Publié par Isaac Franco le 6 mai 2019

Dans un article du Washington Free Beacon du jeudi 2 mai, Aaron Kliegman rappelait les propos que tenait en 2015 Abraham Foxman, directeur de l’Anti Defamation League, peu de temps avant de prendre sa retraite.

Il y a 50 ans, il se disait volontiers que l’antisémitisme appartenait désormais au passé et que, dans 50 ans, Israël serait une nation normale parmi les autres nations. Comme on se trompait ! La réalité, c’est qu’Israël est entretemps devenu le Juif des nations dans le sens où ce qui est permis à chacune des nations ne l’est pas à Israël. »

Toujours dans les mots de Foxman : « Citez-moi donc un pays au monde qui ne peut décider de sa capitale, qui doit se défendre d’user de son droit à se défendre quand il est agressé, qui se mesure à un double et triple standard, et à qui on dit en permanence ce qu’il devrait faire, comment il le devrait, avec qui il peut commercer, avec qui il peut disputer un match de football et quel artiste aurait le droit d’y venir pour chanter ! »

Et j’ajoute, moi : citez-moi un pays dont les moindres faits et gestes sont quotidiennement scrutés dans l’espoir d’y trouver de quoi le moquer, le stigmatiser, le dénoncer, le condamner ou, pire, le diaboliser alors que, partout ailleurs dans le monde, les vraies forces du mal ont libre cours.

Citez-moi un pays, un seul, qui suscite tant de passions mauvaises et fédère tant de haine, d’incompréhension et d’ignorance mêlées.

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Citez-moi un pays dont le poids démographique aussi négligeable rapporté à la population mondiale – à peine un peu plus d’un dixième de pourcent! – inspire tant de fantasmes qu’on le charge de diriger le monde par procuration et de mener par le bout du nez – ou de la laisse comme dans l’ignoble caricature du New York Times en pleine semaine pascale et quelques jours avant Yom Hashoah – une première puissance mondiale aveuglée par les pouvoirs de sorcellerie qu’on prête aux Juifs.

Citez-moi un seul autre pays dont les territoires gagnés au terme de guerres qui lui ont été imposées seraient une infraction au droit international et non une juste et légitime rétribution.

Citez-moi un seul autre pays qui ait jamais été sommé de restituer ou d’abandonner des territoires qu’il a conquis à ceux-là mêmes qui l’ont agressé.

Citez-moi un seul autre pays ainsi tenu d’encourager ses ennemis à recommencer ou à ne jamais perdre l’espoir d’arriver un jour à leurs fins assurés qu’ils seraient de ne jamais avoir à payer le prix de leur échec. Les frontières de nombre de pays en Europe et dans le monde ne sont-elles pas des balafres gravées sur le visage de l’agresseur qui lui rappellent justement ce qu’il lui en coûte – ce qu’il doit en coûter ! – de faire la guerre à ses voisins, a fortiori quand il proclame être engagé dans une guerre d’extermination?

Citez-moi un pays dont les traités internationaux qui fondent sa légitimité comme sa géographie sont ignorés et bafoués au bénéfice d’un ersatz de droit international.

Citez-moi un pays dont la diplomatie reconnaîtl’intangibilité de ces traités qui concernent Israël, de la déclaration Balfour, des effets de la conférence de San Remo d’avril 1920, du vote de juillet 1922 de la Société des Nations à l’unanimité de ses 51 membres du texte fondateur d’un Etat juif sur un territoire allant de la Méditerranée au Jourdain englobant donc Jérusalem et l’ensemble de la Judée Samarie ainsi que le plateau du Golan, et de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, dite « Clause du Peuple juif », qui endosse l’héritage de toutes les décisions de sa devancière.

Citez-moi enfin un seul autre pays dont on parle avec tant de réticence tout le temps qu’il est violemment provoqué et dont on attend avec gourmandise qu’il réponde à l’agression pour en dénoncer le caractère nécessairement disproportionné et, si besoin, le charger, comme ce dernier week-end où 800 roquettes, missiles et obus de mortiers ont visé le territoire israélien, de la responsabilité de la mort d’une femme enceinte en dépit d’un communiqué du Hamas qui l’en exonère.

