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Publié par Abbé Alain Arbez le 12 mai 2019

On a souvent l’impression que l’athéisme ne se positionne que par rapport au christianisme, religion dominante en Occident.

Or le refus de la croyance qui s’amplifie, si l’on en croit les statistiques, peut aussi bien concerner les autres religions et philosophies. De ce fait, l’opposition au christianisme est une forme d’incroyance parmi d’autres. Il y a des bouddhistes qui se disent incroyants quand ils se situent par rapport au christianisme. On peut aussi être chrétien et se définir incroyant face au dieu de l’l’islam.

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Certains débats télévisés donnent l’impression que la rencontre entre les points de vue des croyants et ceux des athées est obligatoirement agressive. Pourtant, un échange d’options de vie entre personnalités aux convictions différentes ne se transforme pas forcément en punching ball, il peut très bien être apaisé et même créer du lien et de l’estime entre des personnes aux conceptions incompatibles.

Il est à remarquer que paradoxalement la posture athée qui s’amplifie dans les pays occidentaux est elle-même issue du christianisme qui a fourni dès l’origine les moyens spirituels de son autocritique, en distinguant Dieu et César. N’oublions pas que durant les persécutions antichrétiennes par les empereurs de Rome, les chrétiens étaient accusés « d’athéisme » parce qu’ils refusaient de rendre un culte à un pouvoir humain divinisé.

Les chrétiens d’aujourd’hui, toutes confessions confondues, ont la mission d’être à l’écoute des opinions qui les environnent. Etre à l’écoute et dialoguer n’est pas une compromission ou une complaisance, c’est simplement une marque de respect de ses interlocuteurs. Ce n’est pas non plus une stratégie de prosélytisme. Tout parcours de convictions est digne d’intérêt et les chrétiens doivent se sentir personnellement concernés par les changements de mentalités qu’engendrent les mutations sociales. Beaucoup d’ailleurs en prennent conscience en voyant leurs enfants s’éloigner de la foi et de la pratique chrétienne. La transmission de la foi n’est plus automatique.

Dans un passé encore pas si lointain, dans une société de chrétienté, catholique ou protestante, l’incroyance était considérée comme un délit. Une erreur fautive à condamner fermement, une sorte de blasphème injustifiable. Or l’incroyant estime quant à lui que sa posture ne peut en aucun cas offenser un être qui pour lui n’existe pas. L’incroyant n’exprime pas son refus d’un Dieu avec la pleine conscience qu’il existe, puisque dès le départ la non-existence de Dieu est son évidence personnelle.

Il n’empêche que croyants et incroyants partagent souvent les mêmes questions existentielles : d’où venons-nous, pourquoi vivons-nous, où allons-nous ? Quand la réponse chrétienne à ces questions est ressentie comme totalement étrangère par l’incroyant, il faudrait d’abord se demander si c’est le support culturel de la foi qui pose problème ou si c’est le contenu ultime de celle-ci.

Dans l’épître aux Romains, Paul dit que tout homme peut accéder à Dieu par sa simple réflexion, ce que les scolastiques exprimaient par l’expression « capax Dei ». Mais à l’époque apostolique, la religiosité est omniprésente. Au point que Paul dira aux Athéniens qu’ils sont en effet des hommes très religieux et qu’il vient justement leur révéler le visage de celui qu’ils dénomment « le dieu inconnu ».

Le risque de cette « évidence » serait d’en déduire que les athées sont inexcusables de ne pas reconnaître ce qui doit être accueilli par tous, alors qu’à notre époque, l’adhésion à la foi passe par un choix personnel en connaissance de cause, compte tenu des multiples démarches philosophiques qui ont, au cours des siècles, obligé chacun au discernement.

