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Publié par Abbé Alain Arbez le 9 mai 2019

Comme il le fait fréquemment, Jésus est occupé à commenter les Ecritures saintes, à l’intérieur du Temple de Jérusalem, et voici que subitement, à l’initiative d’un groupe de légalistes pointilleux, il se trouve directement confronté à l’histoire d’une femme accusée d’adultère.

Mais, curieusement, la femme se retrouve bien seule face à ses détracteurs, l’homme à l’origine du drame brille par son absence, ainsi que le mari, qui n’apparaît pas dans le récit.

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Cette femme risque-t-elle réellement la mort ? Sans doute pas, car à l’époque de Jésus seuls les Romains ont le pouvoir de mettre à mort, et la lapidation est devenue rare au fil des siècles. Mais surtout, la majorité des docteurs de la loi ont une option de bienveillance qui s’oppose à cette mesure radicale des temps anciens! Jésus, le premier, se montre d’accord avec les points de vue des pharisiens éclairés qui ont une autre approche du problème que la sanction radicale d’autrefois.

Ce n’est pas au nom d’une nouvelle religion que Jésus  prend cette position de respect de la femme adultère, contre l’avis de ses adversaires purement légalistes : il le fait au nom d’une saine interprétation de la Loi de Moïse et des prophètes, où domine la miséricorde de Dieu, qui a été souvent perdue de vue par les intégristes de la loi ; on constate que pour Jésus c’est dans la générosité et le pardon de Dieu que s’enracine une éthique centrée sur la personne, ce qui préserve l’ouverture toujours possible à un nouvel avenir.

Lorsqu’on lui amène cette femme prise en faute, il y a un double piège que Jésus évite avec intelligence : ou bien condamner ou bien banaliser…: et dans sa réaction, il n’offense ni le respect de Dieu, ni le respect de l’union conjugale, ni le respect de cette femme. Car cette femme est devenue femme-objet: d’abord objet de convoitise pour un homme, puis objet de mépris pour tout un groupe. Et avec l’étiquette qu’on lui a infligée, on peut dire qu’elle sera bientôt morte socialement! Aucun homme ne lui adressera plus la parole, toute la discussion va donc se passer sans elle : le récit nous la montre absente du débat. 

Seul, Jésus la prend en considération, lui qui considère toujours les femmes à égalité avec les hommes : il reconnaît en elle un être humain aimé de Dieu, il constate ses blessures intérieures, et par sa réaction intelligente, il arrive en quelques instants à remettre chacun des détracteurs devant sa propre responsabilité. La loi rigoureuse mise en place après Moïse n’est plus une question extérieure à eux, mais elle les implique personnellement. Alors, grâce au déplacement inattendu que Jésus a opéré, ces hommes se sentent obligés de reconsidérer leur propre conduite pour oser se prononcer sur cette femme. Et l’évangéliste nous dit qu’ils s’en vont l’un après l’autre … Le seul juste qui aurait pu la condamner se garde bien de le faire, et en prenant un autre angle de vision, il redonne ses chances à un renouveau fondé sur le pardon de Dieu.

Mais il y a un deuxième message dans ce récit. La catéchèse porte non seulement sur le sort d’une femme, mais sur celui du peuple de Dieu qui s’est trop souvent éloigné de sa volonté en se laissant attirer par des idoles ou des espoirs illusoires. Ainsi, chaque fois qu’on parle d’adultère, dans la Bible, ce n’est pas d’abord une question touchant à la sexualité. Le terme est fréquemment utilisé avant tout pour exprimer toute forme de trahison de l’alliance. L’adultère représente ce qu’est devenu le peuple de Dieu face à ses engagements. C’est pourquoi Jésus est inspiré par la tradition des prophètes, qui ont beaucoup développé ce thème du peuple infidèle à l’amour de Dieu. Dans la Bible, adultère veut dire : infidélité à l’amour de Dieu, oubli de sa parole et attirance pour l’idolâtrie! 

Si nous ouvrons le livre du prophète Osée, ou si nous lisons Isaïe ou Jérémie, nous constatons que le peuple en dérive est comparé à une épouse adultère. Adultère parce qu’il y a eu trahison de l’alliance. Et on peut aujourd’hui appliquer le même critère à l’Eglise épouse du Christ: chaque fois que des membres du peuple de Dieu défigurent son amour, la Parole de Dieu rappelle ces ruptures d’alliance parce que les faux dieux nous détruisent ! En nous éloignant de Dieu et de son alliance, nous sommes spirituellement en état d’adultère, d’infidélité, d’ingratitude. 

En regardant chez cette femme la personne qu’elle est capable de redevenir par-delà sa faute, Jésus porte sur elle le regard même de Dieu sur l’humanité, le Dieu de la miséricorde, lent à la colère, qui pardonne sans cesse pour redonner vie. Tout n’est pas perdu : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais la fin du péché.

Quand Jésus affirme clairement ne pas être venu pour abolir la loi de Moïse, mais au contraire pour la réaliser pleinement, il montre que la Loi est indispensable au respect de chacun, car les règles facilitent l’harmonie d’une vie en commun. Pour exprimer l’étape nouvelle que Dieu offre à cette femme qui s’est relevée, Jésus lui dit : « Va ! ». Dans l’évangile, ce mot a toujours un sens constructif, comme dans ce passage célèbre où Dieu dit à Abraham: va ! « lekh lekha! va, et c’est pour ton bien! ». A la fin de la messe, il est dit à chacun : va ! dans la paix du Christ !

L’évangile d’aujourd’hui invite donc à donner aux leur véritable signification: elles ne sont pas d’abord un manquement à une règle abstraite et sans visage. Elles sont surtout une blessure infligée au cœur de Dieu, ce Dieu qui nous aime depuis qu’il a exprimé son désir d’alliance à Abraham, qu’il a transmis des repères éthiques à Moïse, et un Esprit de compréhension intelligente aux prophètes… Jésus n’a rien fait d’autre que d’aller jusqu’au bout de la logique de l’alliance. 

Quand Dieu dit, par la bouche de Jésus, « va, n’aie plus de complaisance pour le mal, et choisis la vraie vie pour que tu vives. Fais retour vers Dieu (teschouva) », il réactualise l’appel de Dieu dans le premier testament « soyez saints comme je suis saint ! » 

Appel que Jésus aime à traduire pour ses disciples par la phrase : « en amour, soyez donc parfaits comme votre père du ciel est parfait ! ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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