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Publié par Magali Marc le 27 avril 2019

Pour commencer, un ancien architecte s’est dit stupéfait par la puissance de l’incendie de Notre-Dame. Puis d’autres artisans ont dit ne pas comprendre la rapidité de l’embrasement des énormes poutres de chêne.

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Philippe Karsenty a mis en doute la thèse de l’accident émise avant toute enquête et s’est fait taxer de complotisme par Morandini. Éric Zemour est intervenu pour dire que s’il s’agit d’un acte terroriste, les autorités ne le diront pas.

Beaucoup d’éléments concourent à semer le doute :

  • Le 15 avril, à peine quelques heures après le déclenchement de l’incendie, le bureau des procureurs de Paris a affirmé que les enquêteurs abordaient l’incendie comme un accident. Le bureau a indiqué tard lundi que les enquêteurs ont écarté la piste criminelle, incluant des motifs liés au terrorisme. On annonce que l’enquête de la police s’orientera vers une « destruction involontaire causée par le feu ».
  • Le 18 avril, un responsable de la police révèle, sous couvert d’anonymat que l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a probablement été déclenché par un court-circuit électrique.
  • Pourtant le 16 avril, l’ancien ingénieur-chef de Notre-Dame (ancien architecte en chef des Monuments historiques), Benjamin Mouton qui a été en charge de la cathédrale Notre-Dame de 2000 à 2013, une période pendant laquelle il a notamment piloté le chantier lié à la mise en place de dispositifs de détection d’incendie) est interviewé par David Pujadas sur LCI. Il affirme que : « Du vieux chêne, il faut beaucoup de petit bois pour le faire brûler… Il y a 2 hommes en permanence jour et nuit pour aller voir dès qu’il y a une alerte et appeler les pompiers… » « Je suis stupéfait ! »(…) « En 2010, on a remis à plat toutes les installations électriques, il n’y a pas de possibilité de court-circuit, toute la détection et protection incendie de ND (en allant très loin) » « L’incendie n’a pas pu partir d’un court-circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant. » « … nous avons fait remplacer des portes en bois par des portes coupe-feu, avons limité tous les appareils électriques, interdits dans les combles ».
  • Mercredi 24 avril, une fois mise à mal la thèse du court-circuit électrique, il est question de mégots de cigarette : le porte-parole de l’entreprise Le Bras Frères, en charge de monter l’échafaudage de la flèche de Notre-Dame, a reconnu et « regretté » que certains ouvriers aient bravé l’interdiction de fumer sur le chantier. On a retrouvé des mégots… qui auraient résisté au feu… Une semaine après l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame, l’AFP nous apprend donc que des ouvriers de l’entreprise Le Bras Frères, qui montaient l’échafaudage autour de la flèche de Notre-Dame, ont bravé l’interdiction de fumer sur le chantier. « Effectivement, il y a des compagnons qui de temps en temps se sont affranchis de cette interdiction et on le regrette », a avoué le porte-parole de l’entreprise, Marc Eskenazi, à l’agence de presse. Toutefois, il a assuré qu’« en aucun cas, un mégot mal éteint ne peut être à l’origine de l’incendie de Notre-Dame de Paris ». Des aveux qui font écho à un article du Canard Enchaîné paru mercredi, affirmant que les enquêteurs ont retrouvé sept mégots sur le site. « Il y avait effectivement une interdiction de fumer sur l’échafaudage », a poursuivi Marc Eskenazi. Mais « cette interdiction était plus ou moins respectée », car il était « un peu compliqué de descendre parce que ça prend du temps ».
  • Le 25 avril, des spécialistes dans l’installation de protections contre la foudre sur le toit des bâtiments historiques, Didier et Anthony Dupuy, père et fils, qui avaient travaillé au sommet de Notre-Dame de Paris en 2013 ont affirmé au Parisien avoir du mal à comprendre l’origine de l’incendie hors norme qui l’a ravagée. Ces artisans avaient œuvré sur la cathédrale pendant trois mois et connaissaient ses faiblesses. Ils ont fixé un paratonnerre au sommet de Notre-Dame en 2013.