A quelle source de haine, de mépris, d’irritation, d’exaspération, d’agacement ou de dédain se nourrit donc le regard posé sur la souveraineté juive recouvrée sur ses terres, singulièrement depuis 1967 et la démonstration spectaculaire, dont le monde peine encore à se remettre, de la capacité du peuple juif d’assurer seul la défense de chacun de ses membres une fois libre de ses entraves?

A quelle fontaine d’antipathie, d’aversion, d’exécration, d’hostilité, de répulsion ou de ressentiment s’alimente donc l’injonction faite à Israël d’abandonner des territoires dont le Droit international – le vrai, celui né des Traités, pas celui tiré d’un quelconque consensus de circonstance de quinze nations représentées au Conseil de sécurité de l’ONU – lui garantissait déjà la propriété, avant d’être, à son corps défendant, amené à les conquérir par la force?

Qu’il est donc inépuisable ce réservoir d’indifférence, d’insensibilité, d’indécence et de culot, dans lequel le président d’un Etat européen censément ami puise à pleine mains pour oser presser le gouvernement israélien de relâcher les fonds correspondant aux sommes consacrées chaque année depuis un demi-siècle par l’Autorité palestinienne au financement de l’industrie du meurtre de civils juifs! En d’autres termes, Emmanuel Macron et avec lui, l’UE et l’ONU demandent à Israël de fournir à l’Autorité palestinienne les sommes qu’elle utilise pour récompenser les terroristes palestiniens d’avoir attaqué des civils israéliens.

Et qu’elle est profonde cette mer d’indignité et d’abaissement pour qu’un intellectuel et académicien français doive être protégé par la force publique dans une faculté de Sciences politiques à Paris après avoir déjà été pris à partie par une brochette de crapules portant gilet jaune.

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Qu’il est insondable cet océan d’abjection, de veulerie et de déshonneur qui vomit des chants à la gloire du nazisme dans les coulisses d’un tournoi sportif organisé par la faculté sœur de Strasbourg, régurgite un télégramme de félicitations du président allemand adressé à son homologue iranien pour le 40ème anniversaire de la révolution islamique, dégueule une diplomatie européenne toute entière enamourée du narratif palestinien et enrôlée au service de ses misérables intérêts commerciaux avec un régime ouvertement génocidaire, dégobille une préface élogieuse du leader travailliste britannique d’un livre qui claironne que les Juifs contrôlent le système financier mondial et les dépeint comme des « hommes particuliers et issus d’une seule race » ou sa chef de cabinet qui, sur Facebook, n’encourt aucune sanction pour avoircomparé Gaza au camp nazi de Bergen Belsen.

Et qu’il est vaste, cet océan, pour désormais exhaler sans retenue ses miasmes putrides jusque dans les pages du plus prestigieux quotidien des Etats-Unis, porte-drapeau de l’antiracisme et du « progressisme » américain et carte de visite du journalisme outre-Atlantique, dans les travées de la Chambre des représentants, les plus prestigieux campus universitaires et dans les rangs d’un parti démocrate un temps honorable, aujourd’hui écartelé entre modérés et extrémistes antisémites et incapable de les expurger de celles et ceux qui le salissent de peur que cette purge thérapeutique ne le brise et ne l’emporte tout entier.

« Le drame de notre temps, c’est que la bêtise se soit mise à penser » écrivait Cocteau.

Ce temps est bien celui des ignorants qui déshabillent le Juif Jésus pour le rhabiller en palestinien, et celui aussides imbéciles en tous genres et de toutes extractions pour qui la dévotion à la cause palestinienne est le litmus test du progressisme contemporain, plus cher encore à son cœur que l’avortement, le mariage gay, l’abolition des frontières, le changement climatique ou les toilettes transgenres.

De l’air, vite!

Isaac Franco, Chroniqueur à Radio Judaïca Bruxelles

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