier cette perception qu’il est fort et a le potentiel d’être élu »

Ouï ! Dur dur pour le vieil « oncle Joe », son surnom jusqu’à ce qu’il soit rebaptisé par Trump, passé maître en la matière, en « sleepy Joe » – Joe l’endormi.

Politique identitaire bis

Sur le site d’Associated Press (3), la première agence d’information au monde, Juana Summers et Errin Haines Whack tirent à boulets rouges sur Biden, avec les armes préférées des progressistes : les femmes, les noirs, les minorités victimes des vieux hommes blancs privilégiés :

Certaines femmes de couleur frustrées par la candidature présidentielle de Biden.

La décision de l’ancien vice-président Joe Biden d’entrer dans la course à la présidence démocrate consterne certains démocrates, en particulier les femmes de couleur, qui espéraient un candidat qui reflète mieux la diversité du pays, précisent les journalistes d’AP.

Lors du forum She the People … consacré aux femmes de couleur, Roxy D. Hall Williamson s’est effondré en écoutant mentionné Biden, qui a fait son annonce de campagne jeudi.

« Je sais que nous avons été éduquées à comprendre que seul l’homme blanc peut nous sauver », a déclaré l’organisateur du forum.

La candidature de M. Biden est susceptible de remodeler la race démocrate, ce qui a mis en évidence la diversité du parti.

Le groupe des huit espoirs 2020 qui ont pris la parole au forum était composé d’un homme noir, d’une femme noire, de trois autres femmes, d’un homme latino et de deux hommes blancs, tous expliquant pourquoi ils devraient être le candidat, ajoute encore AP.

LaTosha Brown, cofondatrice de Black Voters Matter – le vote Noir compte – a déclaré :

« J’en ai fini avec les hommes blancs qui dirigent le pays ». Je ne sais pas si le fait qu’il [Biden] entre change la donne. Il a un nom connu, mais sa force est aussi sa faiblesse. Qui va être surpris par son annonce [de candidature] ? »

Cynthia Dismuke, 53 ans, de Houston, qui participait au forum She the People a elle aussi déclaré :

« Je ne suis pas certaine de forcément vouloir voir la candidature d’un autre homme blanc. »

Des fautes passées qui ne passent pas

Biden est toujours hanté par la façon dont il réagit lors de la confirmation de Clarence Thomas au poste pour la Cour suprême en 1991. Le Comité sénatorial de la magistrature avait fortement mal traité Anita Hill, une professeure noire qui avait été confrontée à un groupe de législateurs blancs – dont Biden était le président – au sujet de ses allégations de harcèlement sexuel contre Thomas.

Biden a souvent dit qu’il regrettait comment il a traité Hill. Mais la principale intéressée n’a pas cru un mot à ses regrets, qui satisferont cependant ceux qui ont des valeurs à géométrie variable.

Hill a déclaré au New York Times que sa conversation avec Biden au début du mois d’avril 2019 l’avait profondément insatisfaite et peu convaincue qu’il avait accepté le mal qu’il avait fait.

« Je ne peux pas me contenter de quelqu’un qui dit ‘je suis désolé pour ce qui vous est arrivé’. Je serai satisfait lorsque je saurai qu’il y a un réel changement, une véritable responsabilisation et une véritable prise de conscience », a dit M. Hill.

New York Magazine, vent debout contre Biden

Le New York Magazine, un autre média très à gauche et très influent, compare négativement la campagne de Biden à celle de Jeb Bush en 2016 (4).

Combien de délégués Jeb Bush a-t-il eu ? Il en a obtenu trois, rappelle Rush Limbaugh (5). Jeb a dépensé cent millions de dollars. Il a eu le plus grand consultant Républicain de tous les temps, Mike Murphy, pour diriger sa campagne, et ils ont obtenu trois délégués !

Et bien-sûr, Jeb Bush a été pulvérisé en l’air par Donald Trump.

Aussi, lorsque le New York magazine voit la campagne de Biden démarrer comme celle de Jeb Bush : très gros donateurs, l’appareil politique du parti et l’establishment de Washington, il la voit aussi faire un crash lamentable – comme celle de Bush – bien que les récents sondages (6) donnent Biden favori parmi les 19 autres candidats Démocrates à la présidentielle, y compris le socialiste Bernie Sanders – encore un autre vieillard blanc millionnaire et privilégié.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. Slate
  2. Slate
  3. AP
  4. NY Mag
  5. Rush Limbaugh
  6. Morning Consult

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