Ainsi les autorités (qui ont toutes les raisons de calmer le jeu et surtout de ne pas attiser la rancœur contre certains groupes) émettent des hypothèses fantaisistes basées sur du vent, tandis que d’authentiques spécialistes se disent extrêmement surpris de la force de l’incendie.

Les ouvriers ont intérêt à se dédouaner et à ne pas être pointés du doigt comme ayant causé l’incendie de Notre-Dame par leur négligence. Pourtant c’est bel et bien un des leurs qui admet que certains ont bravé l’interdiction de fumer sur le chantier.

Pour ce qui est des artisans qui y ont œuvré dans le passé, je ne vois guère de quoi ils auraient à se défendre.

Ainsi, 15 jours passent, et on n’en sait pas plus sur ce qui a causé l’incendie ni sur ce qui a provoqué un embrasement aussi puissant.

Conclusion

Le questionnement des lecteurs de Dreuz est donc tout à fait pertinent.

Comme le souligne Louis Morin (22 avril) on ne peut pas conclure à un acte criminel et accuser des terroristes islamistes sous prétexte que des musulmans se sont réjouis de l’incendie sur les réseaux sociaux.

Le fait que l’incendie arrive à point nommé pour Emmanuel Macron ne prouve rien, sinon qu’il a une chance de pendu.

Aucun groupe terroriste n’a revendiqué l’attentat.

Le fait que la cathédrale ne soit pas assurée ne prouve rien.

La sotte idée d’un architecte d’ajouter un minaret à la cathédrale rénovée et « modernisée » ne prouve rien non plus, sinon la stupidité de l’architecte en question.

Comme l’a écrit Jacques Ady (20 avril) :

« Sur le fait que des poutres en chêne de 800 ans ne s’enflamment pas facilement, je crois que tout le monde est d’accord. (…) Il est évident qu’il a fallu auparavant que des matériaux plus facilement inflammables prennent feu et conduisent à une augmentation de température telle, une énergie calorifique telle, que même des poutres en chêne de 800 ans étaient obligées de s’enflammer.

La question est donc plutôt : comment l’incendie a-t-il démarré ?
Est-ce un accident (ce qui constituerait soit une inexcusable imprudence de la part des responsables, soit un invraisemblable concours de circonstances), ou un incendie volontaire ? »

Citoyen libre a écrit (le 21 avril) :

« la thèse de l’accident étant de moins en crédible pour des raisons simples des sections de chêne aussi grosses ne brûlent pas en 2 heures et surtout pas avec un court-circuit (…) J’ai une certaine expertise en construction en bois et je peux vous affirmer qu’une telle structure avec des sections aussi importante ne part pas en fumée en 2 heures sans qu’on l’aide beaucoup avec des accélérants (…) »

Paulot a écrit (le 22 avril) :

« – l’équipe avait coupé le courant de leur chantier en partant
Le dispositif de coupure est dans un coffret à serrure, l’équipe coupe et ferme le coffret à clé et laisse la clé au concierge qui le consigne dans un registre. Ça a été confirmé.

– ils n’en étaient qu’au montage de l’échafaudage, aucun outil électrique ni à feu d’après Julien Le Bras, PDG du groupe Le Bras Frères, chargé des chantiers d’échafaudage, de charpente et de couverture.

Aurait-il menti ? Ça devrait être facile à vérifier. (…)

La propagation du feu, ça peut s’expliquer par le traitement du bois (…) »

En effet, Louis Morin a souligné que la cathédrale a peut-être brûlé à cause du traitement préventif d’insecticide et de fongicide qui finalement s’est révélé inflammable. Toutefois, Paulot a raison de lui répondre que « le traitement de la charpente PEUT expliquer la propagation, mais n’explique pas la cause. »

Ma conclusion temporaire, c’est qu’on ne peut pas prouver qu’il y a eu un acte criminel, mais on ne peut pas non plus prouver le contraire.

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