Ainsi, pour le non-croyant, les Ecritures Saintes ne sont pas « une preuve », mais un témoignage historique d’une foi qui a marqué la civilisation occidentale de sa profonde empreinte. Certains croyants ont tendance à brandir envers les athées une foudre vengeresse qui suscite des attitudes défensives interdisant tout dialogue sur les questions de fond. D’autres en prennent leur parti et deviennent, dans la société, incolores, inodores et sans saveur…

Il faut rappeler que du côté catholique, le Concile Vatican II n’a pas jeté l’anathème sur les incroyants. Mais beaucoup de penseurs non-croyants trouvent que les chrétiens définissent trop vite l’aventure humaine comme une réalité suprahistorique alors qu’eux veulent la réaliser dans l’histoire. Il faut donc que le croyant prenne en compte le fait que l’aventure humaine se déroule dans l’histoire, même si elle ne se limite pas à cette dimension horizontale. En vertu des enseignements bibliques, les chrétiens se doivent de discerner entre ce qui est relatif et ce qui est absolu et assumer la tension entre le monde présent et le monde à venir. Et en ce sens, l’apport des incroyants peut être positif.

Jean Lacroix écrit : « Le jugement négatif de l’athée joue un rôle essentiel : il oblige le chrétien à ne pas se refermer sur lui-même et à se dépasser. L’athéisme joue le rôle du jugement négatif dans la connaissance de Dieu ».

Ce qui induit que l’incroyant est porteur d’une part de vérité. D’ailleurs certains d’entre eux ont une sorte de credo, un projet d’avenir pour le monde, ils ne refusent pas d’aborder les questions métaphysiques mais ils rejettent les réponses finales des croyants.

L’apôtre Paul écrit : « les perfections de Dieu sont visibles dans ses œuvres pour l’intelligence… » Ce qui veut dire que Dieu se manifeste aux yeux de tous, croyants et incroyants. Dieu peut même se manifester en dehors du cadre formel de la Révélation, par exemple dans le dévouement à un idéal altruiste, dans l’adhésion active aux valeurs de dignité humaine, de solidarité avec les plus faibles. Pour certains philosophes, s’engager dans ce sens c’est admettre une forme de transcendance, même si la formulation reste laïque.

Existe-t-il une connaissance indirecte de Dieu qui a sa valeur même si elle ne sera jamais une reconnaissance explicite ? Peut-on dire qu’aimer ce que promeut Jésus, c’est aimer Jésus sans prononcer son nom ?

L’esprit moderne, contrairement aux anciens, est imprégné de présupposés scientifiques et peine à voir Dieu dans le monde. Jusqu’au 16ème siècle régnait une sorte d’unanimisme religieux, même après le développement des découvertes manifestant l’usage exploratoire de la raison. Le fait est que face aux positionnements des incroyants, les croyants n’ont aucune capacité de démontrer de façon impérieuse l’existence de Dieu. Seul leur témoignage peut susciter des questionnements en ce sens chez certains athées. En revanche, les incroyants n’ont pas non plus la possibilité d’imposer l’idée que Dieu n’existe pas. Dans nos sociétés, croyants et incroyants se côtoient, partagent des expériences de vie, parfois des engagements en commun, cependant la communication reste difficile sur les sujets de la foi. Les croyants doivent prendre des distances avec les cloisonnements hérités du passé. Il y a de plus en plus d’anciens croyants qui peu à peu ont glissé vers l’incroyance pratique. Leur appartenance fut sans doute sincère, mais les conditions de vie actuelle, l’effacement progressif des supports et des vecteurs sociaux de la foi les a marginalisés. Pour un certain nombre d’entre eux, l’adhésion au christianisme n’est plus d’actualité, même si de temps à autre un lien avec l’Eglise apparaît furtivement lors d’une cérémonie en famille ou avec des amis. Il existe de plus en plus une catégorie fluctuante de « mal-croyants ». Mais en discutant avec des personnes qui disent rejeter la foi, on s’aperçoit que ce qu’ils rejettent, ce sont des caricatures de la foi.

La vie n’a de sens que celui que nous lui donnons, par nos convictions, nos adhésions. Cette relation au sens de la vie est forcément évolutive au cours d’une existence. Mais le partage d’idées, de projets, de valeurs doit rester possible entre croyants et incroyants.

Ce qui nous rend vivants, c’est la capacité de discerner, de faire des choix, de prendre des engagements, de défendre des convictions, et cela doit aussi pouvoir se faire entre appartenances différentes sans tomber dans la confusion. Le meilleur des traditions du passé peut éclairer notre marche en avant, pour autant que les idéologies laïques ou religieuses ne prennent pas le pas sur le respect des personnes. La tâche humaine consistant pour chacun à apporter sa contribution à la marche du monde nous incombe à tous, croyants ou incroyants.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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